Entre assistance et coercition, une page sombre de l’histoire suisse mise au grand jour

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Entre assistance et coercition, une page sombre de l’histoire suisse mise en lumière

Keystone/Photopress-Archiv/Str

Le Programme national de recherche « Assistance et coercition – passé, présent et futur » (PNR 76) vient de présenter ses conclusions à -. Réalisé entre 2018 et 2023, comprenant 29 projets de recherche et 150 scientifiques, le PNR 76 du Fonds national suisse (FNS) permet de revenir sur l’histoire de centaines de milliers de cas de violences institutionnelles manifestes pris sous prétexte d’assistance à le 20ème siècle. siècle.

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17 mai 2024 – 13h21

«Les mesures prises par les autorités à l’encontre des adultes et des mineurs – connues dans le public sous le nom de mesures coercitives à des fins d’assistance et de placement extrafamilial – ont été ordonnées avant 1981 dans le cadre des services de curatelle et de tutelle, sur la base des pratiques cantonales et en l’absence quasi totale de droits procéduraux », explique la présentation en ligne Lien externedu Programme National de Recherche « Assistance et coercition – passé, présent et futur ».

C’est le centre névralgique des recherches du PNR 76 : les mesures coercitives prises par les autorités d’assistance sociale à l’encontre des individus ont conduit à la violation de leurs droits fondamentaux.

Un héritage qui n’a pas totalement disparu du système social suisse, selon les conclusions du PNR. Aujourd’hui encore, le droit à la participation et à l’autodétermination des personnes vivant dans des conditions précaires ou souffrant d’un handicap n’est pas toujours garanti.

Des violences reconnues par la Confédération

La liste des violences infligées est longue : détentions abusives (par exemple, les autorités pourraient ordonner, sans procès ni droit de recours, l’internement de mineurs ou de majeurs dans des établissements fermés pour une durée indéterminée à des fins de rééducation par le travail) ; placements extra-familiaux (notamment mineurs issus de familles pauvres, orphelins ou nés hors mariage placés de force dans des institutions ou des familles, souvent paysannes) ; la violence physique, psychologique, médicale (comme le dépistage forcé des drogues) et sexuelle institutionnelle (par exemple, jusque dans les années 1970, les avortements et les stérilisations forcés étaient pratiqués pour des raisons sociales ou eugéniques) ; des cas de violences similaires (maltraitance, abus, discrimination, travail forcé) au sein de « familles d’accueil ».

Depuis les excuses du Conseil fédéral en avril 2013, les souffrances infligées aux victimes de ces actes sont reconnues, du moins pour celles qui les ont subies avant 1981. Un fonds d’indemnisation de 300 millions de francs a également été mis en place. pied par la Confédération.

Et, dotée d’un budget de 18 millions de francs, c’est la Confédération qui a confié au FNS en février 2017 la mission d’actualiser notre compréhension historique de cette tragédie (lire encadré en fin d’article).

Le projet Caregiver: soutien aux victimes de mesures coercitives à Berne

Le canton de Berne se distingue par le nombre élevé d’anciens enfants et de personnes ayant subi des mesures coercitives à des fins d’assistance.

Le Caregiver Project fournit une plateforme en ligne où les victimes de coercition peuvent obtenir de l’aide de personnes ayant vécu des expériences similaires, les aidant ainsi à gérer les défis émotionnels et pratiques de la vieillesse.

Écoutez l’émission SRF sur le projet Caregiver :

Discrimination temporelle : le cas des internements forcés après 1981

Samanta, une Tessinoise, témoigne au micro de la RSI (Radiotelevisione svizzera di lingua Italiana) de son histoire, des souffrances et des abus subis lors du placement forcé dans les années 90. Elle se bat pour que les autorités reconnaissent ce qu’elle a enduré.

En effet, la législation suisse exclut de toute indemnisation les victimes postérieures à 1981, car les placements forcés en Suisse ont pris fin « officiellement » cette année-là, conformément à la loi.

Voir le sujet RSI sur le cas de Samanta, placée de force dans les années 90 :

« Les Oubliés du Bonheur » : l’exposition sur les destins brisés des enfants pris en charge

Entre 2020 et 2021, l’exposition « Les oubliés du bonheur » au Musée rhétique de Coire jette une lumière crue sur ce sombre chapitre de l’histoire suisse. Le journal télévisé RTR (Radiotelevisiun Svizra Rumantscha) en a profité pour s’immerger dans cette exposition unique.

Voir le sujet du JT RTR sur l’exposition « Les Oubliés du Bonheur » :

Témoignages d’enfants placés

Avant 1981, en Suisse, quelque 100 000 enfants issus de la pauvreté étaient placés de force dans des familles ou des institutions. Ces dernières années, de plus en plus de victimes ont franchi le mur de la honte pour demander réparation. En 2014, SWI swissinfo.ch (SWI LINK) a recueilli quatre témoignages très éloquents sur la tragédie du placement forcé.

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Une voix pour les victimes de placement forcé en Suisse

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12 septembre 2014

Jusqu’en 1981, en Suisse, 100 000 enfants issus de la pauvreté étaient placés de force. De plus en plus de victimes demandent réparation.

Lire la suite Voix aux victimes de placement forcé en Suisse

Témoignages d’enfants placés

Avant 1981, en Suisse, quelque 100 000 enfants issus de la pauvreté étaient placés de force dans des familles ou des institutions. Ces dernières années, de plus en plus de victimes ont franchi le mur de la honte pour demander réparation. En 2014, SWI swissinfo.ch a recueilli quatre témoignages très éloquents sur le drame du placement forcé, à retrouver sur le site swissinfo.ch.

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Ceux qui ont préféré ne pas demander d’indemnisation

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03 avril 2018

Les autorités en attendaient entre 10 000 et 15 000. Chiffres basés sur des estimations, car il n’existe ni registres ni statistiques. Mais au 30 mars, seules 7 839 victimes de placements forcés avaient déposé une demande pour obtenir la contribution de solidaritéLien externe à laquelle elles ont droit, et qui sera…

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Vers la réhabilitation des « enfants esclaves » en Suisse

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09 avril 2013

« Je suis née sans père et ma mère m’a donné à ma grand-mère. A la mort de ma grand-mère, j’ai été placée chez les sœurs puis chez un paysan. Je devais traire les vaches avant d’aller à l’école et il me traitait durement. Je n’étais personne», dit Paul Stutzmann. Ce Fribourgeois de 72 ans…

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Enfances volées

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09 avril 2013

En 1944, son reportage sur le foyer pour garçons de Sonnenberg (Lucerne), publié dans «Die Nation», fit un tel scandale que le directeur fut ensuite reconnu coupable de mauvais traitements. (Paul Senn, FFV, Kunstmuseum Bern, Dép. GKS. © GKS.)

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Une famille (presque) comme les autres

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09 avril 2013

« Mon père était trafiquant de drogue et a passé près de la moitié de sa vie en prison ou en cavale, ma mère était en quelque sorte une droguée. Elle s’est rendu compte qu’elle n’était pas apte à élever ma sœur et moi et elle a décidé de demander à être placée en famille d’accueil.

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La souffrance des enfants placés de force

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28 février 2004

Ce qu’il a enduré – un travail éreintant, des violences physiques – a été le sort de dizaines de milliers d’enfants. « Le fait que personne ne m’ait jamais parlé était plus difficile à supporter que tous les coups que j’ai subis. Si je posais une question, je n’obtenais tout simplement pas de réponse”, confie Arthur Honegger à…

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