l’histoire intérieure de « Het conclaaf », l’émission qui réunit des dirigeants politiques le temps d’un week-end

l’histoire intérieure de « Het conclaaf », l’émission qui réunit des dirigeants politiques le temps d’un week-end
l’histoire intérieure de « Het conclaaf », l’émission qui réunit des dirigeants politiques le temps d’un week-end

On voit cohabiter et débattre Alexander De Croo (Open VLD), Bart De Wever (N-VA), Tom Van Grieken (Vlaams Belang), Petra De Sutter (Groen), Raoul Hedebouw (PTB/PVDA), Sammy Madhi (CD&V) et un Conner Rousseau (Vooruit) inattendu. Le tout est produit et (très) fortement scénarisé par le journaliste Eric Goens, celui-là même qui a mis en scène le coming out de Conner Rousseau sur sa bisexualité.

Les participants, visiblement tendus, ne semblent pas enthousiastes à l’idée d’entrer dans le château. Alexander De Croo et Tom Van Grieken s’y sentent particulièrement mal à l’aise. Heureusement pour le Premier ministre, son emploi du temps chargé lui permet de quitter les autres invités après seulement 3 heures d’enregistrement. Bart De Wever a emporté avec lui sa couverture de lion.

Tout au long de ce premier épisode, les élus s’envoient des petites piques, parfois cinglantes. Dans ce domaine, Bart De Wever manie l’humour et le cynisme comme aucun de ses concurrents. De quoi détendre souvent l’atmosphère, le temps d’un millième de seconde seulement… Les nombreux désaccords personnels montrent que certains d’entre eux auront du mal à rester longtemps autour d’une même table.

Il a conclu ©Eric Goens/VTM

Échange tendu entre De Wever et Van Grieken

Voir le socialiste Conner Rousseau, l’extrémiste Tom Van Grieken et le nationaliste Bart De Wever cuisiner ensemble a de quoi surprendre les francophones. Une telle scène serait inimaginable en Wallonie. Mais en Flandre, voir ces opposants politiques s’insulter ou divertir le public ensemble n’a rien de nouveau.

Dans le premier épisode, le journaliste Eric Goens réunit rapidement les deux hommes forts de la Flandre – De Wever et Van Grieken – dans l’un des salons. Selon les sondages, une alliance Belang-N-VA serait possible à l’issue des élections du 9 juin, alliance qui, selon les études, serait favorisée par 53% des électeurs du parti nationaliste. Fragile et pragmatique, Bart De Wever dévoile sa théorie. “Je ne crois pas à un scénario à la catalane où les Flamands décréteraient leur indépendance de manière révolutionnaire.affirme-t-il. Personne n’y croit, pas même Tom Van Grieken, car c’est absurde. Déclarerions-nous notre souveraineté, puis abandonnerions-nous Bruxelles et quitterions-nous l’Union européenne ? Ce serait de la folie !

Un autre passage marque les esprits lorsque Bart De Wever déclare qu’il serait ravi si le vote offrait une majorité absolue à la N-VA et à Belang, car « cela nous rendrait indispensables aux yeux des autres partis »avec qui il affirme déceler plus de points communs qu’avec Belang. « Mais les chances de conclure un accord de coalition avec Belang sont quasiment nulles ! Rien ne se passera !”.Quel cynisme ! » s’offusque de Tom Van Grieken, qui semble surpris par une telle franchise. “Non, rétorque le patron de la N-VA, c’est une stratégie politique tout à fait légitime de vouloir que personne ne puisse former une majorité en Flandre sans moi ! L’échange a le mérite de pousser les deux présidents de partis à développer leurs arguments. Dans ce dialogue sur le séparatisme, la stratégie de Bart De Wever semble plus étudiée et rationnelle que celle du Vlaams Belang. Mais surtout, les deux visions semblent incompatibles.

Het Conclaaf ©Eric Goens/VTM

Cette « émission télévisée » propose également un tête-à-tête tendu entre Alexandre De Croo et Bart De Wever. Cet échange, totalement inédit depuis 2019, montre à quel point il est difficile pour les deux hommes de respirer le même air. Le rejet est physique. Les deux hommes mettront d’ailleurs un terme à leurs échanges de peur de dire quelque chose qu’ils ne regretteront qu’après les élections.

Il a conclu on dirait une sorte de Histoire du loft une politique très éloignée des apparitions audiovisuelles auxquelles se livrent les hommes politiques français. Les présidents de partis francophones se retrouvent dans un juste milieu, avec quelques apparitions en pyjama ou une interview dans une attraction Walibi à des fins télévisées.

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV La Coordination rurale de Dordogne affiche ses nouvelles ambitions
NEXT le « Bus Prévention Santé » de la Région en tournée dans les lycées