polémiques autour d’Apajh, son président refuse de céder sa place et s’explique

polémiques autour d’Apajh, son président refuse de céder sa place et s’explique
polémiques autour d’Apajh, son président refuse de céder sa place et s’explique

Depuis l’été 2023, l’Association des adultes et jeunes handicapés de Charente-Maritime (Apajh 17) est dans la tourmente. Son directeur général, Christophe Le Nain, et son directeur administratif et financier, Frédéric Boubert, ont été licenciés. Apajh 17 a engagé une action en justice contre l’aménageur Reviah (Résidence d’Habitation Adaptée aux Personnes Handicapées) concernant le projet avorté du séminaire de L’Houmeau et le projet inachevé du bâtiment Eole à La Rochelle (lire « Sud Ouest » du 8 janvier).

Finalement, depuis plusieurs mois, et suite à un audit de l’Agence régionale de santé (ARS), l’association Transparence handicap 17 a été créée. Elle se présente à la présidence d’Apajh 17 (lire « Sud Ouest » du 20 avril). « Qu’est-ce que le projet Disability Transparency 17 ? », demande Olivier Divet. Ce dernier assure que l’association « met la pression sur le personnel et les familles. Ils ne dialoguent pas et ne viennent pas construire quelque chose. Cela mine le travail. Ils marquent le personnel qui se sent floué. Je ne quitte pas le navire. Si je n’y croyais plus, je ne serais pas là. Pas question de confier les clés de la maison à Transparence handicap 17. »

« Un excès de confiance »

Christophe Le Nain a demandé 650 000 euros d’indemnité de départ (1). Laurent Flament (2), le directeur de l’Agence régionale de santé de Charente-Maritime, s’est opposé à ce qu’Apajh 17 lui en verse une. Malgré tout, « il y a eu une négociation entre l’avocat de Christophe Le Nain et le nôtre. Ils ont accepté pour 250 000 euros. »

Olivier Divet est bien conscient de ne pas avoir respecté les consignes de l’ARS. Il explique : « Il faut avancer et tourner la page. Et qui vous dit qu’aux prud’hommes, Christophe Le Nain n’aurait pas obtenu plus de 250 000 euros ? Je reconnais mes erreurs et cet excès de confiance que j’avais dans le manager général. »

« Rôle d’activiste »

Un excès de confiance qu’il avait, selon lui, également auprès des dirigeants de Reviah. « Là aussi, j’avais une confiance stupide. C’est une erreur. Reviah m’a poussé à démarrer le projet de séminaire. La rupture a eu lieu en juin 2023, lorsque le conseil d’administration de l’association a refusé de leur verser la somme de 500 000 euros. Il fallait que ça s’arrête. Avec la crise, nous sommes arrivés à des loyers mensuels de 3 000 à 4 000 euros pour les appartements qui devaient être construits au séminaire. C’était complètement hors de propos. »

Concernant le chantier Eole également confié à Reviah et arrêté par Apajh, un expert judiciaire a été désigné par le tribunal judiciaire de La Rochelle. L’expertise devrait avoir lieu en juillet prochain.

Enfin, Olivier Divet reconnaît que son conseil d’administration est « fragilisé. Depuis plusieurs mois et jusqu’à la fin de cette année, nous sommes placés sous mandat de gestion de la Fédération Française d’Apajh. Une mesure qui pourrait bien perdurer. « L’Apajh 17 aspire à revenir sur le terrain et à ne plus se soucier des bâtiments et du personnel. Malgré tout, nous aurons toujours un pouvoir de décision. Notre rôle est un rôle activiste. »

(1) Nous n’avons pas pu contacter Christophe Le Nain.

(2) Suite à l’article publié le 13 mai sur le décès de la petite Iris Cattelliot, Laurent Flament a demandé le dossier médical de l’enfant à Apajh 17.

Quel avenir pour le bâtiment du séminaire ?

Le séminaire de L’Houmeau, précédemment occupé par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), devenu propriété de la Communauté urbaine de La Rochelle, a été vendu à Apajh 17 pour trois millions d’euros. Avec une condition de retour dans l’acte de vente si le projet Reviah ne se concrétise pas. Jeudi 16 mai, une rencontre a eu lieu entre le premier vice-président de l’Agglomération Antoine Grau, le maire de L’Houmeau Jean-Luc Algay et des avocats. « Le processus de reprise du bâtiment par l’Agglo est en cours », a assuré Jean-Luc Algay.
La communauté va donc acheter le séminaire à Apajh pour trois millions d’euros. « Il y avait une date limite pour commencer les travaux. Il n’était pas respecté. A ce jour, le montant des sanctions pour l’Apajh 17 est de 700 000 euros. Nous avons choisi de ne pas les appliquer », poursuit le maire de L’Houmeau. Apajh 17 n’aura à payer que les frais de notaire liés à la transaction. Ils s’élèveront à environ 30 000 euros lors de la signature de l’acte final, prévue en septembre prochain.
« C’est beaucoup de temps perdu et une grosse déception. Mais aussi beaucoup d’argent public dépensé, notamment pour les études payées à Reviah par Apajh (600 000 euros, NDLR). La responsabilité de cet échec est collective. Il y avait un manque de contrôle», conclut l’élu. Il assure que deux nouveaux porteurs de projet se sont déjà fait connaître pour reprendre le séminaire. Leur candidature sera étudiée en juin.

 
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