« Le procès de la honte », les avocats de la défense critiquent la tenue du procès du double assassinat de Bastia-Poretta

« Le procès de la honte », les avocats de la défense critiquent la tenue du procès du double assassinat de Bastia-Poretta
« Le procès de la honte », les avocats de la défense critiquent la tenue du procès du double assassinat de Bastia-Poretta

Dans une lettre, seize des avocats de la défense représentant onze des quatorze accusés, dénoncent une situation « injuste » et une « parodie de procès ». Un communiqué suite au refus de renvoi de l’affaire « Bastia-Poretta » par la cour d’assises d’Aix-en-Provence.

Faut-il reporter le procès du double assassinat de l’aéroport de Bastia-Poretta ? Pour les avocats de la défense, oui. Dans un communiqué diffusé ce jeudi soir, seize avocats** – tous interpellés par leurs clients en début de semaine – critiquent un dossier traité en «des conditions indignes d’un État de droit« .

Depuis son ouverture le 6 mai Devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, le procès évolue d’incidents de procédure en rebondissements. Parmi les dernières en date : la contestation par onze des quatorze accusés de leurs avocats, ce mardi 21 mai. Une décision faisant directement suite au refus des magistrats de renvoyer l’affaire, malgré «l’absence des policiers qui ont mené l’enquête», rappelle le coursier.

Pour rappel, les audiences des enquêteurs avaient été reprogrammées 5 semaines après le début du procès, soit mi-juin pour un procès s’ouvrant le 6 mai 2024, ce qui a gravement porté atteinte au principe de l’oralité des débats, et privé sentir toutes les dépositions qui peuvent être reprises jusqu’à cette apparition», déplorent les avocats.

Qui demande: “Comment la défense pourrait-elle utilement interroger les cinquante témoins convoqués à l’audience sans que les services d’enquête n’aient été au préalable entendus ?

Pour les signataires de cette lettre, «la décision d’ignorer cette difficulté criante est inédite : le président de la cour d’assises a indiqué que compte tenu d’un report d’une semaine du programme initialement fixé, les services d’instruction ne pourraient pas se rendre devant la cour d’assises. assis qu’à partir de la mi-juin, ayant été invités par le ministère de l’Intérieur à prendre leur congé payé avant les Jeux olympiques, puisqu’ils avaient été réquisitionnés pendant cette période. L’absence anticipée des policiers ne justifie pas cette atteinte frappante aux droits de la défense et au déroulement d’un procès équitable.

Des avocats ont été désignés pour leur succéder par le bâtonnier du barreau d’Aix-en-Provence. Ces derniers ont eux-mêmes plaidé ce jeudi matin, aux côtés du reste de leurs confrères, des accusés et même de la partie civile, pour le report du procès, invoquant notamment un délai de préparation trop court pour pouvoir assurer convenablement la défense de leur client.

Là encore, le communiqué grince : «le tribunal a refusé ce renvoi“.”Madame la Bâtonnière d’Aix-en-Provence agit alors d’office pour tous les accusés et, pour les mêmes raisons, refuse d’assurer cette défense. Cependant, le tribunal a persévéré et a décidé de tenir ce procès sans la présence des accusés et de leurs avocats.

Pour les signataires, «l’obstination du tribunal à vouloir juger à tout prix cette affaire est plus que regrettable.” “À la fin de ce qui est devenu une parodie de procès, la justice ne peut pas être rendue correctement», croient-ils encore.

La lettre nie toute responsabilité »de cette situation injuste” l’accusé “qui avait commencé à s’expliquer dès les premiers jours du procès», et leurs avocats qui «ont seulement demandé un procès équitable auquel chaque justiciable devrait avoir droit« .

Rarement un tel mépris aura été observé à l’égard des accusés, des avocats et de la justice. Nous sommes indignés de cette marche forcée que nous condamnons fermement», concluent les avocats.

Le procès devrait se poursuivre demain, avec notamment l’audition des témoins des faits. L’audience pourrait néanmoins être à nouveau perturbée. Une nouvelle demande de renvoi pourrait avoir lieu dès la reprise des débats.

[ **Les signataires du communiqué : Amaury AUZOU, Hedi DAKHLAOUI, Yassine MAHARSI, Martin REYNAUD, Avocats au Barreau de Paris ; Frank BERTON, Avocat au Barreau de Lille ; Renaud PORTEJOIE, Avocat au Barreau de Clermont-Ferrand ; Thomas HUGUES, Olinka MALATERRE, Jean-Marc MONTANARO, Emmanuel MOLINA, Romain NEILLER, Jérôme SUSINI, Jean-Charles VINCENSINI, Avocats au Barreau de Marseille ; Anaëlle BONNEFOY, Julien PINELLI, Bruno REBSTOCK, Avocats au Barreau d’Aix-en-Provence. ]

 
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