La stratégie de l’ultimatum d’Emmanuel Macron

La stratégie de l’ultimatum d’Emmanuel Macron
La stratégie de l’ultimatum d’Emmanuel Macron
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Emmanuel Macron lors d’un conseil de sécurité et de défense, à l’Elysée, le 20 mai 2024. BENOIT TESSIER / AP

C’est toujours la même méthode. Sur la Nouvelle-Calédonie comme sur d’autres sujets, Emmanuel Macron, pressé depuis plusieurs mois d’« avancer », a adopté un modus operandi bien à lui pour voter la modification du corps électoral, contestée par les indépendantistes : se donner un délai de négociation pour les loyalistes et les indépendantistes ; leur fixer un délai pour parvenir à un accord, “avant fin juin” ; à défaut d’accord dans ce délai, se réapproprier le sujet pour trancher. « Passer par la force »dénoncent de nombreux experts de Nouvelle-Calédonie.

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Ces derniers alertent depuis plusieurs mois le chef de l’Etat, lui demandant de “donner du temps au temps”, en raison du climat éruptif qui règne sur l’archipel depuis le troisième référendum sur l’indépendance, organisé en décembre 2021. En vain. Tout comme il avait refusé à l’époque de reporter ce référendum comme le réclamaient certains indépendantistes, Emmanuel Macron refuse désormais d’accorder un nouveau délai pour le vote du projet de loi constitutionnelle modifiant le corps électoral du Caillou.

Officiellement à cause des prochaines élections provinciales, qui peuvent attendre jusqu’à l’automne 2025. Officieusement à cause des Jeux Olympiques… « La Nouvelle-Calédonie est un pays où il faut faire les choses lentement, ne pas entrer dans des phases brusques d’accélérationobserve Dominique Bussereau, ancien président de la mission parlementaire en Nouvelle-Calédonie. Il y a eu récemment une accélération qui aurait pu attendre jusqu’à l’automne. »

« Négocier avec un pistolet sur la tempe »

Le chantage au calendrier est quelque chose qui n’a jamais fonctionné » en Nouvelle-Calédonie, approuve Jean-François Merle, conseiller de Michel Rocard pour les territoires d’outre-mer lors de la négociation des accords de Matignon sur l’archipel en 1988. « Les non-indépendantistes, qui ont obtenu ce qu’ils voulaient avec le « dégel » de l’électorat, quel intérêt ont-ils à parvenir à un accord ? Aucun ! Et pour les séparatistes, cela s’appelle négocier avec un pistolet sur la tempe. Ce n’est pas une méthode ! »dénonce l’expert auprès de la Fondation Jean Jaurès.

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Emmanuel Macron utilise régulièrement cette stratégie de l’ultimatum. Lors de l’examen du projet de loi « immigration », qui a fait l’objet d’une motion de rejet à l’Assemblée nationale, le chef de l’État a décidé, le 12 décembre 2023, de renvoyer le texte en commission paritaire (CMP), en préférence à une nouvelle lecture dans chacune des deux chambres, au motif que le texte doit aboutir ” avant Noël “. Une manière de contraindre votre propre majorité profondément divisée.

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