L’anglais gagne du terrain au Québec

L’anglais gagne du terrain au Québec
L’anglais gagne du terrain au Québec

Même si la situation n’est pas aussi « dramatique » qu’à Montréal, Québec, la plus ancienne ville française d’Amérique du Nord, voit de plus en plus son paysage visuel modifié par des étalages commerciaux où l’anglais rebelle prend parfois toute la place. . Une dégradation lexicale éhontée, une galère due entre autres au laxisme de cette loi 101 qui vient d’être modifiée avec la loi 96. Mais cela suffira-t-il à contrer l’anglomanie galopante ?

Une chose est sûre, le touriste qui parcourt la Côte de la Montagne ou les rues Saint-Jean, Saint-Louis ou Saint-Paul pour retrouver la patine linguistique » typiquement français » tant recherchés seront certainement déçus de voir comment les affiches quasi monolingues en anglais des franchises sans âme Mary’s Popcorn, Mango Tea, Cool As A Moose, Sugar Daddy’s candy, DavidsTea, etc. pourraient si facilement remplacer le français des charmants bistrots. d’antan.

Et ce qui vaut pour l’affichage commercial extérieur vaut aussi pour les consignes d’utilité publique, les événements culturels (la Fête, la Semaine), les menus des restaurants, les programmes, etc.

C’est un cancer dont les métastases se sont propagées dans toute la basse-ville mais aussi dans le Faubourg Saint-Jean-Baptiste, un quartier – le mien – réputé très militant, où des vitrines comme Stay Sharp, Gold Rice et Barber Shop donnent la réponse à les placards North Face et Vape Shop de ce monde. Quelle « diversité linguistique » !

Et le pire dans tout ça ? Car souvent, malheureusement, les affiches incriminées s’ébattent innocemment à côté des fanions et des gonfalons marqués « Accent local » disséminés un peu partout par la Ville dans un effort de promotion économique et sociale. Le franglais comme « accent local », vraiment ?

En fait, j’ai l’impression que la signalisation anglaise est devenue aussi mauvaise que la renouée du Japon en termes de colonisation du champ visuel de la capitale nationale. Vous coupez une tige et quatre tiges repoussent à partir du même rhizome. Ainsi, récemment, après avoir déposé une plainte à l’Office québécois de la langue française (OQLF), nous avons réussi dans mon quartier à pousser un commerçant « délinquant » à refaire son enseigne en français. Tout le monde était content, à commencer par le propriétaire lui-même, sauf qu’à peine trois semaines plus tard, trois nouveaux commerces dans le même quartier étaient pompeusement annoncés en anglais. Comme la renouée, je vous le dis… Décourageant !

Mais comment se fait-il qu’on ne puisse compter que sur la dénonciation citoyenne et les sanctions (souvent risibles) de l’OQLF pour mettre au pas les commerçants inconscients ou sans scrupules ? Qu’est-ce qui fait qu’il est si facile pour un commerçant non respectueux des lois d’obtenir un permis d’exploitation au Québec, haut lieu d’histoire et de culture ?

Pourquoi faut-il toujours attendre pour agir en aval (avec l’OQLF), alors qu’il serait si simple, en amont, si les municipalités, les entreprises de développement commercial et les autres organismes concernés menaient conjointement de véritables campagnes de sensibilisation à une affichage commerciale en français ? Qu’attendons-nous pour agir plutôt que de nous renvoyer la balle lorsque les choses deviennent incontrôlables ? Et nos élus, tous niveaux de gouvernement confondus, dorment-ils ? La cause n’en vaut-elle pas la peine ?

Enfin, adoptée récemment, la loi 96 doit devenir pleinement opérationnelle en juin 2025, en matière d’affichage. D’ici là, en espérant que cela suffira à y mettre un terme, j’espère seulement que le Québec et son « accent américain » n’en souffriront pas trop. C’est déjà assez globulaire indigeste comme ça.

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