« L’enthousiasme » des militants de Québec solidaire

« L’enthousiasme » des militants de Québec solidaire
« L’enthousiasme » des militants de Québec solidaire

Samedi en mêlée de presse, avant que les militants de Québec solidaire (QS) ne se prononcent sur la Déclaration du Saguenay, cette question a été posée à Gabriel Nadeau-Dubois : « Comment allez-vous mesurer le succès ou l’échec de la fin de semaine? » Sans laisser répondre le coporte-parole masculin, sa collègue Christine Labrie a parlé : « À l’enthousiasme et à la mobilisation des militants. »

Avouez que c’est difficile à quantifier. Est-ce que cela se mesure au nombre d’ovations ? Par l’intensité des applaudissements ? Combien de tapes dans le dos ? Nombre de ne lâche pas mon Gabriel? Lors de l’adoption de la Déclaration ?

Au terme de l’exercice, c’est Gabriel Nadeau-Dubois qui a le mieux résumé la fin de semaine. Je ressens une atmosphère plus sereine qu’à notre entrée vendredi.

Adopté avec une certaine résistance

En fait, Gabriel Nadeau-Dubois a traversé le champ de mines. Des militants plus critiques ont évoqué des désaccords nuancés. Nous voulons être un parti de gouvernement, nous voulons être pragmatiques, mais nous ne voulons pas aller trop vite. Mais personne n’a publiquement remis en question son leadership.

Ils ont adopté la Déclaration du Saguenay. La carrosserie n’a pas été trop endommagée. Des amendements controversés sur la nationalisation du secteur des batteries ou l’idée de remettre en cause la qualité des emplois liés aux ressources naturelles ont été rejetés. Une proposition de taxer la malbouffe pour financer également un fonds destiné aux agriculteurs.

Il y avait une pierre dans le pare-brise. Québec solidaire continuera officiellement d’exiger la fin du monopole de l’Union des producteurs agricoles du Québec. Ce qui, aux yeux des agriculteurs eux-mêmes, n’a rien de pragmatique. Une résolution compliquée reconnaissant le rôle deUPA, mais en soutenant la diversité des voix au sein de l’organisation, a été adoptée. Une manière de dire que nous ne sommes pas en guerre, que nous évoluons dans notre position, mais que nous souhaitons plus d’ouverture à la différence.

Hors de l’auberge ?

La Déclaration de Saguenay est essentiellement une carte de visite pour QS dans la région. L’importance de l’industrie forestière, zéro perte d’emploi liée à la transition énergétique, une transition qui ne culpabilise pas les citoyens, des décisions décentralisées en Santé. Bref, l’équivalent d’un bon muffin aux myrtilles à table des petites gourmandises, un classique des rassemblements solidaires.

Mais après? Tout doit être fait. À deux pâtés de maisons du conseil national de QSlors d’un « vide-grenier », la collègue Émilie Dubreuil a rencontré des gens qui, en quelques phrases, ont résumé leur façon de voir les choses. Ils viennent défiler ici dans la région. Après cela, tout le monde retourne à Montréal. Et c’est Montréal, Montréal, Montréal.

Ou : Je pense qu’ils ont beaucoup de travail à faire pour nous faire croire qu’ils s’intéressent au reste d’entre nous..

Cécile Boily organise chaque année un vide-grenier au Saguenay.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Déclaration du Saguenay est un joli slogan, mais elle ne change pas la perception du monde. Québec solidaire séduit les urbains, mais suscite la méfiance en région. Le parti peut faire une déclaration d’amour, mais les gens demanderont des preuves.

Varie

L’événement s’est déroulé au Cégep de Jonquière, un site à l’architecture avant-gardiste en 1967, selon une plaque dans le hall. Nous y avons même trouvé une relique : une poubelle avec un cendrier ! Nous respectons le patrimoinea plaisanté un observateur.

La table des petites douceurs, un assortiment de muffins, du sucre à la crème, des biscuits et accessoirement quelques fruits, a fait son retour après une absence remarquée au rassemblement automnal au Palais des congrès de Gatineau. Les centres de congrès contrôlent la nourriture, pas les cégepsOn me l’a dit, pour le plus grand plaisir de tous.

En parlant de traditions, celles des fettuccines pour préparer le café et du bac à eau pour laver votre tasse sont immuables.

Il n’y avait pas d’arc de sécurité au Conseil national de Québec solidaire (ni à celui du Parti libéral du Québec, d’ailleurs). La Sûreté du Québec avait recommandé ces mesures au conseil national du Parti québécois en mars en raison de menaces contre Paul St-Pierre-Plamondon. De telles dispositions s’appliquent toujours aux événements du parti qui forme le gouvernement.

Deux drapeaux garnissaient la scène. Celui du Québec, facilement identifiable. L’autre avec du vert, du jaune, du gris et du rouge, moins évident. C’était le drapeau du Saguenay-Lac Saint-Jean, rien de moins. Après tout, nous étions dans un Royaume. Vert pour la forêt, jaune pour l’agriculture, gris pour l’industrie et rouge pour la force de la population.

L’ombre d’Émilise Lessard Therrien planait sur l’événement pendant une partie du week-end. Des militants ont même été invités à lui écrire une pensée qui vient du coeur dans deux petits cahiers.

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Émilise Lessard-Therrien n’était pas à Jonquière pour participer au conseil national de QS, mais les militants ont été invités à lui écrire un mot.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Partout où elle se rendait au conseil national, Manon Massé était suivie par le même conseiller. Son chaperon (le terme est le mien et n’est pas particulièrement apprécié des gens de QS) s’est assuré qu’elle a tout ce dont elle a besoin, après avoir subi une troisième opération cardiaque. Le conseiller a aussi parfois écouté un peu plus lorsque Mme Massé était approchée par un journaliste.

 
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