Le canal de l’Ourcq, la nouvelle destination touristique festive de l’Est parisien

En vingt ans, j’ai vu le quartier complètement changer. Quand je suis arrivé, en 2016, il n’y avait rien», observe Kai Lorch. Ce grand Allemand, ancien cadre horloger, a racheté la marque de bière française Demory Paris en 2009, avant d’installer une brasserie dans un entrepôt de la rue de Paris, à la frontière entre Bobigny et Pantin. “Je voulais faire ma propre bière. Alors j’ai tout quitté pour venir ici“, il dit.

© Seine-Saint-Denis Tourisme

La carte de L’Ourcq, Grand Paris culturel et créatif

Une fête pour célébrer la naissance du quartier

Comme une trentaine d’autres acteurs du quartier, Kai Lorch s’est associé à l’initiative du comité départemental du tourisme de Seine-Saint-Denis : donner une identité à ce territoire qui s’étend de Grande Prairie à Bobigny, jusqu’à la Halle de la Villette, pour en faire une destination de sortie à part entière. En créant d’abord une célébration, le 15 juin, présentée comme «l’acte de naissance du quartier“, baptisé “L’Ourcq Grand Paris culturel et créatif« . Spectacles, expositions, ce week-end prévoit une programmation dense. Des balades guidées seront également proposées pour découvrir les différents lieux, le patrimoine architectural et industriel, et l’agriculture urbaine. Randonnées pédestres, pistes cyclables, croisières… les mobilités douces sont privilégiées. Cette journée fondatrice se tiendra quelques semaines avant le festival L’Été du Canal, dont la 17e édition se déroule du 6 juillet au 11 août. En 2023, 18 235 passagers ont emprunté les navettes fluviales entre Bondy et le parc de la Villette.

« Ruban culturel »

Nous travaillons ici à une véritable révolution copernicienne pour changer le centre de gravité de Paris en matière de culture et de loisirs.», explique Vincent Chartier, responsable du nord-est parisien à Seine-Saint-Denis Tourisme. “Tout au long du canal, vous disposez d’un écosystème de lieux qui offrent un véritable ruban de culture. Nous pouvons dire que nous sommes dans l’une des plus grandes régions culturelles fluviales d’Europe. Nous allons proposer un rééquilibrage entre l’ouest et l’est parisien», résume-t-il.

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Magasins généraux à Pantin

Il faut faire connaître le quartier

La transformation de ce quartier en «le nouveau Paris cool et contemporain» comme le désigne Seine-Saint-Denis Tourisme, n’est pas récent. Le mouvement a été amorcé par la création de la grande salle de La Villette en 1985. »Le quartier autour du canal commence alors à se désindustrialiser. Petit à petit, les lieux de culture et les industries créatives s’imposent», raconte Vincent Chartier, qui énumère les faits marquants de la métamorphose : l’arrivée du Centre national de la danse en 2004, celle de la galerie Thaddaeus Ropac, dans une ancienne usine de l’avenue du Général Leclerc, en 2012, puis celle de l’agence de communication. BETC, en 2016. »Dans son sillage sont arrivés des péniches culturelles, des tiers-lieux, des artisans brasseurs, des restaurants, des écoles d’art comme Esmod. Un peu plus loin, côté Romainville, la fondation Fiminco a créé un quartier culturel sur l’ancienne friche industrielle de 11 000 mètres carrés des laboratoires pharmaceutiques Roussel-Uclaf.», poursuit Vincent Chartier.

BETC, de son côté, a fait des anciens Magasins généraux son siège social et un centre culturel, à la programmation entièrement gratuite, axée sur la création émergente. “C’est l’un des premiers acteurs économiques à avoir pris le pari de traverser le périphérique pour s’installer à Pantin.», souligne Julia Dartois, directrice des Magasins généraux. Le groupe est également un acteur majeur de la nouvelle identité graphique que veut se donner le quartier du canal de l’Ourcq, en coordonnant la création d’une carte des lieux de loisirs publiée pour la première fois en 2021 et actualisée en 2023. Il édite également une «Guide des Grands Parisiens» avec Agrandissez votre Paris, à paraître prochainement.

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Il faut faire connaître le quartier, faire venir les Parisiens et les touristes étrangers

L’objectif pour Seine-Saint-Denis Tourisme est de rassembler tous ces acteurs derrière une image commune pour donner de la visibilité à ce quartier. Au-delà des phrases accrocheuses, l’enjeu est très concret. Pas moins de 15 millions de visiteurs étrangers sont attendus pour les Jeux Olympiques et Paralympiques. A deux pas de Pantin, le Parc de la Villette sera l’un des temps forts des célébrations avec le club de France et le grand Parc des Nations. “C’est une année charnière avec les JO. Nous espérons que cet été, chacun prendra conscience de la richesse de ce quartier», souligne Lorenza Vincent-Labats, coordinatrice culturelle et créative de L’Ourcq Grand Paris.

Il faut faire connaître le quartier, faire venir les Parisiens et les touristes étrangers», souligne Simon-Yves Rocher, directeur des opérations du Dock B. Ce lieu hybride de 1 300 mètres, mêlant espace de coworking, salle de spectacle et restaurant, occupe une partie du rez-de-chaussée des Magasins généraux. “Nous avons pris le pari de déménager à Pantin en 2018. Depuis 2022, nous avons ouvert une salle de concert de 600 places. Avec seulement un public local, il ne suffit pas de faire vivre un tel espace. Mais l’un des plus gros atouts du quartier est la grande diversité de lieux et d’activités possibles.

Une alternative au surtourisme parisien

Mais, à plus long terme, «l’idée est aussi de démocratiser la culture et de faire circuler les publics entre différents lieux», ajoute Vincent Chartier. Autre avantage pour lui : «De nombreux sites commencent à être victimes du surtourisme à Paris, première destination mondiale. Notre idée est de créer de nouveaux pôles d’attraction touristique pour allonger la durée des séjours et mieux répartir les flux de visiteurs.», souligne-t-il.

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Sur 4 km le long du canal, le quartier de l’Ourcq compte 30 lieux culturels, propose 15 festivals, 30 expositions et 400 spectacles.
 
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