« La disparition des dernières traces de la gauche » avec l’éviction de Bérengère Lassouque-Sabourault

« La disparition des dernières traces de la gauche » avec l’éviction de Bérengère Lassouque-Sabourault
« La disparition des dernières traces de la gauche » avec l’éviction de Bérengère Lassouque-Sabourault

CONTRECertains conseillers communautaires auraient préféré que la décision soit votée sans plus attendre. Après l’exclusion, un an jour pour jour, de Julien Bazus, maire de Saint-Paul-lès-Dax, et de son adjointe Sylvie Péducasse du bureau communautaire par le vote de 31 des 57 élus de la Communauté urbaine, la les mêmes maux devraient logiquement produire les mêmes effets.

Mercredi 22 mai au soir, Bérengère Lassouque-Sabourault, conseillère déléguée chargée de l’urbanisme et adjointe au maire de Narrosse, qui avait choisi de s’abstenir lors du vote du dernier budget, connaissait son exclusion. Cependant, les élus communautaires, peut-être pour surmonter ce nouveau malaise, ont jugé nécessaire de débattre du sens politique à donner à ce nouveau départ.

La principale intéressée, Bérengère Lassouque-Sabourault, avait préparé quelques mots à l’attention de Julien Dubois : « Je n’ai pas la même vision des choses que vous, et j’en suis désolé. Je trouve qu’en matière d’écologie et de rénovation énergétique, nous ne sommes pas assez ambitieux. Le projet de territoire auquel j’ai adhéré c’est 72 fiches actions, on ne peut pas se contenter de s’intéresser à certaines et négliger d’autres. Pour moi, le Conseil communautaire était le lieu de la démocratie pour pouvoir échanger, de manière sereine et constructive.

Et Julien Dubois a clôturé l’interdiction, juste avant le vote, avec 31 voix pour et 26 contre son exclusion : « Ce n’est pas avec plaisir que je soumets cette décision au vote ce soir. Mon devoir est de faire avancer cette communauté, et quand on s’abstient sur une décision aussi importante que le vote du budget, on en tire les conséquences. »

« Groupe de discussion » communautaire

Voilà, les choses auraient pu en rester là, mais c’était sans compter les arrière-pensées politiques prêtées à la décision. Le représentant de la communauté dacquoise Guillaume Laussu a tenu à rappeler que « rien n’obligeait le président du Grand Dax à accorder une délégation à tel ou tel, au début de son mandat. Quand quelqu’un vous fait confiance et que le budget n’est pas voté, c’est parce que la confiance est trahie», a-t-il ajouté pour justifier son vote.


Les élus communautaires, peut-être pour surmonter ce nouveau malaise, ont débattu du sens politique à donner à ce nouveau départ.

Nathalie Guironnet

Julien Bazus, en toute logique, a également fait son commentaire : « C’est une réplication de ce que nous avons vécu l’année dernière. Elle a le courage de porter la voix de ses concitoyens au sein de l’Agglomération. C’est triste, c’est la disparition des dernières traces de la gauche au bureau de cette ville. La confiance est quelque chose qui se crée et se vit ensemble. Nous sommes élus par les habitants et nous assistons sous ce mandat à un détricotage méthodique de ce que nos prédécesseurs ont fait. Le budget adopté début avril met en place un fonctionnement à deux vitesses : ceux qui votent comme le président, et les autres. »

Quant à l’emploi du mot « trahison », Sylvie Péducasse, qui affirme qu’elle n’avait pas prévu d’intervenir, ne l’accepte pas. « Certains trouvent utile de justifier leur vote et leur soutien au président. On n’appréhende pas le fonctionnement de cette agglomération de la même manière. Je ne suis pas d’accord pour dire que nous parlons de trahison. »

«Je regrette ce que nous faisons. J’imagine aussi les gens qui nous écoutent et nous regardent”

Guylaine Dutoya, maire de Candresse, cherchait probablement des mots plus justes, comme en mai 2023 : « Comme l’année dernière, je suis désolée qu’on soit là. Le président a essayé de mettre tout le monde à la table et je regrette ce que nous faisons. J’imagine aussi les gens qui nous écoutent et qui nous regardent. »

Et Pascal Dagès, adjoint au maire de Dax, ajoute la métaphore du rugby : « L’ancien mandat était très monochrome. En 2020, j’avais été surpris par les choix de Julien Dubois, qui avait pensé faire comme une bonne équipe de rugby, en choisissant « les meilleurs à leur poste ». Nous pouvons certes exprimer des désaccords, mais pas sur des questions aussi fondamentales lorsque cela nous empêche d’avancer. »

 
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