Les Québécois insatisfaits de l’offre politique

Les Québécois insatisfaits de l’offre politique
Les Québécois insatisfaits de l’offre politique

Les chiffres ont peu changé dans le dernier sondage Léger du groupe Québecor sur la politique québécoise, presque tous les mouvements se situant dans la marge d’erreur. Ce manque de mouvement veut dire quelque chose : les Québécois semblent insatisfaits de l’offre politique actuelle.


Publié à 1h25

Mis à jour à 6h00

À plus de deux ans des prochaines élections, cela ne permet certes pas de tirer des conclusions définitives, mais deux choses semblent évidentes.

Le premier est le mécontentement à l’égard du gouvernement de François Legault et de la Coalition Avenir Québec (CAQ), pourtant réélu avec une majorité quasi historique en octobre 2022. Le gouvernement n’est pas resté inactif, mais ses solutions, comme les agences de santé ou de transport , ne semblent pas obtenir immédiatement le soutien des électeurs.

Parallèlement, les Québécois ne semblent voir aucune solution alternative capable de former un gouvernement stable et crédible dans l’offre politique actuelle.

C’est notamment le cas du Parti québécois (PQ), qui a pris la tête des intentions de vote en décembre dernier et qui, depuis, semble avoir plafonné et même légèrement reculé, même s’il demeure en première position.

Il y a deux problèmes que l’on peut remarquer : d’abord, le PQ semble incapable de faire bouger les choses sur son option. L’aiguille du vote souverainiste ne semble pas bouger avec un soutien d’environ 36 %.

Paul St-Pierre Plamondon continue de promettre un référendum pour le premier mandat d’un gouvernement péquiste, mais le soutien à son option ne parvient pas à croître.

Plus grave encore, le PQ semble incapable de profiter des difficultés de l’autre parti politique officiellement souverainiste, Québec solidaire (QS), qui se retrouve à 12 % au dernier sondage, à égalité avec le Parti conservateur.

Il faut dire que Paul St-Pierre Plamondon ne s’est pas aidé de sa sortie contre le gouvernement fédéral qui planifie ouvertement l’assimilation des Québécois, une déclaration qui n’obtient l’appui que de 30 % des électeurs. Bref, cela mobilise le PQ, mais cela n’a pas pour effet d’augmenter l’appui au PQ.

type="image/webp"> type="image/jpeg">>>

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES -

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon

Le gros avantage du PQ demeure ses 40 % des voix francophones, ce qui devrait lui donner une pluralité de sièges à l’Assemblée nationale si l’élection avait lieu maintenant.

Québec solidaire vit une crise interne qui pèse sur les intentions de vote. Les électeurs n’aiment pas les querelles et la crise actuelle porte atteinte à la crédibilité du parti lui-même.

Autre mauvaise nouvelle, QS n’obtient l’appui que de 11 % des électeurs de la région métropolitaine de Montréal, où se trouvent neuf de ses 12 députés, dont certains ne disposent pas de très fortes majorités.

Il est possible que cette baisse soit cyclique et que QS retrouve son niveau de support une fois sa crise résolue. Mais dans les circonstances, rien n’est sûr.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) connaît une possible amélioration avec deux points de plus que le mois dernier, mais il reste hors du jeu pour former le prochain gouvernement. Avec un lamentable 6 % des voix parmi les électeurs francophones, il ne reste plus que ses fiefs actuels dans l’ouest de l’île de Montréal.

La course à la direction du PLQ n’a pas encore vraiment commencé et les candidats ne se bousculent pas aux portes. Dans ce contexte, il est probable que la reconstruction du Parti libéral prendra du temps et durera plus d’un cycle électoral.

Ce qui nous amène à la CAQ, qui se retrouve avec 22 % des voix (en baisse de deux points depuis le mois dernier). Son pire score depuis sa première victoire électorale en 2018.

Si l’on se base sur la dernière élection d’octobre 2022, la CAQ a donc perdu près de la moitié de ses appuis.

Mais la grande question à laquelle devra faire face le gouvernement caquiste est essentiellement une question de générations.

Même si nous ne sommes pas encore à mi-mandat, il est clair que plusieurs piliers du gouvernement caquiste pourraient ne pas être candidats aux prochaines élections. Le ministre de l’Energie Pierre Fitzgibbon, 69 ans, a déjà indiqué qu’il ne serait pas candidat en 2026 et on ne sait pas encore s’il achèvera son mandat actuel.

Personne ne s’attend à ce que le ministre de la Santé, Christian Dubé, 67 ans, soit encore en lice. Le ministre des Finances, Éric Girard, à 57 ans, pourrait être tenté par un départ pour la politique fédérale.

François Legault a déjà affirmé que sa décision de rester ou de quitter la politique dépendra de deux facteurs : sa santé et si les Québécois veulent toujours de lui. Mais il devra aussi se demander s’il veut reconstruire son équipe.

Qu’en penses-tu ? Exprimez votre opinion

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

NEXT Pontarlier. Quelques idées de sorties dans le Haut-Doubs pour le week-end du 1er et 2 juin