les clients veulent se plaindre parce qu’ils n’ont rien payé

les clients veulent se plaindre parce qu’ils n’ont rien payé
les clients veulent se plaindre parce qu’ils n’ont rien payé

Autour de Saint-Astier, en Dordogne, c’est l’étonnement : les clients de l’auto-école John, rue Jules-Ferry, trouvent porte fermée depuis plusieurs jours. Et pour cause : l’entreprise (qui propose également des cours de moto à Trélissac, et par le passé à Neuvic) a été liquidée, et ses six salariés avec elle. Le jugement, daté du 14 mai, a été publié sur Internet par le tribunal de commerce de Périgueux le 23 mai.

Sauf que les clients n’avaient pas été prévenus. Tous ont demandé l’anonymat. Comme cette mère…

Autour de Saint-Astier, en Dordogne, c’est l’étonnement : les clients de l’auto-école John, rue Jules-Ferry, trouvent porte fermée depuis plusieurs jours. Et pour cause : l’entreprise (qui propose également des cours de moto à Trélissac, et par le passé à Neuvic) a été liquidée, et ses six salariés avec elle. Le jugement, daté du 14 mai, a été publié sur Internet par le tribunal de commerce de Périgueux le 23 mai.

Sauf que les clients n’avaient pas été prévenus. Tous ont demandé l’anonymat. Comme cette mère de famille, qui a payé 1 300 euros (la totalité du code et de la conduite) pour son fils, en avril : « J’envisage de porter plainte auprès d’autres. Le gérant a pris les inscriptions même s’il était parfaitement au courant de la situation. S’il avait été honnête, il aurait refusé. »


La décision de justice est mentionnée sur la vitrine.

JG

Toute la question est de savoir ce que le propriétaire a fait. Les familles inscrites à l’auto-école s’étonnent qu’il n’y ait aucun panneau d’avertissement. En effet, la liquidation est l’étape finale. Avant cela, une récupération judiciaire est possible. Toutefois, aucune procédure préalable à la liquidation n’a été demandée. Alors même que la cessation des paiements a été fixée par le tribunal au 30 septembre 2023, « compte tenu de l’ancienneté des dettes ». Et surtout, le passif s’élevait, en mai, à plus de 13 000 euros. Le manager aurait-il pu l’ignorer ?

« Situation impossible »

« Mardi 14 mai, on m’a demandé de payer un cours alors que le lendemain le magasin était fermé », jure une autre maman. Elle a juste pu récupérer le bulletin d’inscription, qui permettra de poursuivre les cours dans une autre structure.

Encore faut-il trouver ailleurs… « Partout où j’ai cherché, on ne peut pas avoir d’horaires de cours avant octobre ou novembre », annonce un candidat au permis.

« De nombreux clients ont payé pour des services non fournis »

Le père d’un apprenti conducteur est furieux : « Nous sommes dans une situation impossible. Je suis en invalidité. Les 1 000 euros que j’ai payés pour le permis de conduire de ma fille provenaient de l’argent économisé après le décès de mon ex-femme. Il est certainement perdu aujourd’hui. »

Alors, les sommes dépensées par les candidats en cours pourront-elles être récupérées ? «Ça va être très compliqué», anticipe Me Nicolas Leuret. Ce représentant légal de Périgueux a été désigné par la justice pour assurer la liquidation judiciaire : « De nombreux clients ont payé pour des prestations non fournies. J’estime, pour l’instant, leur nombre à une trentaine ou une quarantaine. »

Les règles en matière de liquidation d’entreprise sont très strictes : certains créanciers ont priorité sur d’autres. Les clients de l’auto-école seront donc certainement parmi les derniers à pouvoir bénéficier du reliquat après examen du passif et du patrimoine de l’entreprise.

Date limite

A combien s’élèvent les dégâts ? Me Leuret n’a pas encore fait d’estimation. Il rappelle néanmoins que les clients disposent d’un délai de deux mois à compter de la date de publication de la liquidation pour le contacter. Ceux qui souhaitent récupérer leur mise doivent donc lui écrire avant le 23 juillet.

Parmi les anciens salariés contactés par « Sud Ouest », certains affirment que leur ex-patron leur parlait souvent de problèmes financiers : « Il nous disait de rapporter l’argent sinon les salaires ne seraient pas payés. La liquidation n’a surpris personne : le gérant voulait croître trop vite. Il confondait chiffre d’affaires et bénéfices. Il était dans une perpétuelle fuite en avant. Cela devait arriver étant donné son niveau de management. »

Le gérant se dit « menacé de mort »

John Mahier, 44 ans, est le gérant de cette société par actions simplifiée créée en 2014. Nous avons pu le joindre très brièvement par téléphone. Il dit avoir été contraint de fuir la région : « Tout le monde ne fait qu’empirer les choses. Je suis menacé de mort. Cela devient insupportable. »
Pourquoi et quand a-t-il demandé la liquidation ? « Je l’ai demandé la semaine où il a été prononcé, car il n’y avait plus d’argent dans les comptes. Dois-je laisser l’entreprise faire faillite ? Le tribunal a statué qu’il n’était pas possible d’apporter une réparation, je crois qu’il est compétent pour statuer. » La première affirmation semble fausse, puisque le tribunal a reçu sa lettre de saisine le 6 mai.
Face aux accusations de mauvaise gestion, le gérant nie : « Ce n’est pas une mauvaise gestion mais un mauvais personnel. Ils étaient juste en train de couler la boîte ! »
On lui a également demandé pourquoi il collectait de l’argent auprès des clients alors qu’il savait que la fin était probablement proche : « C’est faux. Ils ne payaient que les cours déjà terminés. Ces gens disent des bêtises pour gagner de l’argent. Nous avons fait la liste avec l’agent. » Ce que l’agent dément… Suite à cette question, John Mahier a préféré raccrocher.

 
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