Répression. 4 grévistes de Rougier & Plé menacés de licenciement suite à leur mobilisation

Répression. 4 grévistes de Rougier & Plé menacés de licenciement suite à leur mobilisation
Répression. 4 grévistes de Rougier & Plé menacés de licenciement suite à leur mobilisation

Rougier et Plé est l’une des plus anciennes enseignes de distribution de produits des beaux-arts et des loisirs créatifs. Les 13 avril, 27 avril et 7 mai, la majorité des salariés du magasin Filles du Calvaire (Paris) était en grève. En cause, des conditions de travail insupportables, entre manque de personnel et conditions insalubres.

Le quotidien des employés du magasin est en effet rythmé par les inondations et les rongeurs. Plus généralement, l’ensemble du bâtiment est dans un état de délabrement avancé. Laurent Degousée, défenseur syndical en charge du dossier pour la Fédération SUD Commerces, explique : « Les photos ont été publiées, les murs tombent en lambeaux et il y a des crottes de souris dans les locaux « .

Lorsque ces incidents surviennent, les 25 salariés du site doivent faire le ménage eux-mêmes, alors qu’ils doivent déjà gérer le plus grand établissement des beaux-arts de Paris, sur 4 étages et 6 jours par semaine. Ce que réclament les grévistes est très clair : des travaux sur l’ensemble du bâtiment, des embauches pour faire face aux horaires de travail, une prime de polyvalence pour tout vendeur qui fait également office de caissier, de stockiste ou encore d’agent de distribution. ‘entretien. Salomé, qui travaille sur le chantier depuis deux ans et demi, résume : « On ne demande pas la lune, juste pour travailler dans de bonnes conditions, on ne demande pas des augmentations de salaire astronomiques, on dit juste « bonjour, on ne veut pas avoir d’inondations » « .

Des revendications simples qui n’ont pas semblé émouvoir la direction, qui n’a eu d’autre réponse que la répression. Peu après le premier jour de grève, 4 grévistes ont été convoqués au siège de l’entreprise pour un entretien préalable à leur licenciement, pour des motifs ridicules. Sous prétexte de problèmes d’étiquetage ou de harcèlement moral envers la direction, l’objectif est clair : intimider ceux qui voudraient se mobiliser pour des conditions de travail décentes.

La situation n’est peut-être pas sans rappeler celle de Christian Porta, syndicaliste du secteur agroalimentaire menacé de licenciement pour de fausses accusations de harcèlement moral contre sa direction. Rien d’étonnant dans le contexte de forte répression syndicale vécue par le mouvement syndical depuis l’échec de la réforme des retraites, avec dans le même temps la criminalisation du soutien à la Palestine. Alors pour Sam, représentant de la Section Syndicale SUD, « nous réalisons que notre lutte n’est pas simplement une histoire de Rougier et de Plé, c’est l’histoire d’un patronat qui a ses armes, qui les connaît depuis un moment et qui peut les mettre en place plus sereinement via un code du travail qui a été brisé « .

Malgré cette répression, les personnels mobilisés sont loin d’abandonner », nous restons assez optimistes car plus ils nous donnent cette répression, plus cela prouve que ce que nous faisons fonctionne », explique Sam. Les dernières semaines semblent leur donner raison sur ce point, puisque suite aux grèves et aux nombreux articles de presse soulignant la lutte, la création d’un comité de soutien et la saisine anticipée des prud’hommes. hommes, les travaux ont démarré brutalement à plusieurs endroits du bâtiment alors que les salariés convoqués n’ont pour l’instant pas eu de nouvelles de leur direction, qui semble au point mort.

En attendant les décisions de la direction concernant les convocations qui seront émises les 3 et 6 juin, les grévistes entendent maintenir la pression. Une deuxième réunion du comité de soutien se tiendra mardi 28 mai à 19 heures dans les locaux de SUD à Paris (7 rue Vicq d’Azir, métro Colonel Fabien), et une journée d’action est d’ores et déjà prévue le 8 juin.

 
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