Le fentanyl active deux zones différentes du cerveau, révèle une étude de l’UNIGE – rts.ch – .

Le fentanyl active deux zones différentes du cerveau, révèle une étude de l’UNIGE – rts.ch – .
Le fentanyl active deux zones différentes du cerveau, révèle une étude de l’UNIGE – rts.ch – .

Des scientifiques de l’Université de Genève (UNIGE) ont découvert que le puissant opiacé synthétique fentanyl active deux populations cellulaires distinctes dans le cerveau. L’effet euphorique ne se produit pas au même endroit que l’inconfort intense provoqué par le sevrage.

Jusqu’à présent, les chercheurs pensaient que ces deux réactions se produisaient dans la même zone cérébrale. Or, l’étude de Genève montre le contraire. Cela ouvrirait la voie au développement d’analgésiques présentant moins d’effets secondaires, indique l’UNIGE dans un communiqué publié mercredi.

20 à 40 fois plus puissant que l’héroïne

Injecté par voie intraveineuse, le fentanyl est une substance 20 à 40 fois plus puissante que l’héroïne et 100 fois plus puissante que la morphine. Détourné de son usage médical initial comme analgésique, il est devenu une drogue mortelle responsable des trois quarts des décès par surdose aux Etats-Unis.

Le produit déclenche l’activation des neurones dopaminergiques, qui libèrent de la dopamine, responsable de la sensation d’euphorie. Habituellement, ces cellules sont sous le contrôle de neurones inhibiteurs du GABA. Or, rappelle l’UNIGE dans son communiqué, les opiacés ont la particularité de bloquer ces derniers.

Cet effet euphorisant se produit dans le système mésolimbique du cerveau. L’inconfort provoqué par le sevrage, en revanche, active une autre région du cerveau. Selon l’étude genevoise, il s’agit d’une population de cellules encore inconnues qui se situent dans l’amygdale centrale, liées à la peur et à l’anxiété.

Publication dans la revue Nature

Ces résultats modifient « radicalement » le modèle de compréhension de l’addiction aux opiacés. Savoir que les renforcements positifs et négatifs transitent par deux réseaux différents expliquerait pourquoi ces substances ont un potentiel addictif particulièrement élevé, les deux mécanismes s’additionnant.

La découverte faite par l’équipe de scientifiques de l’UNIGE va «affiner les traitements de substitution et faire progresser la recherche vers des analgésiques sans risque d’addiction», note le communiqué. L’étude genevoise fait l’objet d’une publication dans la revue Nature.

>> Écoutez notre podcast sur le fentanyl : Podcast – Qu’est-ce que le fentanyl, cette drogue ultra dangereuse ?

ats/fgn

#Suisse

 
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