Dans la seule maison d’accueil de France, une fin de vie digne

Dans la seule maison d’accueil de France, une fin de vie digne
Dans la seule maison d’accueil de France, une fin de vie digne

A mi-chemin entre l’hôpital et le domicile, le centre d’accompagnement de Cahuzac-sur-Vère, près de Toulouse, est unique en son genre. Il accueille des personnes en fin de vie ou malades dont l’état est stable et ne nécessite pas d’hospitalisation. En plus des soins, les résidents viennent chercher de l’écoute, du bien-être et du repos. Rapport.

Quelques notes de Johnny Hallyday s’échappent dans le couloir. La porte est entrouverte, nous entrons dans la chambre occupée par Patrick et sa chienne Lola. Depuis cinq ans, il souffre d’une maladie neurodégénérative qui paralyse ses muscles, complique son élocution et le contraint à se déplacer en fauteuil roulant. ” Le pire dans cette maladie, c’est que vous êtes conscient. Je vois tout », explique-t-il avec difficulté. Il voyait la maladie gagner du terrain et vivre chez lui devenait impossible.

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Depuis cinq ans, Patrick souffre d’atrophie multisystémique, une maladie neurodégénérative. © Baptiste Coulon / RFI

Cette maison d’accompagnement est donc l’alternative qu’il souhaitait : « Ici, on a beaucoup de soutien, parce que c’est de plus en plus dur « . Ce fan de rock se sent chez lui dans la chambre qu’il a personnalisée à son image. Suspendue au plafond, une boule disco illumine la pièce. Selon son infirmière, « il faut imaginer cette maison comme un foyer dans lequel douze personnes peuvent vivre « .

Améliorer la prise en charge des patients en fin de vie, c’est l’objectif du projet de loi qui arrive ce lundi à l’Assemblée nationale. Le texte prévoit le suicide assisté dans des conditions strictes pour les patients souffrant de maladies incurables. Il entend également améliorer l’offre de soins palliatifs. Et cela passe par le développement de maisons de retraite, sur le modèle de celle de Cahuzac-sur-Vère, pour accueillir des personnes en fin de vie ou malades dont l’état est stable et ne nécessite pas d’hospitalisation.

Cette maison, inaugurée il y a un an, comble un vide entre hôpital et à domicile, explique sa présidente, Delphine Calicis. ” J’ai été infirmière dans le réseau des soins palliatifs pendant dix anselle dit. Et pour les moins de 60 ans isolés, à domicile, ou parce que leurs soignants étaient épuisés, à part l’hôpital, il n’y avait rien. C’est pour cela que nous avons décidé de créer cette maison. Parce qu’il y avait beaucoup de gens qui ne trouvaient pas d’endroit convenable pour finir leurs jours. « .

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Avant de rejoindre la maison, Odette, ancienne agricultrice, ne s’était jamais verni les ongles. « Mais les gardiens de la maison sont aux petits soins », s’amuse le nonagénaire. © Baptiste Coulon / RFI

L’avantage de cette maison est sa flexibilité : les résidents vont et viennent quand ils le souhaitent. Leurs proches ont la clé pour leur rendre visite à tout moment. Depuis sa chambre, Odette, 95 ans, profite de la nature à perte de vue, loin du redoutable confinement en Ehpad. ” Ici, j’ai mes livres, la télé, plein de livres… J’ai ma petite terrasse, c’est super pour moi ! J’avais trop peur de finir en maison de retraite… On y a des couchers de soleil magnifiques ! », se réjouit le nonagénaire.

Le réseau de soins palliatifs peut intervenir à tout moment. Mais ces foyers restent peu médicalisés, l’accent étant principalement mis sur « bien-être, écoute, socialexplique Delphine Calicis. Ils s’embrassent tous les jours ! » Moment de partage par excellence, le repas… Toujours en musique. ” C’est notre DJ, il met l’ambiance ! » Le DJ s’appelle évidemment Patrick.

Objectif gouvernemental : un centre d’appui par département d’ici 2030.

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