en formation avec des Charentais ayant commis des délits environnementaux

en formation avec des Charentais ayant commis des délits environnementaux
en formation avec des Charentais ayant commis des délits environnementaux

Comme symbole, la pluie n’a pas lâché les repentants. Ce mardi 14 mai, Dame Nature a peut-être même voulu rendre la dizaine de délinquants environnementaux menés par le parquet d’Angoulême dans l’espace naturel protégé des Brandes de Soyaux, ancien site militaire autrefois confondu avec un déchetterie extérieure.

” Ça fait du bien “

Ce stage est une première. Plutôt qu’une amende de type 5, ces huit hommes – dont une femme – se sont vu proposer cette mesure inédite, fruit d’un accord entre la justice charentaise et plusieurs acteurs environnementaux de la région, l’Office français de la biodiversité (OFB), la Fédération charentaise de pêche. , le Conservatoire des Espaces Naturels (CEN), la gendarmerie et l’Association d’Enquête et de Médiation (AEM).

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Après trois heures théoriques du matin, les neuf coupables se sont retrouvés sur le parking du Mégarama de Garat. La sensibilisation est d’abord exhaustive. Discute de la « gestion des fougères », aborde la question de la « réouverture des étangs », entre deux digressions sur la présence d’« un coléoptère » ou « d’une quinzaine de libellules ».

On m’a demandé de le faire, je le fais…

Autant de points soulevés par l’animateur du CEN, Luc Pineau, et censés attiser l’esprit vert des coupables. Sans perdre de vue la multitude d’infractions possibles dans une zone protégée comme celle des Brandes : « Ici, on ne peut pas y aller en motocross », cite l’entraîneur en exemple, référence claire au va-et-vient destructeur des 4×4 sur le site. .

Son assemblée est au courant des infractions. Pêche de nuit et sans permis. Dépôts sauvages. Pollution agricole. Attaques d’espèces protégées : « L’infraction la plus grave sur ce parcours a été ce participant qui a ramassé un faucon mort pour en faire un piège de chasse », explique Mathieu Rhoné, chef de service à l’OFB Charente.

Le parcours se déroule dans les landes de Brandes. « J’avais peur que ce soit un peu ennuyeux mais au final ça fait du bien parce qu’on n’est pas toujours au courant des normes, du travail de ces gens qui protègent l’environnement », confie Joël Verneuil, heureux repenti. Cet ambulancier couronnenais condamné pour « dépôt d’ordures » entre son travail et son ancien lieu de vie le reconnaît aussi : « Ce stage (NDLR. Facturé 220 €) m’évite aussi de payer plus, entre 500 € et 600 € », il croit.


Luc Pineau travaille pour le Conservatoire des Espaces Naturels de Nouvelle-Aquitaine. Une de ses missions : « voir à quoi sert l’argent public » en cas de dégradation de l’environnement.

Quentin Petit

A ses côtés, « les délits [NDLR. Contraventions et délits] sont en grande partie le résultat de l’inattention et de la négligence. Thierry, passionné de pêche à la carpe, s’était garé trop près du rivage au lac du Mas Chaban. Trois agents de l’OFB n’ont pas manqué cela. « Comme tous les pêcheurs locaux se garent au même endroit, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’une caméra cachée », s’étonne encore ce quinquagénaire cognaçais qui parcourt le monde pour son travail.

Explosion des procédures en 2023

Pour expier les erreurs, le CEN a également jugé cela utile. Puisque les landes de Brandes sont encore jonchées de déchets, autant que les coupables continuent à les ramasser. La petite troupe le fait. Entre enthousiasme et lassitude. « On m’a demandé de le faire, je le fais… » grogne un participant. Un autre porte sous le coude une bouilloire en faïence. Tout le monde a participé. Mais deux absents seront de nouveau convoqués par la justice, n’ayant pas saisi la perche prolongée par cette mesure alternative.

La nature est notre mère. Si nous ne respectons pas notre mère, nous ne respectons plus grand-chose.

Cette prise de conscience fait partie de l’actualité. En Charente, les atteintes à l’environnement ont bondi : + 27 % en un an, 438 procédures judiciaires en 2023 contre 344 en 2022. « L’objectif est de sensibiliser à l’éthique », explique Mathieu Rhoné, de l’OFB Charente. « Cela signifie aux participants qu’il n’y a pas de petites violations. » Compte tenu de l’ampleur, ce cours est-il suffisant ? “C’est court mais on fait avec”, a également déclaré le manager. Un constat entendu par la gendarmerie, qui avait dépêché un de ses formateurs en environnement et maltraitance animale. Au quotidien, 20 enquêteurs militaires travaillent sur le dossier en Charente.


Mardi, la sanction infligée à ces neuf contrevenants était de ramasser les déchets. À terme, les délinquants condamnés à des établissements correctionnels pourraient également participer.

Quentin Petit

Fin de la collecte. Cinq questions théoriques sont posées par écrit. Son questionnaire revenu, Thierry en redemande et souhaite connaître les prochaines collectes bénévoles chez Brandes.

Jean-Paul, agriculteur de l’ouest charentais condamné pour avoir oublié une analyse de sol dans un de ses champs, philosophe : « La nature est notre mère. Si nous ne respectons pas notre mère, nous ne respectons plus grand-chose. Le problème, c’est l’homme. Tant qu’on ne lui fera pas comprendre, on finira par tuer notre mère… ». Au suivant.

Une spécificité régionale

Le vice-procureur d’Angoulême, Mathieu Auriol, a importé ce système qu’il avait contribué à créer cinq ans plus tôt en Charente-Maritime. Un dispositif innovant, dont l’OFB n’a connaissance qu’en Haute-Vienne, et qui a vocation à être pérennisé en Charente, à hauteur de deux à trois séances par an. Prochain cours à l’automne.

 
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