Locataire sans enfants uniquement | - – .

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« Jeune couple ou personne seule », « Personne seule ou couple sans enfants », « Cet appartement est trop petit pour vous », « Les enfants vont être gênants, ce n’est pas du béton ici ».

Voilà quelques-unes des réponses qu’a reçues Daphné Cyr lorsqu’elle cherchait un logement pour elle et ses deux enfants de 3 et 5 ans en garde partagée.

Après une séparation, la traductrice a déménagé à quelques reprises pour se retrouver dans un appartement de trois pièces et demie dans Hochelaga-Maisonneuve, où toute la famille dort dans le même lit. Comme ils sont exigus, elle recherche un logement plus grand.

Elle peut se permettre de payer jusqu’à 1 600 dollars de loyer mensuel, mais se heurte au refus des propriétaires d’accepter des enfants dans leurs appartements.

J’ai eu des dizaines de refus à cause des enfants. Les propriétaires ont tellement de demandes qu’ils ne répondent souvent pas lorsque je dis que j’ai des enfants. Ils ont le gros bout du bâton, ils peuvent refuser qui ils veulent, même si c’est illégal.

Daphné Cyr

Il est en effet discriminatoire de refuser la location d’un logement pour l’un des motifs prévus à la Charte québécoise des droits et libertés de la personne, notamment la race et la couleur, le sexe, l’orientation sexuelle, l’état civil, soit la situation familiale d’une personne (être célibataire , marié ou divorcé, ayant des enfants ou non), l’âge, la religion ou la condition sociale, c’est-à-dire la situation sociale d’une personne en raison de ses revenus, de sa profession ou de son niveau d’études (être étudiant, retraité ou chômeur par exemple), indique l’organisme Éducaloi.

“Aucune conséquence”

Mais certains propriétaires ne s’en cachent pas et précisent dans leurs publicités que les enfants ne sont pas les bienvenus.

« Je ne suis pas si désespéré. Nous avons un toit au-dessus de nos têtes. Mais je suis juste très en colère de voir des propriétaires qui font de la discrimination et qui savent qu’il n’y aura aucune conséquence», dénonce Daphné Cyr.

Le propriétaire d’un “petit” quatre et demi qui a lui-même indiqué dans une annonce rechercher “un couple ou une personne seule” nie toute discrimination.

«Le logement doit être adapté à la situation des personnes, être conscient de ce qui est préférable selon la taille du lieu», affirme ce propriétaire occupant d’un triplex à Verdun, qui a requis l’anonymat de peur d’être pris à partie. . « Je ne suis pas contre les enfants, j’en ai déjà eu dans mon logement. Et nous accueillons des personnes de toutes nationalités, sans discrimination. Nous entretenons bien nos logements et souhaitons que nos locataires soient à l’aise, afin que nous puissions entretenir de bonnes relations de voisinage avec eux. »

Une personne qui s’estime victime d’une discrimination peut déposer une plainte auprès de la Commission des droits de l’homme et des droits de la jeunesse.

Personne n’est à l’abri

La crise du logement qui sévit partout au Québec fait que tout locataire risque de perdre son toit et de rejoindre les hordes de personnes à la recherche d’un appartement, avec une inquiétude qui augmente avec le temps.

Les comités d’habitation voient chaque jour des dizaines d’histoires de ce genre dans différents quartiers de Montréal et dans toutes les régions du Québec.

Nous sommes tellement submergés par les expulsions que nous n’avons pas le temps d’aider tous les locataires, il y a trop de demandes.

Annie Lapalme, organisatrice communautaire de l’Entraide Logement Hochelaga-Maisonneuve et du Comité BAILS

« Nous sommes sous-financés », a-t-elle déclaré, « nous ne pouvons donc pas faire face au massacre. Et c’est de pire en pire chaque jour ! »

Au Comité d’action Parc-Extension (CAPE), le coordonnateur André Trépanier indique que les interventions ont augmenté de plus de 20 % cette année, par rapport à 2022-2023. Cette année, 40% des interventions concernaient les augmentations de loyer, 20% les différents types de demandes d’expulsion et 20% l’état du logement (la moitié des demandes de cette rubrique concernaient la présence de souris, de cafards ou de punaises de lit). lit).

Le CAPE a également du mal à répondre à tous les locataires : il a dû ajouter des chaises dans sa salle d’attente et de longues files se forment avant l’ouverture des bureaux.

Dans ce dossier, nous vous présentons des personnes qui se retrouvent dans de telles situations, et qui en souffrent de différentes manières.

 
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