Connaissant un premier passage à vide après 15 ans de métier, Sophie Desmarais avoue avoir le vertige

Connaissant un premier passage à vide après 15 ans de métier, Sophie Desmarais avoue avoir le vertige
Connaissant un premier passage à vide après 15 ans de métier, Sophie Desmarais avoue avoir le vertige

Celle qui incarnait la mystérieuse Marie-Josée dans la série C’est comme ça que je t’aime mène une brillante carrière d’actrice depuis plus de 15 ans. Pour la première fois, ce printemps, elle s’est retrouvée face à presque rien. Si elle jouera un grand rôle sur les scènes du TNM l’hiver prochain, elle n’a aucun tournage à l’ordre du jour. Lors de notre rencontre, elle a parlé de l’angoisse du téléphone qui ne sonne pas, de son parcours et de sa vie de mère.

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Sophie, comment vas-tu ?

Je vais bien, et en même temps, je m’inquiète pour mon environnement qui se dégrade de plus en plus. Les productions ne reçoivent pratiquement plus de subventions et il faut rassembler des fonds pour pouvoir produire un spectacle ou une série. C’est inquiétant et triste pour notre bel environnement culturel. Des choses concrètes doivent se produire et nos élus doivent faire preuve d’une plus grande ouverture à la culture.

Parle-moi de la pièce Deux femmes en orqui sera présenté au TNM l’hiver prochain…

Nous avons eu le plaisir de la jouer une soixantaine de fois à La Licorne, et ce fut un grand succès. Le texte est une adaptation de Catherine Léger, et la mise en scène a été confiée à Philippe Lambert. J’ai été séduit par la pièce et je suis heureux de la jouer au TNM. Cette pièce est un pur bonheur : c’est drôle, c’est profond et c’est super féministe. J’adore faire du théâtre et ce sera ma quatrième fois au TNM. C’est une salle à la fois vertigineuse et magique pour les acteurs.

Sinon, qu’est-ce qui vous occupe ces jours-ci ?

Pas grand-chose, et c’est comme ça pour de nombreux acteurs en ce moment. C’est une période creuse, semble-t-il, car il y a de moins en moins de productions. Je suis quand même allé à la Berlinale l’hiver dernier pour présenter Comme le feu, le dernier film de Philippe Lesage qui sortira cet été. C’est un film vraiment étonnant avec d’excellentes performances de Noah Parker et Paul Ahmarani. Dans sa forme, c’est un excellent film, assez radical, dans lequel j’ai adoré jouer.

Quel personnage incarnez-vous là-bas ?

Je n’ai pas un très grand rôle, mais je suis présent tout au long de l’histoire. J’incarne une monteuse de cinéma, une femme discrète, très silencieuse et attentive.

Vous vous retrouvez sans rien pour le moment. Est-ce pénible pour vous ?

Oui, mais j’essaie de ne pas sombrer dans l’anxiété. Ne pas travailler laisse beaucoup de temps pour soi et cela donne le vertige. Mais heureusement, ma vie de famille et mon fils, qui a bientôt quatre ans, m’occupent beaucoup. Je suis excitée et j’apprécie mon rôle de mère. Qui me rend heureux. Sinon, je lis, je vois des amis, je regarde des films et je m’entraîne. Il est important pour moi de ne pas simplement entretenir une relation productive avec la vie. J’aime regarder les saisons défiler, mais le climat actuel dans notre communauté avec ces subventions qui n’arrivent pas est inquiétant. Or, nous vivons dans un grand pays qui a des moyens, mais nous devons remettre en question les choix sociaux que nous faisons.

Avez-vous déjà envisagé de faire un autre travail ?

Oui vraiment. J’y pense souvent, j’en fantasme même. Je me demande ce que je ferais. Je suis très passionnée par les parfums, mais je sais que les subventions dans ce domaine ne seront pas non plus une panacée. (rires) Tout ce qui concerne les arts olfactifs me fascine et me fascine. J’aime lire sur le sujet, cela m’intéresse beaucoup. J’aime découvrir de nouvelles choses liées à la parfumerie. Mais je ne me fais aucune illusion ; Je sais très bien que ce n’est pas le plan B idéal.

