une équipe de chercheurs veut percer les secrets du lac d’Issarlès

une équipe de chercheurs veut percer les secrets du lac d’Issarlès
une équipe de chercheurs veut percer les secrets du lac d’Issarlès

Il y a quelques années, des chercheurs avaient déjà réalisé des carottages à sept mètres de profondeur sous les eaux du lac d’Issarlès. Ils ont pu dater cet échantillon qui remontait jusqu’à 9 000 ans. Dans les derniers centimètres de ce noyau, on retrouve à certaines époques, des quantités importantes de césium qui correspondent aux premiers essais nucléaires dans les années 50/60 et à l’accident nucléaire de Tchernobyl en 1986. Aujourd’hui, ces chercheurs coordonnés par Emmanuelle Defive, géographe, géomorphologue de l’Université Clermont-Auvergne et chercheur au laboratoire Géolab, tente une opération très compliquée : extraire une carotte de 30 mètres des sédiments du lac, soit la totalité de la couche sédimentaire. Ils devraient pouvoir remonter jusqu’à 50 000 ans.

Une machine à voyager dans le temps

L’éruption du volcan du lac Issarlès a eu lieu il y a environ 55 000 ans. Une date dont nous ne sommes pas certains. Ce qui est sûr, c’est que depuis, des sédiments se sont accumulés au fond du cratère. Les plus anciennes jusqu’au bord du cratère ont donc environ 50 000 ans. Et les derniers continuent de s’installer.

Cependant, ces sédiments contiennent du sable, des pierres, des graviers mais aussi des matières organiques comme du pollen et sont donc datables au carbone 14.

Retracer l’histoire de la végétation et de l’homme

Extraire une carotte de 30 mètres des sédiments pourrait dans un premier temps permettre de mieux dater le volcan du lac d’Issarlès. Ce volcan n’est pas une montagne, mais un trou par lequel sortait de la lave. Les scientifiques l’appellent un maar. En datant les sédiments les plus proches du cratère, on pourrait dater le cratère lui-même.

Un autre objectif est de reconstituer l’histoire de la végétation au cours des 50 000 dernières années. Les pollens accumulés dans les sédiments permettent de savoir quel type de végétation existait à une époque donnée.

On pourra également déterminer les déplacements des hommes sur le plateau. Là encore, les pollens vont aider les chercheurs : moins de pollens d’arbres et plus de pollens de céréales témoignent d’une présence humaine.

Une opération délicate

Carotter 30 mètres de sédiments s’avère assez délicat. À l’aide de bateaux sonar, le fond et le sous-sol du lac ont été cartographiés. “Il s’agit de déterminer l’endroit le plus approprié pour réaliser le carottage.», explique Guillaume Jouve, en charge du développement des géosciences à la société Exail. Lors du carottage précédent, les chercheurs n’ont pu forer qu’à une profondeur de 7 mètres car ils sont alors tombés sur une couche de graviers très durs qu’ils ne pouvaient pas traverser.

Il faut ajouter à cela que le sous-sol du lac se trouve sous environ 100 mètres d’eau, ce qui augmente la difficulté.

En cas de succès, il faudra plusieurs mois pour étudier la carotte de sédiments mais la première datation pourrait avoir lieu dès l’automne.

 
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