Tous les enseignants pourront s’exprimer sur une plateforme web

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L’audit du service de l’enseignement obligatoire de langue française a été confié à la société vaudoise Move UP. Les entretiens individuels débutent ce mardi.

Sylvie Bonvin-Sansonnens et Michel Perriard (au fond à droite), accompagnés de Raphaël Laub et Julien Bocquet de Move UP, ont présenté les grandes lignes de l’audit. © Jean-Baptiste Morel

Sylvie Bonvin-Sansonnens et Michel Perriard (au fond à droite), accompagnés de Raphaël Laub et Julien Bocquet de Move UP, ont présenté les grandes lignes de l’audit. © Jean-Baptiste Morel

Publié le 13/05/2024

Temps de lecture estimé : 4 minutes

L’audit du Service d’enseignement obligatoire de langue française (SEnOF), demandé dans un mandat, débute cette semaine avec les premiers entretiens. La société vaudoise Move UP a été choisie pour réaliser cette analyse. L’étendue, les modalités et le planning de l’audit ont été présentés lundi à la direction de l’école, à l’inspection, puis aux médias fribourgeois. Comme le souhaite le Grand Conseil, cette étude portera sur l’organisation du service, les éventuels cas de harcèlement ainsi que les mesures pédagogiques et leur impact.

« Je vois cet audit comme une chance à saisir, une opportunité de bénéficier d’un regard extérieur sur notre organisation »
Sylvie Bonvin Sansonnens

Dans leur mandat, les députés ont soulevé des soupçons d’abus d’autorité, de harcèlement moral et de conflits d’intérêts au sein du SEnOF. « Ce sont des accusations graves », a relevé la directrice de la Formation et des Affaires culturelles (DFAC), Sylvie Bonvin-Sansonnens. La virulence de ces propos avait poussé le Conseil d’Etat à lancer un audit avant même la décision du Grand Conseil. Le débat du mois de mars a permis d’en définir les contours et d’inclure dans l’analyse l’impact des politiques éducatives mises en place par la direction du SEnOF. “Je vois cet audit comme une chance à saisir, une opportunité de bénéficier d’un regard extérieur sur notre organisation”, a déclaré le conseiller d’Etat. Cet exercice devrait permettre d’améliorer et de résoudre différents problèmes, à condition qu’ils soient confirmés sur le terrain.»

Anonymat garanti

Le Conseil d’État a choisi une société externe pour éviter tout risque de collusion et garantir l’impartialité et la confidentialité de cet audit. Le rapport des auditeurs sera anonymisé. «Nous avons préparé une autorisation générale de témoigner avec une dispense générale du secret de fonction, pour que chacun puisse s’exprimer librement devant les auditeurs», explique Michel Perriard, secrétaire général du DFAC.

Conformément aux vœux du Grand Conseil, un grand nombre de personnes pourront s’exprimer. Tous les salariés du SEnOF, y compris ceux ayant quitté l’entreprise au cours des cinq dernières années, seront invités à remplir un questionnaire sur une plateforme web. Cela représente plus de 4 000 personnes, dont un grand nombre d’enseignants. Pour les auditeurs, c’est un défi. « En raison du nombre, il n’y aura pas de questions complètement ouvertes. Mais nous envisageons différentes options, avec des échelles d’évaluation ou des menus déroulants », explique Julien Bocquet, consultant de la société Move UP en charge de l’audit.

Coprésidente de la Société éducative fribourgeoise francophone (SPFF), Raphaëlle Giossi salue cette volonté d’inclure tous les enseignants : « Nous sommes satisfaits qu’il s’agisse d’une plateforme web où les données seront anonymisées. En revanche, il aurait été intéressant que les associations puissent participer à l’élaboration du questionnaire.

Entretiens individuels

Les personnes touchées par des situations de harcèlement peuvent demander un entretien individuel. Les auditeurs prévoyaient de rencontrer une centaine de personnes au total. Quelque 70 entretiens individuels ou collectifs sont déjà prévus. Le conseiller d’Etat, son prédécesseur Jean-Pierre Siggen, les membres du secrétariat général du DFAC, l’équipe de direction du SEnOF, tous les directeurs de CO et les inspecteurs scolaires seront entendus. Une quinzaine de professeurs seront également reçus par les auditeurs. «La désignation se fera avec la participation des syndicats et de Formation Fribourg», précise Michel Perriard.

Dans un courrier envoyé la semaine dernière, le Syndicat des Services Publics, la Fédération des Associations du Personnel de la Fonction Publique (FEDE) et Formation Fribourg ont demandé qu’une délégation de leurs adhérents soit entendue. « Je suis ravi d’apprendre que nous aurons l’opportunité de proposer des noms. Il est important que les partenaires sociaux soient impliqués, réagit Raphaëlle Giossi. D’une manière générale, les associations encouragent fortement les enseignants à participer. C’est une manière de renouer une collaboration sereine et harmonieuse.

« Les répondants pourront évaluer les mesures pédagogiques, estimer leur efficacité et indiquer l’impact sur leur charge de travail »
Julien Bocquet

L’audit s’est structuré autour de trois axes : l’organisation du SEnOF, les situations possibles de harcèlement et les mesures pédagogiques. Concernant le premier point, l’entreprise basera son analyse sur des entretiens et des documents. La plateforme web sera plutôt destinée aux deux autres questions. « Les répondants pourront évaluer les mesures pédagogiques, estimer leur efficacité et indiquer l’impact sur leur charge de travail », relate Julien Bocquet.

Rapport en novembre

Des entretiens programmés seront menés entre mai et juin. La plateforme web sera ouverte du 10 juin au 14 juillet. Des entretiens supplémentaires liés au harcèlement auront lieu jusqu’en septembre. Le rapport final, qui contiendra une série de recommandations, est attendu en novembre. « Le Conseil d’État appréciera ensuite si des mesures doivent être prises », précise Sylvie Bonvin-Sansonnens. Concernant la communication, « la tournure prise par cette enquête va rendre la transparence obligatoire », poursuit-elle. Le coût de cet audit est estimé à un peu moins de 200’000 francs.

 
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