Dans les coulisses de l’Hôtel de Lauzun

Dans les coulisses de l’Hôtel de Lauzun
Dans les coulisses de l’Hôtel de Lauzun

Direction l’Île Saint-Louis cette semaine pour découvrir un petit joyau du patrimoine parisien. Construite au XVIIème siècle, elle a connu plusieurs vies et même plusieurs noms. Murielle Giordan nous fait visiter ce lieu incroyable qui a eu une vie très mouvementée.

C’est difficile d’imaginer ça la façade du 17 quai d’Anjou se cache un hôtel particulier classé Monument Historique. Aujourd’hui, il abrite l’Institut d’études avancées. “Ce sont des chercheurs en sciences humaines qui ont des bureaux et qui travaillent ici” précis Séverine Roseau, conférencière pour la mairie de Paris. Une partie de l’hôtel de Lauzun est encore accessible aux visites mais celles-ci sont plutôt rares.

Cet hôtel a une particularité. “Il a été construit entre quai et cour. Habituellement à Paris, les hôtels particuliers, qui étaient des maisons destinées aux familles et dont la taille dépendait de l’importance sociale de ces dernières, étaient situés entre cours et jardins. Sur l’Île Saint-Louis, les surfaces sont petites et donc ici, il n’y a pas de jardin**».

Avant de s’appeler Hôtel de Lauzun, le lieu s’appelait Hôtel de Pimodan. Charles Baudelaire s’y installe en 1843, à 22 ans. Il loue alors un modeste appartement au 3ème étage dans les combles. “Il n’y resta que 2 ans mais c’est néanmoins l’adresse où il vécut le plus longtemps. L’homme aimait beaucoup bouger, on comptait plus de 40 adresses différentess à Paris».

L’hôtel Lauzun est aussi appelé l’hôtel des hypothèses car c’est un hôtel sur lequel nous avons peu de certitudes. Il y a des pièces qui sont originales, d’autres qui ne le sont pas. L’intérieur est très brillant. Ça l’est vraiment un bijou dans une boîte mais avec une façade très classique». Ce qui est sûr, c’est qu’il avait plusieurs vies. “Le premier propriétaire qui a construit ce manoir s’appelait Charles Gruyn des Bordes, un homme très riche. Son souhait était d’avoir tous les attributs de la richesse mais sans que cela se voit». Le premier étage était réservé à son épouse. Dans notre podcast, Séverine nous décrit la chambre alcôve où madame recevait.

Mais c’est le nom du prochain propriétaire qui donne son nom à l’hôtel : Antonin Nompar de Caumont, flamboyant duc de Lauzun. Un noble connu pour son arrogance et ses multiples frasques qui aurait été l’époux secret de la Grande Mademoiselle, cousin germain de Louis XIV.

Dans les coulisses de l’Hôtel de Lauzun © Getty
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Charles Baudelaire, Flaubert, Théophile Gautier… se sont retrouvés ici. “Leurs réunions avaient probablement lieu au 2e étage. Un étage très décoré où nous avons des tableaux qui font parfois un peu peur qui a sans doute inspiré certains poèmes de Baudelaire».

Sous l’appartement de Baudelaire, celui de peintre Boissard. C’est chez ce dernier que le le club des haschischins. Lors de ces soirées, les membres consommaient une confiture verte composée de cannabis, de beurre rance, de pistaches et de miel. L’objectif? Pousser leurs esprits créatifs au plus haut niveau. “On suppose que Charles Baudelaire se serait inspiré de tous ces plafonds très chargés dans les pièces.».

Charles Baudelaire et Théophile Gautier organisaient soirées très animées. “Les voisins étaient très gênés par le bruit et la saleté qui résultaient de ces soirées. Il y a eu plusieurs plaintes».

L’hôtel Lauzun est connu pour sa rangée de pièces. “Ces derniers sont de plus en plus petits et s’emboîtent un peu comme des cubes emboîtables. Mais ce qui m’a le plus frappé la première fois, c’est la vue sur la Seine. On a l’impression d’être sur un bateau, c’est un lieu très imposant, un lieu rare».

En 1928, la ville de Paris acquiert cet hôtel et depuis, le lieu fait office deadresse exceptionnelle pour dîners officiels, concerts, tournages de films. L’Institut des hautes études de Paris s’y est installé en 2013.

 
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