l’appel à l’aide d’une agricultrice girondine contrainte de faire abattre ses vaches

l’appel à l’aide d’une agricultrice girondine contrainte de faire abattre ses vaches
l’appel à l’aide d’une agricultrice girondine contrainte de faire abattre ses vaches

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La rédaction bordelaise

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26 mai 2024 à 6h32

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« J’ai choisi ce métier il y a treize ans par passion et conviction », raconte Bénérice Walton, éleveuse installée dans une ferme d’Arveyres (Gironde). Mais le 18 mai 2024, elle lance un appel à l’aide sur les réseaux sociaux : en raison d’un cas de tuberculose bovine, elle a dû recourir à conduire ses animaux à l’abattoir.

La « descente aux enfers » commence lors du bilan de santé annuel fin 2023. Un cas de tuberculose bovine est détecté. « Seul Hermès a été testé positif, explique Bérénice Walton dans une vidéo, mais le protocole sanitaire est très clair. » Pour éradiquer la maladie, il faut abattre tout le troupeau.

Pour la ferme Bérénice, la sentence tombe « après six mois d’attente insupportable, de torture psychologique. L’équipe a dû se résoudre à charger ses « animaux dans des camions à destination de grands abattoirs industriels car la viande est comestible ». Bérénice a dû dire au revoir aux 200 vaches Bazadaise – dont 60 mères – du troupeau.

Une maladie « éradiquée »

La tuberculose bovine est une mycobactérie transmise par la faune sauvage, notamment les blaireaux. Officiellement « éradiquée » en France depuis 2001, la maladie est en augmentation depuis plusieurs années et est particulièrement présente dans le Sud-Ouest. Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation fait régulièrement le point sur la situation et les plans nationaux de lutte contre la maladie. « En 2023, 92 foyers de tuberculose ont été détectés», peut-on lire sur le site du ministère.

La centaine d’agriculteurs touchés chaque année sont « laissés pour compte » [dans l’indifférence générale] “, selon l’éleveur girondin. “Les compensations de l’État ne reflètent pas la réalité économique.”

Bérénice Walton alerte sur le danger dans lequel se trouve son exploitation ainsi que « tous ceux qui rencontrent ce protocole aujourd’hui et demain ». [moyenâgeux] « . L’abattage d’animaux “sacrifie des années de travail, des animaux innocents et des familles d’agriculteurs endeuillées”, ajoute l’agriculteur. La situation représente un réel danger pour les générations futures d’agriculteurs, elle explique.

Et elle n’est pas la seule à soulever la question. Les conséquences dramatiques d’un animal malade savoirr éleveurs sont parfois présentées par les députés directement aux ministres ou lors des questions à l’Assemblée nationale.

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Interrogé par Iñaki Echaniz en mars dernier, le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire Marc Fesneau avait alors souligné l’importance de ne pas laisser progresser la tuberculose bovine, car perdre le statut de pays indemne serait ” une catastrophe pour l’ensemble du secteur. Le ministre a souligné les efforts portés sur « la qualité du dépistage tout en évitant de trop pénaliser les éleveurs », avec l’augmentation des indemnisations et la vaccination de la faune sauvage.

Si la tuberculose bovine progressait, « les conséquences économiques pour les élevages situés dans les zones non indemnes, mais aussi pour les industries agroalimentaires produisant des aliments à partir de la viande et du lait de ces zones, seraient très importantes. Il deviendrait notamment très difficile de continuer à vendre au sein de l’Union européenne, les produits à base de lait cru fabriqués à partir de lait produit dans les exploitations des départements infectés », souligne le ministère de l’Agriculture.

En attendant, les conséquences sont déjà dramatiques pour éleveurs impactés. Bérénice Walton décrit un « retour à la case départ ». Elle se retrouve avec des investissements et des remboursements à faire – et sans bétail. Une collecte de fonds en ligne a été créée pour l’aider à « trouver les ressources pour se remettre sur pied et ouvrir un nouveau chapitre à la ferme Bérénice. »

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