l’AOP Valençay veut sauver ses fromages face à la pression sanitaire sur le lait cru

l’AOP Valençay veut sauver ses fromages face à la pression sanitaire sur le lait cru
l’AOP Valençay veut sauver ses fromages face à la pression sanitaire sur le lait cru

Fromage de chèvre reconnaissable à sa forme pyramidale, l’AOP Valençay regroupe pas moins de 42 producteurs de lait, 21 éleveurs, 4 affineurs et 5 transformateurs. Malgré de nombreux atouts, elle doit faire face à plusieurs obstacles : une réussite qui ne dépasse pas les frontières, une concurrence importante et des contrôles sanitaires de plus en plus stricts.

Une situation particulièrement préoccupante pour Isabelle Genevier, présidente de l’appellation, interpellant la vice-présidente régionale chargée de l’agriculture et de l’alimentation, Temanuata, lors de l’assemblée générale de l’AOP, mardi 21 mai 2024. Girard : « Ce fromage nous tient à cœur, nous sommes une toute petite appellation dont il faut parler. Mais depuis plusieurs années, nous constatons une diminution des volumes de production et nous cherchons à comprendre pourquoi ce fromage manque de notoriété. »

“Nous avons déjà jeté 20 tonnes de fromage”

Ce qui inquiète le président, c’est le problème du lait cru : les contrôles sanitaires effectués par l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) à la recherche d’agents pathogènes dans les fromages sont de plus en plus drastiques, pénalisant les producteurs et les transformateurs. « Nous avons des producteurs qui arrêtent à cause de cette pression. Depuis le début de l’année, nous avons déjà jeté 20 tonnes de fromage. »

Le lait cru peut contenir des bactéries pouvant provoquer des intoxications alimentaires et même des maladies graves chez les consommateurs les plus vulnérables. Les normes d’hygiène se multiplient donc, imposant la destruction d’une partie de la production fromagère au moindre doute. « Notre objectif n’est pas d’arrêter les contrôles sanitaires, mais d’adapter notre production en travaillant avecdit Isabelle Genevier. En changeant notre cahier des charges, nous souhaitons gérer cette crise sans devoir systématiquement jeter ou dire au revoir à nos collègues. »

Isabelle Genevier, présidente de l’AOP Valençay, et Temanuata Girard, vice-présidente régionale, ont signé la filière locale des petits fromages Indrian.
© (Photo N.R., Alice Rouger)

Une des solutions envisagées par l’appellation serait d’autoriser les producteurs à traiter leur lait d’une nouvelle manière pour maintenir la qualité et éviter toute trace d’agents pathogènes.

L’AOP Valençay regroupe pas moins de 42 producteurs de lait, 21 agriculteurs, 4 affineurs et 5 transformateurs.
© (Photo Mathieu Herduin)

Faire de la pédagogie

« Le problème du lait cru s’accentue à mesure que la recherche avancedit Temanuata Girard. L’objectif n’est pas de briser la motivation des producteurs, mais de les accompagner, tant sur le plan humain que technique. Le lait cru reste un savoir-faire, mais une adaptation est nécessaire. »

De son côté, l’AOP Valençay mise également sur la diffusion de bonnes pratiques auprès des consommateurs dans l’espoir de changer cette mauvaise image. « Le manque de connaissances sur la consommation de lait cru est incroyabledéplore Isabelle Genevier. Beaucoup de gens ignorent qu’il est déconseillé de le donner à un enfant de moins de 3 ans ou à une femme enceinte. » En développant sa stratégie de communication, l’appellation espère sauver sa filière.

 
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