Ce rapport qui met en danger les « petites » maternités de l’Aveyron

Ce rapport qui met en danger les « petites » maternités de l’Aveyron
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l’essentiel
Un rapport de la Cour des comptes déplore les « mauvais résultats sanitaires » de la France en matière de périnatalité. Plusieurs pistes sont évoquées par l’institution afin de permettre une meilleure prise en charge dès le premier trimestre de la grossesse jusqu’à l’âge d’un an de l’enfant. Parmi ces recommandations, la fermeture des maternités qui réalisent moins de 1.000 accouchements par an, ce qui entraînerait un risque pour les patientes. Les sites de Villefranche-de-Rouergue, Millau et Saint-Affrique seraient donc concernés.

En mars 2023, un rapport de l’Académie de médecine préconisait déjà la fermeture de 111 des 452 maternités de France métropolitaine, soit 25 % des établissements, réalisant moins de 1 000 accouchements par an.

La Société française de médecine périnatale (SFMP) a jugé cette mesure essentielle pour améliorer la prise en charge et l’offre de soins. Il est impératif de repenser et de réorganiser notre système de soins périnatals, car aujourd’hui tous les indicateurs sont au rouge , avait prévenu la SFMP. Tout récemment, la Cour des comptes a rendu un nouveau rapport dans lequel l’institution rappelle mauvais résultats en matière de santé de France dans le domaine périnatal.

La France se situe au 22e rang sur 33 pays européens en termes de mortalité néonatale. Alors que la France occupait la deuxième place en 2012. Un constat inquiétant d’autant plus inquiétant que « les moyens consacrés à la politique périnatale sont toujours plus importants (9,3 milliards d’euros en 2021, en hausse de 9 % par rapport à 2016) » alors que “le taux de natalité est en baisse (-5,6% sur la même période)”.

Pour la Cour des comptes, les petites maternités sont considérées comme plus risquées pour les mères et leurs nourrissons. « Si le taux de mortalité néonatale français avait été identique à celui des meilleurs pays européens, près de 40 % des décès enregistrés en France entre 2015 et 2017 auraient pu être évités, soit 2 079 enfants. » estiment les auteurs du rapport.

Moins de 300 livraisons par an

De plus, depuis 1998 en effet, les maternités qui n’atteignent pas 300 accouchements par an ont dû cesser leur activité, « au regard des exigences de qualité et de sécurité des soins ». Mais une vingtaine de maternités s’écartent encore de ce seuil minimum de 300 accouchements annuels. En Aveyron, deux établissements sont particulièrement concernés : Saint-Affrique (169 livraisons en 2021 contre 239 en 2016) et Millau (286 en 2023 contre 266 en 2016), selon les données de l’Insee. Les maternités de Villefranche-de-Rouergue et de Rodez ont réalisé respectivement 356 accouchements en 2023 et 1 162 l’an dernier. A l’hôpital Jacques-Puel, en 2022, 1.267 accouchements ont été réalisés contre 1.325 en 2021 et 1.241 en 2020.

Une baisse importante qui peut être associée à une baisse de la natalité observée depuis plusieurs mois en France. Pour Pascal Mazet, aide-soignant au centre hospitalier de Decazeville, secrétaire départemental de la CGT Santé et conseiller régional PCF, ce nouveau rapport ne peut que susciter « des inquiétudes de plus en plus grandes pour les services publics qui sont régulièrement la cible de ce type de rapport ».

Il déplore encore la fermeture de la maternité de Decazeville en 2017, “tout ça pour économiser de l’argent”.

“Les seuils d’accouchement sont constamment relevés, il continue. Quelle est la prochaine étape ? En général, lorsque la Cour des comptes publie un rapport, les recommandations qui sont formulées inspirent nos décideurs.»

Avec « tous les risques que cela comporte pour la santé des femmes enceintes. On ne compte plus les naissances qui ont lieu dans les camions de pompiers, entre Rodez et Decazeville. C’est devenu quelque chose de banal », déplore Pascal Mazet.

Car, plusieurs études suggèrent «qu’un temps de transport prolongé peut entraîner un mauvais pronostic pour les femmes enceintes »et celui-là “Un temps de trajet supérieur à 30 minutes et une plus grande distance sont associés à de pires résultats pour le nouveau-né, comme cela a déjà été identifié dans d’autres études”. Justement, Benjamin Arnal, directeur de la branche départementale de l’Agence régionale de santé (ARS), a assuré que la maternité de Villefranche-de-Rouergue restait « à une distance significative de toute autre maternité. Il reste important de le préserver. Il en va de même pour l’hôpital central de Saint-Affrique et Millau pour lesquels nous souhaiterions qu’une maternité soit conservée.»

Les maternités de l’Aveyron doivent également faire face à des problèmes de personnel récurrents. Même si la direction de l’hôpital de Villefranche-de-Rouergue assurait récemment que « qu’avec le recrutement d’un médecin gynécologue-chef à temps plein, les services de maternité se sont redressés »et son avenir n’était donc plus en suspens, celui de Saint-Affrique, entre le 27 avril et le 8 mai 2023, a connu un épisode qui a laissé des traces : faute de personnel, l’établissement a refusé les livraisons.

 
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