Sauvez un lieu riche en histoire

Ceci pour vous faire savoir que je suis totalement en désaccord avec la démolition prochaine du Moulin Gosselin, situé au 3156, route des Rivières, à Saint-Étienne-de-Lauzon. Les raisons sont multiples. Tout d’abord, il m’est inconcevable qu’un tel bâtiment historique, même s’il est déclassé au patrimoine depuis 2013, soit démoli. Elle est riche en histoire, ayant appartenu à l’illustre peintre lévisien Albert Rousseau.

Un lieu riche en histoire

Preuve de l’intérêt artistique, patrimonial et historique de cette scierie, elle fut transformée, au début des années 1970, en moulin d’art par Albert Rousseau, célèbre peintre de la région. C’est ce qu’on apprend dans un guide diffusé à Radio-Canada il y a à peine un an, le 7 avril 2023, dans le cadre de l’exposition d’une quarantaine d’œuvres de l’artiste au 2e étage de la salle qui porte son nom.

Ainsi, on apprend également, dans ce segment du bulletin d’information, que ce peintre, grand voyageur, avait utilisé plusieurs médiums au cours de sa prolifique carrière, de l’aquarelle à l’acrylique, en passant par le crayon chinois et la peinture. avec de l’huile; chacun y avait contribué en pouvant illustrer et démocratiser nos paysages locaux. On entend même son fils, Yves Rousseau, mentionner que « son père cherchait le meilleur moyen de transmettre ses émotions (à travers son art) », et que « peindre, pour lui, était sa façon de respirer ».

On souligne également qu’il fait partie des pionniers qui, tout au long de sa vie, ont cherché à rendre la pratique artistique accessible au public. Comment laisser mourir, en le démolissant bêtement, l’édifice qui fut le catalyseur d’une bonne partie de l’énergie créatrice de ce grand peintre ? Cela est absolument contraire à toute logique. N’avons-nous aucun respect pour l’histoire au Québec? Est-il nécessaire de retirer toute valeur à l’histoire en effaçant les traces des réalisations de ceux qui nous ont précédés ?

Il n’est pourtant pas si difficile de voir, dans le Moulin Gosselin, un fort potentiel de partage des connaissances historiques et artistiques, alors qu’il pourrait facilement être rénové, avec l’aide de subventions du ministère de la Culture et des Communications, ou encore des commandites du particuliers dans le secteur de la construction. Pour que le tout devienne réalité, il suffit que la vision des projets futurs dont il pourrait faire l’objet soit partagée le plus largement possible. C’est ce dont je vous parle, quelques paragraphes ci-dessous.

Il existe également plusieurs sites ou bâtiments historiques dans la région de Chaudière-Appalaches qui ont connu une seconde vie, ce qui a permis de sensibiliser la population sur de nombreux sujets historiques et sociologiques. Pensons simplement au lieu historique national de la Grosse-Île-et-le-Mémorial-des-Irlandais.

Comité de relance du site de Grosse-Île et du Mémorial des Irlandais par Parcs Canada

C’est d’ailleurs inspiré par mon père, qui faisait partie il y a quelques années d’un comité de relance et de promotion du patrimoine historique de ce site, que j’ai décidé de vous présenter brièvement l’un des projets potentiels que je vois pour le relance du Moulin Gosselin.

En effet, mon père, Claude J. Roberge, a fait partie d’un comité visant à faire revivre ce lieu historique, avec la regrettée historienne Marianna O’Gallagher, à qui l’on doit les démarches pour l’aménagement du Mémorial de la Grosse-île par Parcs Canada. Elle fut aussi, de son vivant, l’historienne considérée, au Canada et à l’étranger, comme la personne de référence pour tout ce qui touche à l’histoire de l’immigration irlandaise au Québec, et fut nommée chevalier de l’Ordre national du Québec en 1998, la plus haute distinction décernée. par le gouvernement du Québec.

Comment reconvertir le Moulin Gosselin ?

Bref, tout comme le Mémorial-des-Irlandais connaît une seconde vie, le Moulin Gosselin pourrait facilement redevenir un lieu de création pour les artistes de la région, mais aussi un centre d’interprétation historique, au sein duquel les historiens pourraient travailler. de l’art, mais aussi des comédiens, qui retraceront l’histoire familiale du peintre lévisien Albert Rousseau.

Il y a beaucoup à dire sur ce pionnier de l’art. Il y aurait aussi la possibilité de transformer l’une de ses sections en théâtre, en invitant des auteurs et metteurs en scène québécois à monter une pièce sur la vie de l’artiste, toujours dans le respect des membres de la famille encore en vie, dit-on. sans rien dire. Pourquoi ne pas créer un prix, décerné par un jury composé de gens de théâtre et d’artistes de la région, pour la meilleure pièce ainsi créée ?

Il serait également possible d’offrir des cours d’aquarelle, d’acrylique, de crayon chinois ou de peinture à l’huile, en sollicitant les talents d’artistes peintres de la région, avec l’accord et le soutien des membres toujours vivants de la famille Rousseau. Rappelons d’ailleurs que bien d’autres lieux au Québec ont été créés afin de promouvoir des événements historiques liés à certaines époques, comme le Village québécois d’antan, le site historique de Val-Jalbert, à la Maison Alphonse-Desjardins ou encore au Musée de la Petite Maison blanche, à Chicoutimi, pour n’en citer que quelques-uns.

S’il vous plaît, restons fiers de notre histoire, au Québec, qu’elle concerne l’art, la résilience aux catastrophes naturelles, comme nous le rappelle la fière petite Maison Blanche de Chicoutimi, ou encore une époque industrielle révolue, comme l’industrie manufacturière. pâtes et papiers, au coeur du village de Val-Jalbert, au début du XXe siècle. Rendons hommage à notre chère devise québécoise, je me souviens, qui, en 2024 et depuis plusieurs années, perd malheureusement trop souvent son sens…

Si sauver ces infrastructures vous tient à cœur, rendez-vous sur www.leslignesbougent.org, et recherchez la pétition Opposition à la démolition du Moulin Gosselinà Saint-Étienne-de-Lauzon, où a vécu le peintre Albert Rousseau.

Geneviève Riel-Roberge
Originaire de Charny, quartier où j’ai vécu 25 ans

 
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