- à Paris | Une serre verticale urbaine pour cultiver le goût de la nourriture

(Paris) C’est un îlot de verdure au milieu d’un quartier populaire, à vocation sociale et surtout éducative. À Romainville, en banlieue parisienne, une nouvelle « cité maraîchère » produit des fruits et légumes sous serre verticale, proposant aux jeunes et aux habitants de s’initier à l’agriculture urbaine. D’abord redouté par les élus locaux, le modèle mis en œuvre aujourd’hui montre des résultats inspirants.


Publié à 00h56

Mis à jour à 7h00

« Il a toujours été clair dès le départ qu’il s’agirait avant tout d’un lieu pédagogique, dans un quartier populaire, avec une volonté de tarification attractive et avantageuse pour les habitants », explique la directrice générale de la Cité Maraîchère de Romainville, Yuna. Conan. , alors que nous visitons ses locaux.

Le projet, né de la volonté de l’ancienne administration communale, a finalement abouti en février 2021. Doté de six étages et d’un sous-sol, le bâtiment abrite une série de cultures maraîchères verticales. Autrement dit, chaque étage communique pour laisser entrer le plus de lumière possible.

Chaque jour, on y cultive des champignons, des tomates, des aubergines, des poivrons, différentes sortes de laitues, ainsi que des épinards ou du mesclun.

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    La Cité Maraîchère de Romainville, aux portes de Paris, est animée par sa mission sociale et éducative.

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    Une superficie de 700 m2 est consacrée à l’exploitation agricole.

  • >L’agencement de la serre laisse entrer un maximum de lumière.>

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    L’agencement de la serre laisse entrer un maximum de lumière.

  • >Au sous-sol du bâtiment, 130 m2 sont consacrés aux différentes cultures de champignons et d'endives.>

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    Au sous-sol de l’immeuble, à 130 m2 sont alloués aux différentes cultures de champignons et d’endives.

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Outre l’agriculture, l’entrée s’ouvre sur des espaces pédagogiques, qui reçoivent quotidiennement des cours d’étudiants. Ils reçoivent une formation sur la cuisine, la nutrition et les bienfaits de l’agriculture urbaine. A proximité se trouve un restaurant où les chefs utilisent les fruits de la récolte.

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L’extérieur du bâtiment maraîcher de Romainville

Un pas après l’autre

Mais pour y arriver, le chemin a été long et semé d’embûches, les discussions ayant débuté au tournant des années 2010, dans le cadre d’un vaste projet de rénovation urbaine.

« Au début, nous étions un équipement municipal qui n’était pas très bien géré. Les élus n’en voyaient pas vraiment le potentiel», rappelle M.moi Conan. «Puis, lentement, cela a évolué et ils ont réalisé les avantages. »

Nous avons ensuite beaucoup travaillé sur le modèle économique du projet. Aujourd’hui, nous sommes devenus un service d’agriculture urbaine à l’échelle de la ville.

Yuna Conan, directrice générale de la Cité Maraîchère de Romainville

Son groupe mène en effet plusieurs autres projets en parallèle, dont un verger combiné à un potager et un espace agroalimentaire à Gagarine, tout près de Romainville. Un projet de « microferme pédagogique » est également en cours de développement dans le secteur de Pantin, une banlieue un peu plus éloignée de Paris.

A l’échelle de la ville, la Cité Maraîchère de Romainville a également récemment mis en place le Festival des Transitions Gourmandes, dont la première édition s’est tenue en septembre dernier, dans le but de mettre en valeur la gastronomie locale.

Un marché est également organisé tous les mercredis ; Des dizaines de personnes peuvent alors se procurer la récolte de la semaine. « Nous avons énormément gagné en efficacité. Maintenant, nous roulons vraiment. L’année dernière déjà, nous avions les meilleurs scores en termes de performances», affirme le responsable de la culture, Étienne Sahy, dans une interview.

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Yuna Conan et Étienne Sahy

« C’est plus facile maintenant, on le sent. Au début, il y avait tout un montage à faire, qui s’accompagnait d’ajustements, de choses qui n’étaient pas parfaites. Là, on est ailleurs, on est lancé», ajoute M. Sahy.

Année après année, ses équipes servent également une quinzaine de clients professionnels, principalement des restaurants et comptoirs alimentaires, mais aussi une cantine scolaire. Une vente de plantes est également organisée trois fois par an. Tout cela, avec seulement 20 employés.

Vers plus de gentrification ?

En juin prochain, le quartier de Romainville risque une gentrification à grande vitesse, avec le prolongement de la ligne 11 du métro qui permettra à de nouveaux habitants de s’y installer. Une perspective qui démontre encore une fois la nécessité de maintenir des lieux comme la Market Garden City, affirme Yuna Conan.

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« Nous ne voulons vraiment pas être un endroit pour les gens en difficulté. Il y aura néanmoins des difficultés à faire cohabiter les nouveaux habitants qui arrivent ici avec leurs moyens dans un quartier populaire », estime-t-elle.

À ses yeux, des projets comme celui de son équipe peuvent contribuer à fédérer un quartier.

C’est un lieu d’éducation et de formation populaires, où l’on met en perspective ce qu’est la nature en ville, le zéro déchet, les métiers de transition. C’est crucial pour une société.

Yuna Conan, directrice générale de la Cité Maraîchère de Romainville

Comme à Montréal, les listes d’attente pour les jardins communautaires sont « très longues » à Paris. « Développer des projets comme le nôtre à l’échelle départementale, dans ce contexte, peut énormément aider les gens à se réapproprier leur espace », conclut le gestionnaire.

Dès l’année prochaine, elle embauchera également un employé qui sera, entre autres, chargé de travailler davantage sur le système de gouvernance, afin de trouver de nouvelles opportunités de développement. Et qui sait, peut-être qu’un jour, des villes maraîchères fleuriront un peu partout en région parisienne.

 
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