les éleveurs réclament une augmentation des aides de la PAC

les éleveurs réclament une augmentation des aides de la PAC
les éleveurs réclament une augmentation des aides de la PAC

Mardi 21 mai, une certaine inquiétude régnait au sein de la Chambre d’agriculture de Haute-Corse à Vescovato. A 14 heures, une vingtaine d’agriculteurs ont répondu à l’appel de la Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles de Haute-Corse (FDSEA), afin de se renseigner sur la baisse de l’Aide Bovine Corse au cours de l’année 2024, et de solliciter le revalorisation de leurs subventions. En effet, ces aides couplées à la production émanant de la Politique Agricole Commune (PAC), réparties en fonction de la capacité de production des éleveurs, ont été réduites en Corse. « Nous n’avons pas le même montant de l’UGB (Grande Unité d’Élevage), aide par bovin présent sur l’exploitation que sur le continent », » précise Joseph Colombani, président de la Chambre d’agriculture de Haute-Corse. Ce dernier dénonce les inégalités face aux opérateurs métropolitains. « Sur le continent, l’aide est fixée à 120 euros par bétailil se souvient. En Corse, les aides peuvent monter jusqu’à 99 euros – avec une fourchette établie entre 55 euros et 99 euros pour les tarifs majorés –, mais seulement sous certaines conditions. Au total, 1 000 agriculteurs corses seraient concernés par cette baisse.

Des aides soumises à plusieurs critères
Pour bénéficier de l’aide complète, les bovins doivent subir une double authentification. La traçabilité doit être installée dans les oreilles des animaux et à l’intérieur de leur corps. Mais « il existe un mode d’élevage spécifique à la Corse, avec beaucoup d’élevage extensif. Les animaux sont dehors”, précise Joseph Colombani. Cette méthode d’élevage, courante sur l’île, consiste à laisser paître le bétail dans un milieu naturel. Toutefois, pendant la période d’élevage dite « libre », les effectifs des bovins concernés ne sont pas répertoriés. Le président de la Chambre d’agriculture de Haute-Corse estime « que c’est quelque chose de pénalisant de recevoir la totalité de l’aide ». Et pour cause, ce système d’élevage permet aux agriculteurs de percevoir une aide de seulement 55 euros, montant minimum prévu par la PAC.

Une traçabilité difficile
Si ce mode d’élevage s’avère bénéfique pour la qualité de la viande et celle de la vie des bovins, il ne garantirait pas, aux yeux de la Politique Agricole Commune, la traçabilité de leur race. L’agriculteur précise que« Au fil des générations de bovins, il y a eu des croisements entre la race corse, celle du Limousin, de l’Aubrac… Nous avons donc inscrit le code race 39 (numéro attribué aux croisements de race par Légifrance) ». Cette classification serait également “pénalisation”. Du point de vue du service public, les passages à niveau pourraient conduire à « créer des vaches à lait ». Une hypothèse farfelue pour le représentant agricole : « Il est de notoriété publique que nous ne produisons pas ces vaches. En Corse, il y a peut-être 30 vaches qui servent à produire du lait.

«Cette décision nous marginalise»
Aux yeux des agriculteurs réunis, cette législation spécifique à la Corse est « injuste », et suscite l’inquiétude. « De fait, cette particularité se traduit par un effondrement de l’aide bovine en Corse, assure Joseph Colombani. Il y a des gens qui sont passés de 12 000 à 2 000 euros d’aide en 2024… » Face aux difficultés de structuration de la filière bovine – en termes d’errance, d’infrastructures, etc. – le président de la FDSEA regrette que « Les agriculteurs, les chambres, les syndicats, qui veulent faire évoluer le secteur vers quelque chose d’efficace, ne sont pas suffisamment sollicités pour trouver des solutions. Au lieu de dire qu’il y a des problèmes dans le secteur, ils veulent l’éliminer. Cette décision nous marginalise.
Si Joseph Colombani admet que l’État est «prêt à revenir » sur les mesures prises, il précise qu’après concertation, tous les éleveurs devraient « prendre une décision qui pourrait aussi être la préparation d’une action syndicale ».

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV un agriculteur de Saint-Jude inculpé au pénal
NEXT Les peuples autochtones contestent les honoraires d’avocat pour le travail sur les traités