Nouvelle-Calédonie : Macron salue de « nets progrès », premières évacuations en vue – 21/05/2024 à 04:45

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Des véhicules incendiés gisent sur une route menant à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, le 20 mai 2024 (AFP / Théo Rouby)

Les premiers vols d’évacuation doivent avoir lieu mardi pour exfiltrer les touristes bloqués en Nouvelle-Calédonie, territoire français du Pacifique Sud toujours à l’arrêt après une semaine d’émeutes, malgré de « nets progrès » en matière de sécurité salués par Emmanuel Macron.

Huit jours après le début de cette explosion de violences en réaction à une réforme constitutionnelle décriée par les indépendantistes, l’exécutif a décidé de mobiliser les militaires “pour un temps” afin de “protéger les bâtiments publics” et de soulager les policiers et gendarmes, a indiqué le ministère. Élysée.

“Le retour au calme se poursuit sur l’ensemble du territoire”, a écrit le représentant de l’Etat en Nouvelle-Calédonie, le haut-commissaire Louis Le Franc, dans un communiqué publié mardi matin.

Mais Nouméa et ses environs ont continué d’être le théâtre d’affrontements et les barrages routiers se sont même élargis par endroits pendant la nuit, a constaté un journaliste de l’AFP, à qui plusieurs témoins ont fait état d’importantes détonations dans le quartier. par Tuband.

Six personnes ont été tuées depuis le début des violences, d’une ampleur inédite depuis près de 40 ans dans l’archipel océanien. Parmi les morts figurent deux gendarmes mobiles dont les restes ont été rapatriés en France par avion militaire lundi.

Alors que la fermeture de l’aéroport international de Nouméa aux vols commerciaux a été prolongée jusqu’à jeudi, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, qui tentent depuis plusieurs jours de rapatrier leurs centaines de ressortissants bloqués, ont annoncé mardi matin l’envoi de plusieurs vols pour les évacuer.

Le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères, Winston Peters, a indiqué que son gouvernement avait affrété un vol vers Nouméa, partant en fin de matinée pour rapatrier une cinquantaine de ses ressortissants, tandis que son homologue australienne Penny Wong a annoncé l’envoi dans la journée de deux avions qui va évacuer « les touristes australiens et autres ».

– « Erreur très grave » –

Malgré le déploiement massif des forces de sécurité intérieure, qui dépassent désormais les 2 700 hommes en Nouvelle-Calédonie, la situation reste « précaire », de l’aveu même des autorités.

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Un barrage routier à Nouméa, le 20 mai 2024 en Nouvelle-Calédonie (AFP / Théo Rouby)

Les principales figures non indépendantistes de l’archipel, réunies en conférence de presse à Nouméa, ont toutefois appelé à poursuivre l’examen du projet de loi constitutionnelle, qui doit être adopté au Congrès avant fin juin.

Son retrait serait « une erreur très grave » qui « donnerait raison aux voyous, aux pilleurs et aux émeutiers », a affirmé le député Renaissance de Nouvelle-Calédonie, Nicolas Metzdorf.

La présidente du groupe Rassemblement-LR au Congrès calédonien, Virginie Ruffenach, a déclaré que « le terrorisme ne doit pas gagner, la violence ne doit pas gagner ».

Alors que la crise menace de s’aggraver, les appels se sont multipliés, de la gauche à l’extrême droite, en passant par la majorité et même le maire loyaliste de Nouméa, pour exiger un report de cette réforme qui prévoit le dégel du corps électoral aux élections provinciales, cruciale dans l’archipel.

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Patrouille de police dans le quartier Magenta de Nouméa, Nouvelle-Calédonie, le 18 mai 2024 (AFP / Delphine Mayeur)

Ce dégel aurait pour conséquence de marginaliser les voix de la communauté autochtone kanak, dénoncent les indépendantistes.

A l’issue du troisième Conseil de défense organisé en moins d’une semaine, l’Elysée n’a toutefois pas évoqué la question de l’éventuelle prolongation de l’état d’urgence, en vigueur depuis mercredi.

Cette situation exceptionnelle ne peut être prolongée au-delà de 12 jours sans soumettre un texte au Parlement.

Alors que le spectre d’une pénurie de produits alimentaires et de médicaments plane sur la métropole de Nouméa, le Haut-Commissaire a assuré que 21 supermarchés ont rouvert “et sont en train d’être réapprovisionnés progressivement”.

– Encore une nuit agitée –

« Les opérations de déminage des routes se poursuivent », souligne également le communiqué. Mais la nuit était encore mouvementée : mardi matin, sur la voie express menant à l’aéroport international, l’entrepôt d’une entreprise de fournitures de bureau était en feu, dégageant une épaisse fumée noire.

Deux épaves de voitures entassées forment une barrière à 200 mètres, des jeunes hommes cagoulés filtrant le passage des voitures.

A Doumbéa, commune importante de l’agglomération, c’est le centre culturel qui a été saccagé. “Les jeunes voulaient tout brûler, nous avons réussi à les arrêter”, a déclaré à l’AFP un militant du CCAT.

type="image/webp">Une rue bloquée par des débris brûlés, dans le quartier Magenta, à Nouméa, le 18 mai 2024 en Nouvelle-Calédonie (AFP / Delphine Mayeur)
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Une rue bloquée par des débris brûlés, dans le quartier Magenta, à Nouméa, le 18 mai 2024 en Nouvelle-Calédonie (AFP / Delphine Mayeur)

Dimanche déjà, les autorités avaient annoncé une vaste opération de gendarmerie pour libérer l’axe stratégique d’une cinquantaine de kilomètres reliant Nouméa à l’aéroport de La Tontouta, mais les barrages routiers avaient à peine été « débloqués » et réinstallés par les indépendantistes.

La plupart sont « filtrants » et permettent le passage à toute heure de certains véhicules, dont les pompiers ou les ambulances, soutient la Cellule de coordination des actions sur le terrain (CCAT), un collectif indépendantiste accusé par l’État d’alimenter les violences mais qui affirme rester « dans une approche apaisée ». ».

type="image/webp">Un barrage routier dressé par des indépendantistes à La Tamoa, dépendante de la commune de Paita, le 19 mai 2024 en Nouvelle-Calédonie (AFP / Delphine Mayeur)
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Un barrage routier dressé par des indépendantistes à La Tamoa, dépendante de la commune de Paita, le 19 mai 2024 en Nouvelle-Calédonie (AFP / Delphine Mayeur)

Les mesures exceptionnelles d’état d’urgence sont maintenues, à savoir le couvre-feu entre 18h00 et 6h00 (9h00 et 21h00 à Paris), l’interdiction des rassemblements, du transport d’armes et de la vente d’alcool. et l’interdiction de l’application TikTok – dont l’interdiction sera contestée par les défenseurs des libertés devant le Conseil d’Etat mardi à 11h30

La Chambre de commerce et d’industrie (CCI) a appelé à “préserver le peu qui reste” de l’économie calédonienne, évoquant des “conséquences” économiques et sociales “déjà catastrophiques”.

Selon la CCI, 150 entreprises ont été « pillées et incendiées », et la zone industrielle de Ducos, « véritable cœur économique de la Nouvelle-Calédonie, est abandonnée à son sort ».

 
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