Comme un frisson sous les Alpes

Comme un frisson sous les Alpes
Comme un frisson sous les Alpes

En cette première moitié de l’année 2024, grandes sensations sous les Alpes, la Suisse ose tout. Et non, généralement, ce n’est pas ainsi qu’on le reconnaît. Cette fois, la question n’est plus d’acheter le bon ou le mauvais avion, ce qui ne changera rien à la grande histoire du combat aérien, ni de légiférer sur les cornes de vache ou les queues de castor. Cette fois, les options sont chères, elles sont impliquées, tout comme le modèle. Aux deux extrémités de ce timide printemps, les décisions des urnes ont des allures de choix de société.

Quelle que soit votre opinion politique et même si vous vous méfiez des opinions politiques comme moi, vous admettrez, je l’espère, que le rythme auquel se prennent ces décisions n’est pas celui des institutions éternelles, la mélasse bernoise ayant été pensée pour le long terme. Mais à Berne comme ailleurs, le long terme est un peu précipité.

Pour le meilleur ou pour le pire, c’est l’urgence qui l’impose. Climat, santé, énergie, social ou sociétal, il nous incite à ne rien remettre à plus tard. Le changement est maintenant, semble-t-il, et cette fois c’est vrai. L’injonction est mondiale.

A vrai dire, je ne sais pas toujours quoi en penser, l’urgence. Quelque chose me murmure qu’ici ou là, l’urgence est peut-être davantage dans l’œil de l’observateur, ou dans l’oreille de celui qui écoute. Autre hypothèse, ou autrement dit, l’urgence pourrait bien conduire à l’urgence et s’auto-renforcer, l’urgence de quelque chose devenant l’urgence de tout. Mais ce que j’en pense n’a pas beaucoup d’importance. Tout est urgent et c’est comme ça.

La bonne nouvelle, c’est que pour le moment, la mélasse bernoise semble soutenir le nouveau rythme et s’y adapter… de toute urgence. Les votes et les décisions se succèdent, mais rien ne s’est encore effondré. Et les choix qui seront faits pourraient très bien s’avérer les bons, y compris lorsque le temps long reviendra, qui a toujours quelque chose à dire.

Le pire est peut-être que l’urgence est là pour durer (ce qui est en soi assez paradoxal). La mélasse n’a pas fini d’être échevelée le dimanche après-midi, quatre fois par an. Sa boussole était la prudence, la lenteur sa méthode, leur équipe une définition. La Suisse peut-elle courir plus vite qu’elle-même ? Je n’ai pas la réponse, mais j’ai hâte de la découvrir.

En vérité, la lenteur de la Suisse n’a jamais été ma première Source de fierté patriotique. Elle m’a même exaspéré le plus souvent, j’imagine toi aussi. J’avoue, et c’est un classique, que c’est au moment où elle disparaît que je me demande si je ne vais pas la regretter, mais après tout tant pis : au diable la nostalgie, allons-y, accélérons comme tout le monde.

Nous arriverons certainement quelque part.

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