Dans le Lot-et-Garonne, la colère des surveillants pénitentiaires

Dans le Lot-et-Garonne, la colère des surveillants pénitentiaires
Dans le Lot-et-Garonne, la colère des surveillants pénitentiaires

Hier dès 6 heures du matin, le personnel pénitentiaire des prisons d’Agen et d’Eysses s’est mobilisé pour honorer la mémoire des deux surveillants tués dans l’Eure.

Par temps maussade, entre deux croissants et un café, un sentiment de colère était présent devant la maison d’arrêt d’Agen hier matin. Au lendemain du décès de deux surveillants pénitentiaires dans l’Eure, suite à une extraction, une quarantaine de surveillants étaient présents devant la maison d’arrêt. « 95 % des surveillants de la prison d’Agen ont débrayé », a déclaré un syndicaliste.

Le Lot-et-Garonne s’est mobilisé. Outre ces deux décès, deux autres personnes se trouvent en urgence vitale et une est blessée à un orteil. « Après le massacre d’hier, par solidarité et soutien, l’Intersyndicale a décidé de mener une opération prison morte », constate le délégué syndical Force ouvrière. Bref, le personnel est resté dehors toute la journée. Seul le personnel médical a pu entrer dans la maison d’arrêt.

“Nous voulons plus de moyens”

Cette tuerie a mis une fois de plus en lumière les difficultés rencontrées par le monde carcéral. « Nous voulons plus de moyens, nous sommes une administration en souffrance. Il nous faut plus d’armes, de véhicules, une meilleure organisation en termes de ressources humaines, espère le délégué. Il faut arrêter les extractions inutiles, les visioconférences existent aussi.»

“On transporte les prisonniers dans des véhicules de livraison, ce n’est plus possible”, s’insurge David, gardien de prison de 38 ans. « Nous avons également besoin de véhicules banalisés. Là, autant mettre une cible sur le capot.

Demande de répondre également aux difficultés liées aux comportements de plus en plus violents des détenus. « Nous sommes confrontés à une violence décomplexée, de plus en plus forte. Désormais, ces gens sont sans foi ni loi et prêts à tout, même à massacrer des agents pendant leur mission.

Rencontrée dans le rassemblement, Sandrine, 53 ans, est membre des équipes locales de sécurité des prisons (ELSP) depuis 2020. Elle s’occupe notamment des extractions et des transferts de détenus, comme ses deux collègues tués en Normandie. « On se dit que ça aurait pu être nous. Et, chaque jour, on croise les doigts pour que ça ne nous arrive pas », raconte cette dernière. En mai 2023, j’ai moi aussi été confronté à un incident lors d’un transfert. Un prisonnier qui a tenté de s’évader C’est moins grave mais c’est significatif. C’est difficile aussi pour nos familles Depuis l’assassinat de nos confrères, ma fille de 15 ans ne s’est pas arrêtée. pleurer parce qu’elle a peur pour ses deux parents. Mon mari, son père, est aussi ELSP.

Du côté de la centrale d’Eysses, nous avons également investi la place de la prison. Les visages sont sérieux devant les portails fermés et bloqués par un feu de pneus et de palettes, autour desquels sont rassemblés tout le personnel de l’administration pénitentiaire du centre de détention. « Nous sommes tous touchés par ce drame », explique Karim El Hamdouchi, délégué syndical FO Justice.

« Toute la profession est aujourd’hui en deuil »

« Ce que nous ressentons, c’est avant tout de la tristesse pour les familles de nos collègues tués en service. La profession toute entière est aujourd’hui en deuil. Dans leurs yeux, on ressent une tragédie qui les touche tous, comme si chacun ressentait la perte d’un membre d’une famille nombreuse. « Ici, comme dans tous les centres de détention, nous manquons sérieusement de personnel. Les conditions de travail sont dégradées, les départs à la retraite ne sont pas compensés par les nouveaux arrivants. Nous sommes obligés de bricoler pour mener à bien nos missions.»

A 11 heures, une minute de silence a été observée devant les grilles fermées des deux établissements pénitentiaires du Lot-et-Garonnais. Le mouvement de contestation se renouvelle aujourd’hui.

Sur le côté

Du palais…

Le palais de justice d’Agen a suivi le mouvement de l’administration pénitentiaire après le décès de deux agents, mardi dans l’Eure. Peu avant 11 heures précises, les séances en cours ont été suspendues. Partie civile, avocats et magistrats se sont réunis dans la salle sans perte pour observer une minute de silence. Quelques instants auparavant, tout le monde parlait et les murmures donnaient l’impression d’une fourmilière. Quand le premier président de la cour d’appel d’Agen annonce le début de la minute. Tout le monde se suicide. En regardant dans le vide, l’émotion est palpable. Olivier Naboulet, procureur de la République, a offert son soutien aux victimes : « Émotion et soutien de la famille judiciaire : tandis qu’une minute de silence était observée, les chefs de tribunaux étaient aux côtés des personnels de l’administration pénitentiaire, dont un au centre de détention d’Eysses. , l’autre à l’École nationale d’administration pénitentiaire, alors que j’étais présent à la maison d’arrêt d’Agen, auprès du juge. l’exécution des peines à la charge de l’établissement.

 
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