La Gironde doit casser sa tirelire pour éviter un drame sur ses ponts

La Gironde doit casser sa tirelire pour éviter un drame sur ses ponts
La Gironde doit casser sa tirelire pour éviter un drame sur ses ponts

Par

Nicolas Gosselin

Publié le

21 mai 2024 à 6h20

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Le pont du Rouergue à La Réole, le pont de Bonzac à Saint-Denis-de-Pile, le pont du Bois à Izon ou encore le pont de Langrane à Saint-Pey d’Armens… En quelques mois, tous ces oeuvres d’art en Gironde ont fait l’objectif d’un fermeture partielle ou définitive.

” NOTRE le patrimoine vieillit, plus en fin de vie qu’en début de cycle, reconnaît Martin Caplanne, chef du bureau des travaux d’ingénierie au Département. Les grandes opérations de réhabilitation, de réparation, voire de démolition-reconstruction auront tendance à se multiplier dans les années à venir. Ce n’est pas un secret. »

« Une douzaine de ponts sous vigilance renforcée »

Ce constat n’est pas spécifique à la Gironde. En 2019, la France comptait 25 000 ponts « en mauvais état structurel » et nécessitant des travaux, selon les conclusions de la mission sénatoriale d’information sur la sécurité des ponts.

L’effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn, quelques mois plus tard, a relancé le sujet. Il faut dire qu’en 2018, l’effondrement du viaduc autoroutier de Gênes, faisant 43 morts, avait déjà alerté l’opinion publique en France et suscité le lancement de cette mission d’information sénatoriale.

Jean Galand, vice-président du Département en charge de la mobilité, évoque « une dizaine de ponts en Gironde qui nécessitent une vigilance accrue ». “Et il y a six pour lesquels nous commencerons à travailler dès que possible »ajoute l’élu.

Un pont doit être démoli en 2025

Parmi eux, il y a notamment le pont du Rouergue et le pont de Bonzac, qui doivent être entièrement démolis en 2025 et reconstruits d’ici 2028. Pour ces deux ouvrages majeurs, Jean Galand estime le coût des travaux à environ 12 millions d’euros. Un investissement colossal.

Cela représente plus d’un quart du budget annuel de la direction départementale des infrastructures, chargée d’entretenir plus de 6 000 kilomètres de routes départementales, dont 390 kilomètres de pistes cyclables et 2 000 ouvrages d’art.

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Et ce n’est pas fini ! Les ouvrages construits dans la première moitié du siècle dernier n’étaient pas conçus pour supporter autant de trafic ni de tels tonnages. Sans compter que les matériaux subissent des conditions climatiques de plus en plus extrêmes avec le changement climatique.

Surveillance régulière

Régulièrement surveillés, ils sont classés et notés selon leur état pour prioriser ceux nécessitant des interventions d’urgence. «La priorisation est la grande difficulté, réagit Martin Caplanne. Nous essayons de combiner tout un tas d’éléments. Qu’il s’agisse de l’état de propreté de l’ouvrage, des contraintes d’exploitation, des contraintes environnementales. Et puis, on essaie aussi de combiner avec l’acceptation qu’on peut avoir sur le territoire. »

Autrement dit, les conséquences socio-économiques d’une fermeture de la circulation. « Pour l’instant, nous ne sommes pas encore confrontés à des discriminations sur le territoire. Nous ne reportons pas les travaux en raison de contraintes budgétaires. »

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