trois hauts responsables du régime syrien jugés aux assises de Paris

trois hauts responsables du régime syrien jugés aux assises de Paris
trois hauts responsables du régime syrien jugés aux assises de Paris

Des procès pour exactions du régime syrien ont déjà eu lieu ailleurs en Europe, notamment en Allemagne. Mais dans ces affaires, les personnes poursuivies étaient de rang inférieur, et présentes aux audiences.

Dans cette affaire, les trois hommes sont soupçonnés d’avoir joué un rôle, à des degrés divers, dans la disparition forcée et la mort de Mazzen Dabbagh et de son fils Patrick, deux Franco-Syriens résidant à Damas.

Les deux victimes, étudiante à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Damas née en 1993 pour le fils et conseillère pédagogique principale au Lycée français de Damas née en 1956 pour le père, ont été arrêtées en novembre 2013 par des policiers affirmant appartenir à les services de renseignement de l’armée de l’air syrienne.

– « Combattez pour la vérité » –

Selon le beau-frère de Mazzen Dabbagh, arrêté en même temps que lui mais relâché deux jours plus tard, les deux hommes ont été transférés à l’aéroport de Mezzeh, siège d’un lieu de détention dénoncé comme l’un des pires centres de torture du régime. .

Ils n’ont ensuite plus donné signe de vie jusqu’à ce qu’ils soient déclarés morts en août 2018. Selon les actes de décès transmis à la famille, Patrick est décédé le 21 janvier 2014 et Mazzen le 25 novembre 2017.

Dans leur arrêté de mise en examen, les juges d’instruction estiment “suffisamment établi” que les deux hommes “ont subi, comme des milliers de détenus au sein des renseignements de l’Armée de l’Air, des tortures d’une telle intensité qu’ils en sont morts”.

Coups à coups de barres de fer sur la plante des pieds, décharges électriques, violences sexuelles… Au cours des investigations, plusieurs dizaines de témoins – dont plusieurs déserteurs de l’armée syrienne et anciens détenus de Mezzeh – ont détaillé les détails aux enquêteurs français et à l’ONG Commission internationale pour Justice et Responsabilité (CIJA) sur la torture infligée en prison.

Au même moment, en juillet 2016, l’épouse et la fille de Mazzen Dabbagh ont été expulsées de leur maison de Damas, réquisitionnée par Abdel Salah Mahmoud. Des faits « susceptibles de constituer des crimes de guerre, d’extorsion et de recel d’extorsion », selon le parquet.

Pour Clémence Bectarte, avocate de plusieurs parties civiles, « tout cela contribue à un effort de lutte contre l’impunité des crimes du régime syrien, d’autant plus essentiel que ce combat pour la justice est aussi un combat pour la vérité ».

« On a tendance à oublier que les crimes du régime sont encore commis aujourd’hui », prévient l’avocat. Ce procès rappelle qu’« il ne faut en aucun cas normaliser les relations avec le régime de Bachar al-Assad ».

 
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