Dix ans plus tard, Wartin Pantois marque toujours le Québec

Dix ans plus tard, Wartin Pantois marque toujours le Québec
Dix ans plus tard, Wartin Pantois marque toujours le Québec

L’œuvre a été réalisée avec la complicité du Centre et du Collectif pour un Québec sans pauvreté. « Le collectif m’a contacté et nous avons une compréhension des valeurs ensemble. Ils m’ont donné l’idée d’une chute, qui est possible vers l’avenir si on laisse faire. Avec l’inflation des dernières années, plusieurs personnes, même celles qui ont un emploi, en sont réduites à fréquenter les banques alimentaires. Beaucoup n’arrivent pas à joindre les deux bouts et il y a la crise du logement », illustre Wartin Pantois dans un entretien à Le soleil.

“Je suis facilement touché par l’injustice et ce pour quoi le Collectif m’a approché, ce sont des questions que je me pose aussi.”

— L’artiste Wartin Pantois

Beauté éphémère

Sociologue de formation, l’artiste a décidé de représenter cette situation, ces différentes crises qui frappent notre société avec ce qu’il qualifie de scène quelque peu imaginaire et dystopique. « J’essaie de mettre un mélange de beauté, de tragédie et d’espoir dans mes œuvres. Ici, c’est une scène énigmatique, une chute collective qu’on ne décrypte pas tout de suite quand on la voit. On ne se rend pas immédiatement compte que ce sont des gens qui tombent», explique-t-il.

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Wartin Pantois dit apprécier la surprise qu’éprouve le passant en voyant son œuvre apparaître dans un paysage qu’il connaît. (Wartin Pantois)

Comme les autres œuvres de Wartin Pantois, il suffit de penser aux célèbres silhouettes de piétons et de cyclistes heurtés à mort par des automobiles, celle-ci est éphémère. « C’est fait à partir de papier et de colle à papier peint. S’il reste beau, il y restera tout l’été, mais si les éléments l’abîment, nous l’enlèverons d’abord. C’est très aléatoire avec mes travaux en extérieur, certains peuvent rester six mois, d’autres quelques semaines. Il faut donc aller les voir le plus tôt possible ! », dit-il.

Wartin Pantois avoue également apprécier la surprise qu’il réserve aux passants qui découvrent son œuvre soudain ajoutée à un paysage qu’ils connaissaient.

L’art engagé

Comme le Collectif pour un Québec sans pauvreté, Wartin Pantois dénonce l’inaction gouvernementale en matière d’inégalités sociales et de lutte contre la pauvreté qui mène à des revenus insuffisants et à l’érosion des services publics. Le message véhiculé par l’ouvrage est donc que la priorité du gouvernement devrait être de s’assurer que chacun ait un revenu suffisant pour couvrir ses besoins fondamentaux, que l’État québécois devrait prendre des mesures pour réduire les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres. pauvres plutôt que de contribuer à leur augmentation et que la lutte contre la pauvreté nécessite des services publics solides et accessibles.

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Wartin Pantois se réserve le droit de revenir sur des projets plus incisifs et plus spontanés, comme cette silhouette qui commémore la mort de Guy Blouin, un cycliste percuté par des policiers près du parvis de l’église Saint-Roch en septembre 2014. (Érick Labbé/Archives Le Soleil)

Célébrant, comme il le dit si bien, « une décennie d’intervention artistique clandestine dans l’espace public », Wartin Pantois indique également avoir trois autres projets en cours au Québec, après avoir également travaillé avec le collectif Agora sur la fresque qui orne le Garage municipal de La Canardière que le collectif souhaite voir devenir un centre autogéré.

Il souligne cependant qu’il se réserve aussi le droit de revenir sur des projets plus petits, plus spontanés et plus incisifs comme celui des silhouettes de cyclistes et de piétons dans Saint-Roch en 2016. « Les collaborations sont de beaux projets qui sont pourtant aa un peu plus de temps à développer et j’aimerais faire un clin d’œil à ce que je faisais à mes débuts », conclut l’artiste.

 
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