Hassi Beida, une terre marocaine annexée à l’Algérie par la France

Hassi Beida, une terre marocaine annexée à l’Algérie par la France
Hassi Beida, une terre marocaine annexée à l’Algérie par la France

Le différend sur la démarcation de la frontière entre le Maroc et l’Algérie est né dès les premières années de l’indépendance du voisin oriental vis-à-vis de la France. Dans ce contexte, le Maroc a exigé que le gouvernement algérien respecte l’accord signé par l’exécutif intérimaire.

Peu avant l’indépendance de l’Algérie, le 6 juillet 1961, le Maroc concluait un accord avec le gouvernement de transition, après de longues négociations. Selon le septième tome de la série « Mémoires du patrimoine marocain », ce cadre précise que « le gouvernement de Sa Majesté le Roi du Maroc s’opposera, par tous les moyens, à toute tentative de diviser le territoire algérien ou de s’en séparer. saisir une partie (…) ».

En revanche, le gouvernement intérimaire d’Alger a reconnu que « le problème territorial résultant des frontières arbitrairement imposées par la France entre les deux pays sera résolu par des négociations entre l’exécutif marocain et l’exécutif indépendant de l’Algérie (…) ». Le gouvernement de transition confirme que les traités qui pourront être signés à l’issue des pourparlers franco-algériens ne serviront pas de preuve au Maroc quant à la détermination de la frontière.

Ainsi, les deux gouvernements ont affirmé leurs engagements à « créer un comité maroco-algérien, qui se réunira dans les plus brefs délais pour étudier ce problème et y remédier, dans l’esprit de fraternité et d’unité qui caractérise le Maghreb arabe ».

Mais dès son accession au pouvoir, avec l’indépendance de l’Algérie, Benbella revient sur l’accord conclu avec Rabat. Il a ainsi rejeté l’idée de toute négociation sur la cession au Maroc des terres « libérées avec le sang des martyrs ». En effet, les Algériens voyaient dans ces revendications une ingérence dans les affaires intérieures de leur pays.

Les relations bilatérales se tendent peu à peu, jusqu’à l’affrontement armé d’octobre 1963, appelé la Guerre des Sables. Le conflit a pris fin grâce à la médiation de l’Organisation de l’unité africaine (OUA). En effet, les deux belligérants sont parvenus à un accord de cessez-le-feu, enregistré le 20 février 1964 dans la capitale malienne Bamako.

La guerre des sables vue par les renseignements américains

Dans un document intitulé « Contexte des escarmouches à la frontière maroco-algérienne », daté du 29 octobre 1963 et déclassifié le 8 octobre 2004, la Central Intelligence Agency (CIA) revient sur la guerre du sable.

Datant d’une dizaine d’années avant la création du Front Polisario, le document indique que sous l’occupation française de l’Algérie et du Maroc, « la ligne de démarcation entre les juridictions [dans les deux territoires] fut successivement redéfinie en faveur de l’Algérie comme partie intégrante de la France, le Maroc n’étant que sous protectorat.

Le document confirme que « depuis l’indépendance du Maroc en 1956, les Marocains – notamment - nationaliste – revendiquent une grande partie du Sahara ». “En 1958, alors que les rebelles algériens opéraient dans cette région saharienne, Français et Marocains se sont mis d’accord de manière informelle sur leurs zones d’opération respectives, afin d’éviter tout conflit”, précise la même Source.

Le document de la CIA explique : « En vertu de cet accord, la zone d’occupation française a été étendue de facto, dans une certaine mesure, au nord et à l’ouest des lignes précédentes, sans statut juridique. Cette démarcation est adoptée par les Algériens, alors que les Marocains ont insisté sur le fait que la véritable frontière est la précédente, qui place les zones de Hassi Beida et Tanjoub du côté marocain.

Selon la même Source, « ces sites sont importants car ils sont situés sur la route principale reliant Colomb-Béchar et Tindouf ». Après l’indépendance de l’Algérie, « vers le milieu de 1962, des contraintes sont apparues le long de la région frontalière, au sud du Maroc ».

Le gouvernement marocain a tenté « en vain de persuader le président Benbella de négocier les revendications territoriales » défendues par Rabat, qui ont toutes été rejetées par le dirigeant algérien. Le document de la CIA explique que la position du président a été renforcée par celle de l’OUA.

Lors de sa réunion inaugurale en mai de la même année, l’organisme continental a préconisé « le respect des frontières africaines, telles que déterminées par les anciennes puissances coloniales ».

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Bond important des ventes de véhicules électriques et rechargeables, Québec en tête
NEXT Une nouvelle chaire pour mieux restaurer les écosystèmes dégradés