Ottawa prêt à détruire Phénix après y avoir investi 4 milliards de dollars

Le gouvernement fédéral s’apprête à abandonner Phénix, le système de paie lancé en 2016 qui a coûté 4 milliards de dollars (G$) aux contribuables sans jamais parvenir à bien payer les fonctionnaires.

Salaires payés en retard, employés surpayés ou sous-payés, retraités en colère… aujourd’hui encore, plus de 300 000 transactions de paie sont en attente au gouvernement fédéral, dont 213 000 avec plus d’un an de retard.

Le début de la fin pour Phoenix s’est déroulé sans tambour ni trompette. À la page 409 du dernier budget fédéral, le gouvernement a annoncé 135 millions de dollars pour améliorer le système de paie et de poursuivre le travail sur une éventuelle solution de paie de nouvelle génération.

Alex Benay, le responsable fédéral responsable de ce dossier, explique que ce financement donnera un grand coup de pouce au développement du système nommé Force diurnequi serait appelée à remplacer Phénix d’ici quelques années.

Nous avons eu de très bonnes nouvelles, dans le sens où le gouvernement a confiance dans notre plan.dit-il en entrevue à Radio-Canada.

Alex Benay, sous-ministre délégué à Services publics et Approvisionnement Canada, est ravi d’avoir obtenu le feu vert pour procéder à la transition vers le nouveau système de paye.

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Après une série de tests système Force diurne conclu en février, le gouvernement s’appuiera désormais sur ce logiciel de gestion de la paie et des ressources humaines utilisé par 6 000 organisations, dont les gouvernements de l’Ontario et de la Californie.

La prudence reste de mise ; Personne à Ottawa ne veut une répétition du fiasco de Phénix, où le système a été lancé avant d’être prêt. Alex Benay insiste à plusieurs reprises sur le fait qu’il reste beaucoup de travail, de vérifications et de tests à effectuer avant de lancer le compte à rebours final pour la transition vers Force diurne.

Malgré tout, le gouvernement appuie sur l’accélérateur avec son nouveau projet de système de paie, lancé en 2018 et doté d’un financement annuel moyen de 25 millions de dollars.

La majorité des nouveaux financements de 135 millions sur un an est destinée à finaliser le développement de Force diurnequi devra payer 420 000 personnes toutes les deux semaines, pour des dépenses annuelles de 36 milliards de dollars.

Il ne s’agit plus à Ottawa d’essayer de réparer Phénix mais de le remplacer.

Il faut changer cette situation, et je dirais qu’il commence à y avoir de plus en plus de raisons de pouvoir et de vouloir faire un changement.

Une citation de Alex Benay, sous-ministre délégué de Services publics et Approvisionnement Canada

Les échecs de Phoenix

Ce haut fonctionnaire est impitoyable lorsqu’il décrit le système Phénix, qui est la cible de critiques de la part des responsables depuis ses débuts.

Salariés à temps partiel, nouveaux parents, fonctionnaires promus ou en changement de poste : tout le monde ou presque y a goûté.

: ils ont construit des systèmes et des outils autour de Phénix pour pouvoir payer les gens, pour que Phénix fonctionne, car l’outil qu’on leur a donné est déplorable », « texte » : « C’est sûr que la situation actuelle, ce n’est pas tenable à long terme terme. Nous avons des salariés qui travaillent dur chaque jour pour calculer la masse salariale : ils ont construit des systèmes et des outils autour de Phénix pour pouvoir payer les gens, pour que Phénix fonctionne, car l’outil qu’on leur a donné est déplorable”}}”>Il est certain que la situation actuelle n’est pas viable à long terme. Nous avons des salariés qui travaillent dur chaque jour pour calculer la masse salariale : ils ont construit des systèmes et des outils autour de Phénix pour pouvoir payer les gens, pour que Phénix fonctionne, car l’outil qu’on leur a donné est déplorabledit Alex Benay.

L’un des problèmes majeurs est que Phénix doit fonctionner en parallèle avec les systèmes de gestion des ressources humaines distincts d’une trentaine de ministères et organismes tout en tenant compte d’une centaine de conventions collectives.

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Des fonctionnaires manifestent devant les bureaux du Conseil du Trésor du Canada à Ottawa le 28 février 2018.

Photo : - Canadienne / Justin Tang

Cela nécessite donc un grand nombre d’agents de paie pour effectuer des calculs différents pour chaque service. Et lorsqu’un fonctionnaire change de ministère, s’ensuit une série de problèmes technologiques que Phénix peine à surmonter.

Avec le système Force diurnele gouvernement souhaite s’appuyer sur un outil unique qui s’occuperait non seulement de la paie des salariés mais qui gérerait également le dossier personnel de chaque fonctionnaire depuis son embauche jusqu’à sa retraite.

Nous n’avons pas l’intention de nous désintégrer [le système de paie et la gestion des ressources humaines] une deuxième fois et je fais la même erreurdit Alex Benay.

Aux innombrables problèmes du système Phénix, Alex Benay ajoute que ce logiciel deviendra obsolète à moyen terme, l’équipementier ayant déjà prévu de cesser de proposer des mises à jour d’ici dix ans.

Selon le ministère des Services publics et Approvisionnement Canada, Phénix a coûté initialement 300 millions de dollars, avec des dépenses supplémentaires de 3,5 milliards de dollars.

Alors que les problèmes de Phénix semblaient s’atténuer au début des années 2020, les retards dans le traitement des salaires ont rapidement recommencé.

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En attendant la transition vers un nouveau système de paie, le gouvernement souhaite utiliser les outils d’intelligence artificielle pour continuer à nettoyer les données Phénix et réduire le nombre de dossiers en retard.

L’objectif est aussi de faire en sorte qu’une fois abandonné Phénix, le nouveau système, qui aura été progressivement implanté dans différents ministères fédéraux, puisse décoller sans problèmes majeurs.

Si nécessaire, l’Alliance de la Fonction publique se dit prête à revoir certaines règles en matière de rémunération pour les uniformiser à l’échelle du système fédéral. Elle demande toutefois que les syndicats participent à l’élaboration du nouveau système et puissent le tester avant son déploiement.

Si les membres n’en souffrent pas, nous sommes prêts à coopérer pour mettre en place un système de paie qui fonctionne.» affirme Yvon Barrière, vice-président régional de l’AFPC Québec. Encore une fois, nous devons être certains que le système fonctionnera et qu’il ne désavantagera pas nos membres dans le cadre des conventions collectives.

Un autre syndicat d’employés fédéraux espère que le gouvernement a effectivement conservé leçons du passé quand viendra le temps de remplacer Phoenix.

Huit ans après la mise en place du système de paie Phénix au niveau fédéral, environ un tiers des salariés signalent encore des erreurs dans leur paie. Tant que les salariés continueront à éprouver des difficultés, le gouvernement devra continuer à leur offrir des compensations et des accommodements.» déclare Sean O’Reilly de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada.

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