Dans le sud des Yvelines, « la médecine de ville est dans une situation dramatique »

Dans le sud des Yvelines, « la médecine de ville est dans une situation dramatique »
Dans le sud des Yvelines, « la médecine de ville est dans une situation dramatique »

Un désert médical à 20 km de la faculté de médecine de Versailles – Saint-Quentin-en-Yvelines… « C’est franchement incroyable », s’exclame Michel Espinat, président du Collectif Hôpital-Santé publique. Dix ans que l’association alerte sur le mal de tête de milliers de citoyens confrontés à la pénurie de médecins dans le sud des Yvelines. 14 000 patients seraient concernés, selon les dernières estimations.

Face à « l’urgence et la gravité de la situation », les membres du collectif ont décidé de taper du poing sur la table pour demander l’organisation d’une table ronde. Ils viennent de recevoir une lettre adressée à Thomas Gourlan, le président (LR) de l’agglomération Rambouillet Territoires, qui regroupe 36 communes, soit quelque 80 000 habitants. Tous les maires du secteur ont reçu une copie de la lettre. Le président (LR) du conseil départemental, Pierre Bédier a également sa copie, tout comme l’Agence régionale de santé (ARS).

Le collectif souhaite mettre en avant sa proposition phare : la création d’un centre public de santé en zone urbaine. Les médecins y seraient salariés, sans avoir à gérer la partie administrative de leur activité. Le tiers payant serait systématiquement pratiqué et les dépassements d’honoraires interdits. «Pourquoi ce qui est possible à Sartrouville, Trappes ou Houdan (qui bénéficient de structures de ce type) ne serait pas possible à Rambouillet ? » a insisté Michel Espinat ce vendredi lors d’une conférence de presse.

« La pénurie de pédiatres devient critique »

« A la fin de l’année, deux nouveaux médecins de Rambouillet prendront leur retraite », commente-t-il. La médecine communautaire est dans une situation dramatique et tous les professionnels nous font part de leur grande inquiétude. Je ne parle même pas du ressenti des habitants… Nous étions récemment devant un centre commercial avec notre pétition et avons récolté 70 signatures en une heure et demie. Les cas personnels qui nous sont racontés sont édifiants », commente Michel Espinat.

« Le problème concerne évidemment les médecins généralistes mais pour les spécialistes, c’est un véritable enfer », affirme Elisabeth Masson, membre du collectif et ancienne responsable de l’hôpital de Rambouillet. La pénurie de pédiatres, par exemple, devient critique.»

Le sujet revient depuis longtemps sur les réseaux sociaux. Les conversations qui y sont une illustration éclatante des difficultés rencontrées au quotidien. « Je n’ai plus de médecin pour mon bébé de 9 mois. Cela devient urgent pour des suivis», déplorait cette mère il y a quelques jours. Dans son flacon à la mer, elle prend soin de définir les contours de sa quête désespérée : un pédiatre à moins de 20 minutes de Rambouillet…

Sur les réseaux sociaux, le désespoir des patients

La réponse d’un autre internaute fait l’effet d’une douche froide : « Quand on parle de désert médical, ce n’est pas un mythe. Je pense que si vous voulez trouver un pédiatre, vous devrez peut-être faire une concession sur le trajet.

Deux autres commentaires confirment que pour croiser un stéthoscope dans le désert, il faut être prêt à faire des kilomètres. « Le seul pédiatre qui prend de nouveaux patients est à Barjouville (Eure-et-Loir), à 35 minutes de chez moi », raconte cette maman.

Cette autre internaute raconte qu’il y a quelques années, un cabinet médical a ouvert à Rambouillet, au pied de son immeuble. Elle n’a jamais pu y mettre les pieds avec son nouveau-né de 15 jours, faute de place. Et a décidé de signer pour un aller-retour de 50 km, entre son domicile et un cabinet médical à Gif-sur-Yvette (Essonne). « Honnêtement, ils sont géniaux. La route est vraiment ennuyeuse mais ça valait le coup à chaque fois», dit-elle, conciliante.

Une faculté de médecine à 20 km… et pourtant

Une maman a trouvé la perle rare à Cernay-la-Ville, à 15 km. D’autres commentaires recommandent l’hôpital de Chartres (Eure-et-Loir)… à 45 km. Ce pédiatre « très bien, mais qui facture 50 euros la consultation ». Ou ce médecin qui accueille de nouveaux patients « mais avec sept semaines de retard ».

« Le nombre de médecins sortant des facultés a fortement diminué au début des années 2000. Elle redémarre très lentement mais elle est loin d’être suffisante, même si les besoins en santé explosent. Les médecins, on ne peut pas les inventer, mais nous avons une faculté à 20 km… Il faut impérativement établir des liens avec ces étudiants en médecine, pour les inciter à s’installer sur notre territoire », estime Michel Espinat.

 
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