Étréchy, le dernier village de France à faire la fête… les cocus ! – .

Étréchy, le dernier village de France à faire la fête… les cocus ! – .
Étréchy, le dernier village de France à faire la fête… les cocus ! – .

C’est le dernier village de France à maintenir cette tradition. Ce week-end, Étréchy (Essonne) fait la fête… les cocus. Un événement dont les racines nous ramènent au Moyen Âge avec des traces remontant au XVe siècle. Une histoire que Michel Petit, grand maître de la confrérie des cocus, connaît mieux que personne. Il fait partie de ceux qui ont relancé cette tradition séculaire en 1995. A travers une conférence tenue ce samedi matin, il est revenu sur les origines de l’événement.

Commençons par revenir aux racines du terme « cocu ». Il est dérivé du mot « cornard » et ne commencera à être utilisé qu’à partir du XVIIe siècle. Le nom fait référence aux cornes qui, encore aujourd’hui, ornent les casques des membres de la confrérie.

« Un cocu ne sait pas qu’il l’est. Mais tout le monde le sait. C’est pour cela qu’il porte des cornes sur la tête. Il ne les voit pas», raconte Michel Petit. Au Moyen Âge, un cocu était quelqu’un qui trichait et le mot avait une connotation positive. À partir du XVIIe siècle, le vent commence à tourner pour les cocus. L’Église voit d’un mauvais oeil ces fêtes célébrant un acte réprouvé par la morale catholique. Le théâtre les ridiculisa et le terme commença à acquérir le sens péjoratif qu’il a aujourd’hui. Richelieu, puis Louis XIV les bannissent.

La fête est terminée et les confréries disparaissent peu à peu. En 1909, seules trois communes persévèrent : Béthune (Pas-de-Calais), Saint-Sulpice-de-Favières et… Étréchy dans l’Essonne. La Première Guerre mondiale sonne le glas. A Étréchy, la confrérie est remplacée par un comité des fêtes. La fête des cocus devient tour à tour fête des fleurs, des moissons ou des hommes mariés dans l’entre-deux-guerres. Elle fait une timide réapparition en 1948.

Ce n’est qu’en 1995 qu’Étréchy relance sa soirée cocu. Michel Petit tombe alors sur une photo de son grand-père à la fête des hommes mariés. « Il a demandé aux anciens de la ville de quoi il s’agissait », raconte sa fille, Gwenola. Puis, avec un groupe d’amis, ils ont fait des recherches et ont relancé cette confrérie car ils trouvaient dommage que cette tradition tombe dans l’oubli. » En 1997, des femmes, appelées coquettes, sont admises pour la première fois. Quelques autres villages possèdent des confréries de cornards, comme Saint-Rome-de-Tarn, dans l’Aveyron, ou Beaumont, dans le Puy-de-Dôme.

L’entrée dans la confrérie, dont la devise est « Honni soit à ceux qui pensent mal », se fait par cooptation. « Il faut être un bon vivant, un épicurien », explique Michel Petit. Une vingtaine d’adhérents animeront les festivités de ce week-end avec ce dimanche, à 15h30, le départ de la gare du défilé, et la crémation à 17h du Grand Cocu au parc des expositions.

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV déviations au cœur du village
NEXT Pontarlier. Quelques idées de sorties dans le Haut-Doubs pour le week-end du 1er et 2 juin