La Cour des Miracles

La Cour des Miracles
La Cour des Miracles

Ce n’était pas très fiable.

Avec Internet, les écoutes sont mesurées précisément en « clics » et en « secondes » en temps réel, et presque tous les médias offrent désormais un aperçu des contenus les plus populaires dans une seule vitrine. Je crois comprendre qu’il s’agit d’une stratégie de rétention visant à ce qu’un lecteur de passage reste plus longtemps.

Vous pensez que je vais vous dire que je suis au dessus de tout ça, mais c’est tout le contraire. Cela m’obsède. Je ne pense pas particulièrement, quoique un peu, tout de même à mes chroniques, surtout pour m’étonner qu’un texte qui me semble très prometteur pour mes statistiques tombe parfois à plat, et, à l’inverse, qu’un article de mon cru un peu ordinaire se faufile dans le top 3.

Partout où je vais, je prends le temps de jeter un œil à la liste des chansons « tendances » du moment. Je ne fais pas cela tant pour les articles eux-mêmes que pour lire dans les pensées du lectorat. Regardez, l’autre jour, sur le site Soœil, un texte intitulé Il a filmé sous les jupes des employés de Simons sest longtemps resté au sommet des charts.

Que faut-il en déduire ?

Les Québécois sont chauvins, me disais-je, ils dévorent tout ce qui touche aux magasins Simons…

Tout cela pour arriver à deux fichiers de - qui ont fait un carton à la même époque, il y a quelques jours :

Qu’arrivera-t-il aux millions de baby-boomers ? (Ceci a également été discuté dans Globe et courrier.)

Sans épargne à 50 ans… que faire pour épargner sa retraite ?

Évidemment, j’ai fait des liens, car ce sont sans doute les mêmes désespérés qui ont dévoré ces textes.

Si vous n’avez rien épargné pour votre retraite à l’approche de la cinquantaine, c’est parce que vous n’aviez pas suffisamment de revenus pour épargner ou parce que vous avez vécu avec insouciance.

Pour les personnes les moins aisées, le niveau de vie devrait rester à peu près le même lors de la transition vers la retraite, le programme de la Sécurité de la vieillesse, avec la rente et le Supplément de revenu garanti, couplé à une petite prestation du Régime de rentes du Québec. Le Québec, remplace tous les revenus de la vie active.

C’est pour les personnes aisées qui maintiennent un rythme trop élevé depuis plusieurs décennies que cela s’annonce douloureux. Le mieux qui puisse leur arriver est qu’un gros héritage leur tombe dessus.

Je ne parierais pas là-dessus. Vous savez, les progrès de la médecine… Les baby-boomers ne sont pas aussi proches du cimetière qu’on le pense, surtout les couples. La probabilité que l’un des époux franchisse avec bonheur la barre des 90 ans est élevée, et c’est généralement au décès du 2ème parent que les enfants, eux-mêmes âgés, récupèrent le pécule… à condition que la succession soit encore remplie !

Imaginez la surprise d’hériter d’une maison avec une hypothèque inversée sur laquelle les intérêts courent depuis des années parce que les REER étaient épuisés il y a 15 ans ! C’est drôle, non ?

Si les anciens parents se séparent en cours de route pour se retrouver avec de nouveaux partenaires, cela brouille les cartes et les chances que la progéniture occupe une bonne place dans la vie se détériorent !

Et qu’en est-il des impôts ! On parle beaucoup du fait que l’impôt sur les gains en capital sera plus élevé, le taux d’inclusion passant de 50 % à 66,7 % sur les gains réalisés au-delà du seuil de 250 000 $ pour les particuliers. Le taux d’inclusion au REER est de 100 %. Au décès, il est présumé avoir été décaissé en une seule fois, ce qui signifie que la moitié, bien souvent, sera réclamée par le fisc.

Bref, à 50 ans, je ne fonderais pas mes projets de retraite sur un hypothétique héritage.

Et alors?

Peut-être faudra-t-il effectivement déployer un plan de rattrapage et redoubler d’efforts. L’article de - au sujet des quinquagénaires indique qu’en quinze ans, en épargnant près de 1 500 $ par mois dans un REER, on peut accumuler 400 000 $ avant 65 ans, ce qui lui permettra d’avoir un train de vie estimé à 40 000 $ par année, à la retraite.

Cela ne me dérange pas. Quelles sont les chances qu’une stratégie comme celle-ci fonctionne pour quelqu’un qui n’a jamais pratiqué l’épargne de sa vie ? C’est comme demander à quelqu’un qui n’a pas couru depuis son adolescence de terminer un semi-marathon en moins de 75 minutes demain matin.

Cela demandera des efforts prodigieux ou une chance incroyable. Bref, un petit miracle. Les gens aiment croire aux miracles…

***

La foi

En parlant de miracles, j’ai eu des discussions éclairantes avec certains d’entre vous à propos du documentaire Le dernier retournement dont je parlais jeudi. Le bon lecteur Louis-Charles, ancien investisseur immobilier, émet des réserves sur les réponses présentées dans le film pour résoudre la crise du logement. Il n’est pas contre, mais cela ne suffira pas, selon lui.

S’il existait des « solutions miracles » pour endiguer la crise, « cela se saurait », a-t-il déclaré. Entièrement d’accord!

Un miracle, pour moi, c’est un gars nommé Lazare qui revient d’entre les morts parce qu’un homme barbu appelé Jésus le lui ordonne. C’est aussi farfelu que de transformer une cigale en fourmi.

Quand des groupes de citoyens se mobilisent et consacrent des heures à faire aboutir des projets d’habitation, il n’y a pas de miracle, mais des convictions et beaucoup de travail.

Et la foi, un peu.

***

Précision

J’espère que vous avez jeté un oeil au documentaire en question, car il aura contribué à dissiper une malheureuse inexactitude que j’ai laissée dans ma chronique.

L’avocat membre d’une coopérative qui paie quelque 800 $ pour loger sa famille dans un grand appartement à Montréal, eh bien, il n’est pas associé chez Strikeman Elliott, mais un grano juriste de gauche qui travaille dans le milieu. Il ne vole l’espace à personne.

Les gros bonnets préfèrent des hôtels particuliers. Proche de leurs clients.

Cette chronique est en pause pendant une semaine.

Si vous souhaitez répondre à cette chronique, écrivez-nous à [email protected]. Certaines réponses pourront être publiées dans notre rubrique Opinions. Si vous souhaitez contacter directement notre chroniqueur, vous pouvez le faire à [email protected].

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV un insecte ravage la production de cerises
NEXT un insecte ravage la production de cerises