Des surveillants pénitentiaires de Charente et de Charente-Maritime manifestent après l’attaque d’un fourgon pénitentiaire

Cela faisait 32 ans qu’il n’y avait pas eu d’attaque aussi sanglante contre un fourgon de prison en France. Ainsi la mort de deux agents mardi matin, dans l’attaque de leur véhicule par un commando armé, laisse le métier de gardien sous le choc. Ce mercredi matin, partout en France, des manifestations ont lieu dans les prisons centrales et les maisons d’arrêt. C’est le cas à Angoulême et à Saint-Martin-de-Ré.

«Nous sommes chroniquement en sous-effectif»

A la prison centrale de Saint-Martin-de-Ré, une quarantaine de gardiens sont rassemblés devant l’entrée du site pour exprimer sa tristesse et sa colère. Ludovic Lillo est le secrétaire local du syndicat FO Justice. Il témoigne : « Nous sommes abasourdis par cette nouvelle. Nos collègues ont été tués à bout portant, comme des chiens. Comment est-il possible que cela se produise dans notre pays ?

C’est aussi l’occasion de revendiquer davantage de moyens humains pour encadrer les détenus de la prison centrale de Saint-Martin-de-Ré. « L’insécurité augmente parce que nous manquons chroniquement de personnel, lance Ludovic Lillo, À Saint-Martin-de-Ré, Il manque 37 surveillants. À cela, il faut ajouter des rythmes de travail infernaux, des horaires décalés. Il témoigne que les 130 agents de l’équipe sont épuisés. Une minute de silence a été observée à 11 heures en hommage à leurs collègues tués et blessés.

Mardi en fin de matinée, deux policiers ont été tués lors d’une attaque contre une camionnette. Trois autres sont grièvement blessés. Cela s’est produit à la sortie du péage d’Incarville, dans l’Eure. Le prisonnier à bord s’est évadé. Depuis, la police le traque ainsi que ses complices.

Émotion à Angoulême

À Angoulême, une soixantaine de personnes rassemblées mercredi matin, devant les portes de la maison d’arrêt. Des agents de maîtrise en repos ou en congés, rejoints par des collègues retraités souhaitant exprimer leur solidarité. “J’ai vu les images de l’attaque sur les réseaux sociaux, j’ai pleuré, témoigne Laure Benoît, secrétaire locale de l’UFAP. C’est extrêmement choquant. Nous n’avons laissé aucune chance à nos collègues. Une telle violence est insupportable. »*

Une soixantaine de personnes mobilisées devant la maison d’arrêt d’Angoulême.
Cédric Raymond

A l’intérieur de la prison d’Angoulême, les activités des détenus ont été annulées pour la journée. En revanche, les parloirs avec les familles sont maintenus. Le préfet de Charente s’est rendu sur place pour assister à la minute de silence organisée à 11h

La députée RN Caroline Colombier s’est également rendue sur place. L’occasion pour les représentants du personnel de rappeler les difficultés quotidiennes. “En juin, nous aurons une dizaine de postes vacants sur une quarantaine”, calcule le secrétaire local adjoint de l’UFAP Jean-François Bel. Sachant que la prison accueille actuellement 220 détenus pour 190 places. « Nous opérons en permanence avec 20 ou 30 matelas au sol” déplore Jean-François Bel.

A la maison d’arrêt d’Angoulême, 20 à 30 matelas sont posés en permanence au sol dans les cellules, pour faire face à la surpopulation carcérale.
Cédric Raymond
 
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