Au Sénégal, le pouvoir change de mains mais les arrestations pour « offense » contre les dirigeants se poursuivent

Au Sénégal, le pouvoir change de mains mais les arrestations pour « offense » contre les dirigeants se poursuivent
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Jean-Luc Mélenchon et le Premier ministre du Sénégal Ousmane Sonko lors d’une conférence à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar le 16 mai 2024. SEYLLOU / AFP

Ce sont les premiers prisonniers d’opinion depuis l’accession au pouvoir du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko. Bah Diakhate, un militant proche de l’ancien chef de l’Etat Macky Sall, et l’imam Cheikh Tidiane Ndao ont été arrêtés respectivement lundi 20 mai et mardi 21 mai, suite à une auto-saisine du procureur de la République, par la Division des enquêtes criminelles (DIC) pour « diffuser de fausses nouvelles » Et « infraction contre celui qui exerce tout ou partie des prérogatives du Président de la République », selon l’un de leurs avocats, Me Amadou Sall.

Les propos incriminés peuvent surprendre compte tenu des positions défendues par Ousmane Sonko. Dans des vidéos et des messages audio diffusés en ligne, le militant et le religieux ont dénoncé la prétendue complaisance du Premier ministre à l’égard de l’homosexualité, après que le sujet ait été évoqué lors d’une conférence jeudi 16 mai à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar avec Jean-Luc Mélenchon, fondateur de le parti France Insoumise. Présenté mercredi devant le tribunal judiciaire de Dakar, Bah Diakhate n’a finalement pas été entendu par le procureur. Il devrait y être jeudi après une nouvelle nuit de garde à vue.

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Devant les étudiants venus assister à son échange avec l’opposant français, M. Sonko – qui s’exprimait en tant que leader des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), sa formation politique – avait déclaré que les sociétés en Afrique et le Sénégal a toujours vécu avec l’homosexualité, sans qu’il y ait de persécution. Si le fait « ce n’est pas accepté, c’est toléré »dit-il, avant d’ajouter que le sujet risquait d’être le “casus belli” relations entre l’Occident et des pays comme le sien. Jean-Luc Mélenchon a répondu que le « La liberté d’aimer doit être ouverte à tous ceux qui veulent en bénéficier. »

« Importation occidentale »

Au Sénégal, l’homosexualité est considérée comme un « acte contre nature envers une personne de son sexe », est passible d’un à cinq ans d’emprisonnement. La controverse qui a suivi la conférence du 16 mai s’est toutefois principalement limitée aux cercles religieux. “Nous dénonçons le fait qu’Ousmane Sonko ait invité Jean-Luc Mélenchon et que l’université ait servi de tribune à l’apologie de l’homosexualité”commente Mame Makhtar Guèye, vice-président de l’organisation islamique Jamra, tout en regrettant les propos » extrêmement virulent » de Bah Diakhate et Cheikh Tidiane Ndao.

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