deux maires de Seine-et-Marne poursuivis pour détournement immobilier présumé

deux maires de Seine-et-Marne poursuivis pour détournement immobilier présumé
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Éditorial La République de Seine et Marne

Publié le

18 mai 2024 à 9h20

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Le procès fluvial ouvert lundi 13 mai dans le 11e chambre à coucher correctionnel du nouveau palais de justice de Paris. Cela devrait durer environ six semaines.

13 personnes et deux sociétés poursuivies

Depuis de nombreux accusés de cette affaire tentaculaire (qui concerne 13 personnes et deux entreprises), on retrouve les maires de deux communes de Seine-et-Marne, Jean-François Oneto (LR), pour Ozoir-la-Ferrière, et Sinclair Vouriot (DVD), pour Saint-Thibault-des-Vignes. Les deux élus sont respectivement âgés de 73 et 75 ans.

Un autre maire d’Île-de-France, celui de Montgeron (91), fait également partie des prévenus. L’ancien maire de Vigneux-sur-Seine (91), également poursuivi, est décédé entre-temps. Ils sont accusés, sur différents points, d’avoir profité de largesse d’un entrepreneur en construction et immobilier, Antonio de Sousa, 76 ans, chef de l’entreprise France-Pierre.

Jean-François Oneto, qui affirme « n’avoir rien à se reprocher », est soupçonné d’avoir bénéficié de la générosité de l’entrepreneur. Il aurait privilégié dans sa commune, en 2010, projets immobiliers dirigé par France Pierre, en échange de grosses sommes d’argent. Le parquet l’accuse également un travail fictif dans sa propre mairie.

Pour le maire de Saint-Thibault-des-Vignes, l’accusation porte sur travaux convenu par France-Pierre en son propre appartement. Ces accusations sont en partie réfutées par les deux élus.

Leur dossier, noyé dans plusieurs autres procès liés à cette affaire complexe, ne devrait être examiné par les juges que début juin, ce qui explique l’absence à l’audience des deux élus, représentés par leurs avocats.

Tracfin

L’ensemble de la procédure est né d’une enquête du Tracfin (service de renseignement rattaché au ministère de l’Économie et des Finances, chargé notamment de la lutte contre le blanchiment et la fraude financière), lancée en 2015. L’attention des enquêteurs s’est alors portée sur le mode de vieapparemment somptuaire, d’un haut fonctionnaireAlain Gardère.

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Ancien préfet de Marseille, puis chef de la sûreté des aéroports parisiens et chef du CNAPS (Conseil national des activités privées de sécurité), l’homme de 67 ans est aujourd’hui à la retraite. La longue enquête basée sur sa propre personnalité, notamment à travers des écoutes téléphoniques, a permis de mettre au jour un certain nombre de pratiques.

Jusqu’à présent, Jean-François Oneto jure qu’il “n’a rien à se reprocher”, dans l’affaire France Pierre ©Le Pays Briard

Petits cadeauxservices rendus, des pratiques immobilières douteusesl’affaire menée par Tracfin dépasse largement le seul cas de l’ancien préfet et a permis, en cercles concentriques, de révéler plusieurs affaires de corruption connexes.

Illustration de cette grande variété des affaires de corruption, les premières journées d’audience se sont concentrées sur l’examen d’une « affaire dans l’affaire » pour ainsi dire. Celui qui concernerait le rôle joué par l’ancien préfet dans la fourniture d’armes (5 pistolets) à la société de surveillance privée chargée d’assurer la protection des rescapés de la rédaction du Charlie Hebdoaprès les attentats de 2015.

La sécurité de Charlie Hebdo

Sur le banc des accusés, il y a en effet un ancien gouverneur militaire de la place de Paris, Général Dary, avec un passé prestigieux de légionnaire. À sa retraite, il devient responsable de la société de sécurité LPN (Legio Patria Nostra), chargée de la protection rapprochée des survivants du journal après Le massacre du 7 janvier 2015.

Au lendemain de l’attentat, le ministère de l’Intérieur ne voulait plus assurer cette mission : « Trop cher, trop lourd » comme l’expliquait au bar l’ancien légionnaire. Il ne veut pas non plus se donner les moyens d’assurer au moins cette mission en autorisant l’armement des agents de la LPN, tous anciens membres des troupes d’élite françaises. La LPN appelle donc à un renforcement du soutien au préfet Gardère et au général Dary, ancien frère d’armes. Comme l’a déploré l’accusé devant les juges : « Comment pourrions-nous prétendre mener notre mission sans armes, face à des gens armés de Kalachnikov ? ”

C’est ce cas de nécessité absolue, nécessitant un peu d’aide administrative de la part d’interlocuteurs bien placés, qui a été jugé dès les premières heures des débats pour corruption et abus d’autorité.

L’audience durera jusqu’au 20 juin.

Jean-François CALTOT

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