les arguments du gouvernement peinent à convaincre en Haute-Garonne

les arguments du gouvernement peinent à convaincre en Haute-Garonne
les arguments du gouvernement peinent à convaincre en Haute-Garonne

Une nouvelle réforme de l’assurance chômage entrera en vigueur le 1er décembre. Les règles seront encore plus strictes. C’est en tout cas la volonté de l’exécutif qui compte publier les décrets nécessaires le 1er juillet. Le Premier ministre Gabriel Attal a présenté les grandes lignes de la nouvelle réforme. Le gouvernement veut ainsi pousser 90 000 chômeurs vers l’emploi et réaliser 3,6 milliards d’économies. Des arguments qui peinent à convaincre en Haute-Garonne.

Troisième réforme depuis 2019

Il s’agit de la troisième réforme en l’espace de cinq ans. Il y a eu d’abord une réforme en 2019, mais appliquée après la crise covid en 2021, puis une autre réforme appliquée depuis l’année dernière en 2023 et enfin, donc une nouvelle réforme encore en fin d’année. « On fait des réformes sans voir les effets qu’elles impliquent et on en ajoute une encore » s’agace Marie-Christine, au chômage depuis quatre ans. « Il faudra peut-être attendre de voir si les réformes précédentes ont eu des effets avant de continuer à resserrer un peu et à serrer la vis » souligne de son côté Mathilde.

« Une conception assez ancienne du lieu de travail »

Elle questionne aussi le sens du travail, « C’est une conception du lieu de travail qui est assez ancienne et qui n’est pas à la hauteur des nouveaux enjeux actuels du bien-être au travail notamment ». « Il y a 500 000 offres d’emploi sur France Travail, et plusieurs millions de chômeurs. Il faut aussi s’intéresser aux conditions de travail de ces offres. Ce sont souvent des métiers en tension. S’il y a beaucoup de turnover, c’est pour une raison, ça va être du travail dans la restauration, dans le bâtiment, dans l’aéronautique à Toulouse, un travail extrêmement exigeant pour le corps. souligne de son côté Axel.

Marie Lacoste, du Centre pour chômeurs de Rangeuil, est du même avis, pour elle cette réforme va plonger les gens dans la précarité : « Lorsqu’on raccourcit le temps nécessaire pour pouvoir percevoir une compensation, il y a une sorte d’urgence à reprendre n’importe quel emploi. Il y a aussi beaucoup de gens qui ne pourront pas accéder au chômage, que feront-ils ? Ils demanderont le RSA, certains y auront droit, d’autres pas, donc on crée de la pauvreté.”.

Jeunes, saisonniers, intérimaires dans le viseur ?

Concrètement, il faudra avoir travaillé huit mois sur les vingt derniers et la durée maximale d’indemnisation sera réduite à quinze mois. Les seniors de moins de 57 ans seront également concernés, alors que jusqu’à présent les chômeurs bénéficiaient de dispositions spécifiques dès 53 ans. Alexandra Nougarède, co-secrétaire générale de la FSU, dénonce une réforme qui touchera en priorité les jeunes les plus précaires, les travailleurs saisonniers ou intérimaires qui auront du mal à contribuer à l’accès à leurs droits. « 80 % des offres d’emploi sont des CDD de courte durée, de moins de six mois. Alors évidemment, ce n’est pas elle ni eux qui choisissent de ne pas travailler, ou de travailler moins. Ce sont les employeurs qui fixent les conditions de travail avec des contrats à court terme » souligne le syndicaliste.

Une réforme qui ne se décrète pas sans passage au Parlement

Cette fois, pas de passage au Parlement, Gabriel Attal souhaite réformer par décret, ce qui fait bondir le député LFI de la Haute-Garonne Hadrien Clouet. : « C’est-à-dire qu’il n’y aura pas de vote, personne ne sera consulté, les gens ne voteront pas, les élus ne pourront pas voter. C’est une décision dans un bureau entre quatre yeux, entre Mme Vautrin, la ministre du Travail et le président de la République, M. Macron. “Nous l’avons dit la semaine dernière au ministre du Travail, nous allons attaquer les décrets devant le Conseil d’Etat”, a promis de son côté ce dimanche sur France Inter Michel Beaugas, secrétaire confédéral de Force ouvrière chargé de l’emploi.

Avec cette nouvelle réforme, le gouvernement espère économiser 3,6 milliards d’euros et remettre au travail quelque 90 000 chômeurs.

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

NEXT Les victimes de violences auront droit à un hébergement d’urgence dans l’Est de la Somme