La justice autorise deux centrales photovoltaïques dans la forêt des Landes, contre l’avis de la préfecture

La justice autorise deux centrales photovoltaïques dans la forêt des Landes, contre l’avis de la préfecture
La justice autorise deux centrales photovoltaïques dans la forêt des Landes, contre l’avis de la préfecture
La forêt landaise est essentiellement une monoculture intensive de pins.
Arcachonphoto.com / stock.adobe.com

La cour administrative d’appel de Bordeaux a estimé que les refus d’autorisations de dédouanement délivrés par les services de l’Etat n’étaient pas suffisamment justifiés.

Le Figaro Bordeaux

Faut-il abattre les forêts pour produire de l’énergie solaire ? Avec la sobriété énergétique, le développement massif des énergies renouvelables constitue un levier essentiel pour lutter contre le changement climatique. Tout comme préserver des forêts saines, qui peuvent être à la fois des puits de carbone et des réserves de biodiversité. L’installation de centrales photovoltaïques dans les zones forestières semble donc contre-intuitive. Dans le Sud-Ouest, la justice vient cependant de donner son feu vert à deux projets controversés dans la forêt landaise.

Dans deux décisions rendues le 21 mars 2024, la cour administrative d’appel de Bordeaux « juge illégaux les refus d’autorisation de déminage opposés aux deux sociétés réalisant les projets ». En 2018, ces deux demandes d’autorisation de défrichement ont été faites auprès de la préfecture du Lot-et-Garonne, pour un terrain de 21,6 hectares situé à Pindères, et à celle de Gironde, pour un terrain de 36 hectares. à Lucmaú. Dans les deux cas, les services de l’État « a refusé d’accéder à toutes ces demandes en raison de l’existence d’un risque d’incendie »explique le tribunal.

Risques d’incendie

Le tribunal reconnaît « que le terrain concerné est situé dans un secteur classé « niveau élevé 4 » de sensibilité au feu par le schéma interministériel de protection de la forêt contre l’incendie »mais note que « les projets intègrent toutes les mesures de prévention préconisées par les services départementaux d’incendie et de secours »avec notamment la volonté de créer des zones dégagées d’une cinquantaine de mètres de profondeur en périphérie des futures installations électriques, des réserves d’eau et des dispositifs d’isolation des éléments de production d’électricité.

Selon la cour administrative d’appel, ces mesures permettraient donc « pour ramener le risque d’incendie à un niveau faible » et précise que l’administration n’a pas fourni « un élément permettant de caractériser le risque ». Six ans après ces demandes de défrichement, le tribunal annule donc les refus d’autorisation de défrichement ainsi que le refus de permis de construire dans la commune de Lucmau, et « ordonne au préfet de Gironde de délivrer les autorisations demandées dans un délai de quatre mois ».

« On ne sauve pas le climat en rasant les forêts »

Ces deux parcs solaires, bien que de taille modeste, font écho au projet Horizeo, un projet titanesque qui prévoit de raser 700 hectares de forêt pour y installer un parc photovoltaïque à une vingtaine de kilomètres au sud de Bordeaux. Malgré les opérations de reforestation – un processus de compensation carbone contesté, souvent assimilé à « écoblanchiment » – Horizeo pourrait être le dernier parc solaire d’une telle envergure à voir le jour, ayant réussi à échapper à une faille de la loi pour l’accélération de la production d’énergies renouvelables, qui interdit désormais les installations photovoltaïques nécessitant un dégagement de plus de 25 hectares.

Horizeo est vivement critiqué, notamment par le président socialiste de la région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, qui juge ce projet “obsolète” et s’interroge sur son impact sur l’objectif de zéro artificialisation nette. « On ne sauve pas le climat en rasant les forêts », résume le groupe environnemental régional. A Bordeaux, le maire écologiste Pierre Hurmic est aussi l’ardent promoteur d’une « ville solaire »mais sans détruire les espaces verts. « Il faut installer des panneaux solaires là où le sol est déjà artificiel »insiste l’élu, qui prévoit d’installer 60 000 m² de panneaux photovoltaïques et d’atteindre 41 % d’autonomie énergétique dans les bâtiments publics d’ici 2026.

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