Guerre Israël-Hamas. “Deux poids, deux mesures !” L’appel au cessez-le-feu de deux communes censuré par le Préfet

Guerre Israël-Hamas. “Deux poids, deux mesures !” L’appel au cessez-le-feu de deux communes censuré par le Préfet
Guerre Israël-Hamas. “Deux poids, deux mesures !” L’appel au cessez-le-feu de deux communes censuré par le Préfet

Le préfet de Haute-Garonne a demandé l’annulation d’une motion votée par les communes de Colomiers et Salvetat-St-Gilles, appelant à la paix en Palestine et en Israël. Une demande vécue comme une censure de la part des élus municipaux.

Des motions appelant à la paix, qui, selon la préfecture de Haute-Garonne, n’ont aucune raison d’exister. Les 28 février et 24 avril, les communes de Salveta-St-Gilles et Colomiers ont respectivement voté une motion en faveur de la paix en Palestine et en Israël.

Quelques semaines plus tard, les deux communes reçoivent un courrier du préfet exigeant l’annulation des requêtes. Contactée par France 3 Occitanie, la Préfecture justifie cette demande par le fait que, légalement, les motions des collectivités territoriales doivent « présenter un lien suffisamment direct et précis avec un intérêt local qu’ils partagent. Mais la politique internationale de la France relève de la compétence exclusive de l’État.

UN “la censure” incompréhensible pour Roséane Auguenois, secrétaire de la section PCF Ouest-Toulousain et élue à Colomiers. « Nous avons pris cette position afin de soutenir la demande de cessez-le-feu et d’appeler la population à se rallier à notre cause.elle explique. A Colomiers, suite à plusieurs mobilisations en faveur de la paix au Moyen-Orient, la Ligue des droits de l’Homme et la CGT ont réclamé une prise de position à la mairie.

L’élu communiste assure que cette motion est néanmoins “modéré” puisqu’elle exige « la fin du conflit »quoi “correspond à la ligne gouvernementale”. Elle ajoute qu’à plusieurs reprises au cours des dernières années, la municipalité a voté des motions qui ne concernaient pas directement la ville. Elle donne l’exemple de l’appel à la paix en Ukraine, en 2022, qui n’a posé aucun problème. «On a l’impression que c’est deux poids, deux mesures»elle regrette.

Roséane Auguenois dénonce un « Lutte éternelle entre technocratie et élus locaux ». Elle rappelle que « les conseillers municipaux sont élus au suffrage universel »et que cependant le Préfet peut légiférer sur leurs actes, ce qui est “mal vécu par les élus”.

De son côté, la Préfecture assure : “Il ne s’agit pas ici de s’immiscer dans la liberté d’expression parfaitement légitime des élus locaux, mais simplement de faire respecter l’Etat de droit.”

Le maire et les élus de Salvetat-St-Gilles ne souhaitent pas retirer leur motion. Ils estiment, selon Éliane Andreau, adjointe au maire de la commune, «qu’elle est juste, qu’elle est soutenue par notre Président de la République, qui appelle aussi à la paix. Nous, élus locaux, avons le droit de nous exprimer« . Elle conclut : «Si nous devons aller au tribunal et être sanctionnés, nous le ferons

 
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