Vous avez quitté l’école de théâtre en 2007. Depuis, ça va plutôt bien pour vous, non ?

C’est vrai. J’ai eu de très bons rôles et je suis loin de m’en plaindre. J’ai également eu l’opportunité de travailler à l’étranger, mais pour une raison ou une autre, cela n’a pas fonctionné. Les conditions pour que ça arrive n’étaient pas toutes réunies, mais je me dis que si ça doit arriver un jour, ça arrivera. J’aurais adoré faire carrière à l’étranger, et en même temps, je n’y crois plus vraiment. Je me concentre sur ce que j’ai, pas sur ce que je n’ai pas. J’ai une très belle carrière ici, au Québec, et j’ai eu des rôles formidables qui m’ont permis de travailler dans différents registres. Je suis surtout fier d’avoir pu jouer en solo sur la scène du Théâtre Prospero. C’était percutant et enrichissant, et cela m’a permis de me solidifier en tant qu’interprète. Je suis également fier de mon rôle dans Jours heureux, de Chloé Robichaud. Ce film a nécessité un gros travail de préparation et a été le fruit d’une belle collaboration.

D’où est venue l’envie de devenir actrice ?

C’est arrivé tard. Je n’étais pas celui qui rêvait de devenir une star quand j’étais enfant. Je me souviens que je voulais vivre dans des mondes différents et imaginaires. J’étais enfant unique avec beaucoup d’imagination. J’ai passé beaucoup de temps dans ma tête. Ce métier est la manière la plus cohérente que mon âme et mon corps ont trouvé pour s’exprimer. Mais idéalement, j’aimerais trouver une autre façon de m’exprimer autrement qu’à travers mon travail. J’aimerais que ce soit quelque chose qui ne concerne que moi, et non que je vais proposer aux autres, et que cela me nourrirait de manière créative.

Quels souvenirs gardez-vous de vos débuts ?

Cela s’est passé si vite pour moi et j’ai eu beaucoup de chance dès la sortie de l’école. J’ai tout de suite commencé à travailler au cinéma et j’ai eu de superbes rôles de petits tannants. Je jouais sur des cordes différentes et j’avais ce côté fonceur, même si je suis très anxieux. J’ai confiance en ce que je fais et je pense que cela m’a toujours bien servi.

L’anxiété représente-t-elle un handicap pour vous dans votre travail et dans votre vie en général ?

Oui, cela arrive, mais heureusement pas tout le temps. La peur génère aussi du courage, donc cela m’aide. Mais si vous n’avez jamais peur avant de monter sur scène ou de jouer une grande scène, vous êtes peut-être un peu trop dépassé… Parfois, se rendre vulnérable et affaibli, c’est payant et c’est bon signe.

Parlez-moi de la fin de la grande série C’est comme ça que je t’aime

Je suis tellement triste que ce soit fini, car c’était un super groupe et j’ai pris beaucoup de plaisir à enfiler les costumes et à jouer avec les autres acteurs. J’ai un souvenir extraordinaire de tout ça, et j’ai vraiment de la chance que François Létourneau ait pensé à moi pour le rôle de Marie-Josée. La fin de ce personnage est magnifique, c’est un peu celle d’une héroïne tragique. Je suis vraiment heureux d’avoir joué ce personnage dans une si belle série.

Pour terminer, qu’est-ce que ça fait d’être maman pour vous ?

C’est fantastique! C’est le meilleur rôle de ma vie. Je ne savais pas à quoi m’attendre, et je ne savais même pas si c’était ce que je voulais vraiment. Mais je suis toujours agréablement surprise et je m’étonne chaque jour de cet immense degré d’amour et de joie que l’on peut éprouver en présence de son enfant. Cela me ramène aussi à mon enfant intérieur. Les moments passés à jouer avec mon fils sont extraordinaires !

La dernière saison de C’est comme ça que je t’aime est disponible sur Tou.tv Extra. Le film Comme le feu sortira en salles le 31 juillet. Deux femmes en or sera présenté au TNM du 19 au 23 février 2025. Info : tnm.qc.ca.

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