un territoire fracturé selon le rapport annuel du Secours catholique

Jeudi 16 mai, l’association Secours catholique d’Indre-et-Loire, l’Observatoire des inégalités et Compas (1) ont dévoilé un état des lieux de la pauvreté pour l’année 2023. C’est chez la Caritas de Tours, lors d’une conférence de presse, que ces nouveaux des chiffres concernant le département ont été dévoilés.

Les interventions de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, d’Ursula Vogt, déléguée départementale du Secours catholique, et de Michel Bonnet, président du Secours catholique 37, ont permis de mettre en lumière les villes et quartiers les plus pauvres du territoire.

Le seuil de pauvreté dépend du revenu mensuel. Selon l’INSEE (2), une personne seule est considérée comme pauvre lorsqu’elle gagne moins de 1 158 €. Ces données varient en fonction de la situation familiale. Pour un couple sans enfants, le seuil de pauvreté est fixé à 1 737 € et pour un couple avec plus de deux enfants de 14 ans, il passe à 2 895 €.

Un département « normal » mais inégalitaire

Sur la base de ces données, le taux de pauvreté atteint 12,8% en Indre-et-Loire. Cela représente plus de 75 360 personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Même si le taux du département reste inférieur à la moyenne nationale (14,5%), ce pourcentage masque une réalité qui se situe à un niveau plus local.

Le territoire présente de nombreuses inégalités entre villes et surtout entre quartiers. La commune de Saint-Pierre-des-Corps (3) présente par exemple un taux de pauvreté trois fois supérieur à la commune de Saint-Cyr-sur-Loire (4).

Concernant les arrondissements de Tours et de sa Métropole, les villes sont divisées en zones urbaines où près d’une personne sur deux vit sous le seuil de pauvreté. La pauvreté est également profondément ancrée dans les zones rurales du département.

Malgré ces nombreuses données, Ursula Vogt prévient que ce rapport est « travail limité et imparfait » puisque la recherche ne couvre que 60% du territoire. Les villes de moins de 2 000 habitants ne sont pas incluses dans les statistiques.

D’autre part, l’action du Secours catholique et le soutien direct aux personnes les plus vulnérables ont permis de « croiser les connaissances et les expertises » pour produire ce rapport.

Une précarité croissante

On se rend également compte que même le profil des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté varie : mère divorcée, demandeuse d’asile, « sans-papiers », sans abri, allocataire du RSA… Le travail du Secours catholique d’Indre-et-Loire est d’accompagner ces personnes dans leur démarche. besoins et procédures.

La situation en 2023 par rapport à 2022 ne s’est donc pas améliorée. Michel Bonnet souligne même cette année un « environ 25 à 30 % d’augmentation des demandes d’aide » avec le Secours Catholique d’Indre-et-Loire.

Parallèlement à cette hausse de la demande, les financements et dons alloués au Secours catholique d’Indre-et-Loire diminuent. Cette situation oblige l’association à se restreindre, se retrouvant ainsi dans la nécessité de recevoir des ressources d’autres délégations du pays.

Louis Maurin appelle donc à une mobilisation et un soutien plus importants de la part de la communauté politique afin de résoudre ces problèmes de précarité. Pour lui, « Nous ne pouvons pas accepter que des enfants dorment encore dans la rue. »

(1) Bureau d’études au service des territoires.
(2) Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques.
(3) Taux de pauvreté de 24% (3 818 personnes pauvres).
(4) Taux de pauvreté de 8% (1 360 pauvres).

 
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