Quand c’est la famille d’accueil qui demande de l’aide

Quand c’est la famille d’accueil qui demande de l’aide
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L’entretien était prévu avant que la protection de la jeunesse ne lance son appel la semaine dernière. Elle recherche au moins 55 familles d’accueil. Maxime et Dominique (noms fictifs) ont hésité, mais ont quand même décidé de se rencontrer Le Quotidien.

Il y a beaucoup de frères et sœurs dans cette maison. Outre les enfants biologiques, elle accueille deux jeunes sous la protection de la DPJ. Le premier pour six ans et le second pour quatre ans. Dans les deux cas, il s’agit d’un placement jusqu’à la majorité. « Depuis que c’est jusqu’à 18 ans, on a moins de services », soupire Dominique, qui en sait quelque chose.

A la tête d’une famille d’accueil pendant 18 ans, ses parents ont également accueilli des enfants de la DPJ tout au long de sa jeunesse. « Avant, il y avait un intervenant affecté au jeune et un à la famille. Répondre aux besoins des parents et de leurs enfants biologiques. Quand j’étais adolescent, je me souviens que des gens me rencontraient pour savoir comment j’allais. Comment j’ai vu la situation.

Ce n’est pas du tout le cas à l’heure actuelle, malgré la multiplication des crises. Car comme dans une famille traditionnelle, les enfants grandissent, les événements s’enchaînent et même s’ils sont positifs, les jeunes se désorganisent et les affrontements sont grands. « Nos enfants biologiques ne sont jamais pris en compte et pourtant ils sont témoins et victimes de violences psychologiques et physiques. Ils ont peur», exprime Dominique.

« Avant, les jeunes restaient avec nous six mois, un an, puis ils partaient. C’étaient de belles histoires. Succès. Aujourd’hui, ce n’est plus comme ça. Ils sont plus défavorisés, sortis beaucoup trop tard de leur environnement tant les listes d’attente sont longues. L’orateur n’a plus le temps et il y a beaucoup de turnover. Il a aussi moins de temps à consacrer aux parents biologiques qui se démobilisent.

— Dominique, chef de famille d’accueil depuis 18 ans

À l’Association démocratique des ressources pour l’enfance du Québec (ADREQ), le syndicat qui représente les familles d’accueil, la présidente régionale Karine Tremblay comprend ce sentiment d’impuissance. Pour la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean ainsi que Chibougamau–Chapais, on compte 420 membres.

« Oui, ce n’est pas facile. C’est un travail parce qu’il faut appeler ça un travail. C’est 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Nous sommes comme des travailleurs autonomes affiliés au Centre jeunesse.

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Tout devient une bagarre avec la protection de la jeunesse, témoigne la famille. (Jeannot Lévesque/Archives Le Quotidien)

L’idée d’avoir un soignant pour la famille est impossible, répond Mme Tremblay. « Nous avons déjà du mal à trouver une assistante sociale pour les enfants pris en charge. Mais la famille peut s’adresser au CLSC ou s’adresser au privé si ses enfants biologiques ressentent ce besoin.

Dominique et Maxime comprennent, mais soulignent qu’il est ironique de devoir protéger ses propres enfants de la violence à la maison causée par un jeune du Centre jeunesse. « La solution qu’on nous propose lorsque c’est trop intense est de faire sortir tout le monde de la maison sauf un parent et de les laisser mettre fin à leur crise. Pendant ce temps, nous ne pouvons pas le toucher, le tenir ou essayer de le calmer. Une situation qui se répète souvent depuis quelques temps.

Besoin d’une pause

Maxime hésite à se confier, même sous couvert d’anonymat. « L’idée est de ne frapper personne à la tête. Nous comprenons qu’ils soient débordés, mais ce que nous avons à dire doit aller au sommet. Il faut que ça revienne à Caroline Gaudreault [directrice de la DPJ régionale].»

Et quel est le message ? “Nous avons besoin d’aide. Nous avons besoin de répit à certains moments car si nous sommes épuisés et à bout de nerfs nous ne pourrons pas aider le jeune que nous accueillons. Il y a quelques semaines, nous sommes arrivés au bout du rouleau et avons demandé de l’aide. La réponse que nous avons reçue a été d’envoyer le formulaire pour déplacer le jeune ailleurs. Ce n’est vraiment pas ce que nous voulons. Nous n’en avons jamais parlé.

Il y a Lac Pouce qui peut accueillir les jeunes à certains moments, selon la situation familiale. Ensuite, l’enfant ne peut pas dormir ailleurs, à moins d’avoir l’autorisation du Centre jeunesse. « C’est comme si nous n’avions pas le droit d’être fatigués. Avoir envie d’une pause. Pourtant, c’est normal, même avec nos enfants biologiques, nous avons parfois besoin d’une pause.

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« Nous n’avons pas le droit d’être fatigués. Avoir envie d’une pause. Pourtant c’est normal», déplore Dominique. (Michelle Boulay/Archives La Tribune)

La présidente régionale de l’ADREQ, Karine Tremblay, convient que c’est difficile pour les familles et que plusieurs sont épuisées. « Le répit que les parents peuvent avoir est un tuteur compétent. Ainsi, une personne choisit qui peut venir l’aider à la maison, mais cette personne est souvent difficile à trouver. C’est un gros engagement.

Elle constate que les familles sont fatiguées. “Ce n’est pas facile. Dans l’enfance, il y a beaucoup de va-et-vient pour ces jeunes et avec nos enfants biologiques impliqués dans cela, nous entrons dans beaucoup d’émotions.

Dominique le répète. « Nous ne voulons pas décourager les gens, mais nous voulons qu’ils comprennent dans quoi ils s’embarquent. C’est vraiment un gros défi à différents niveaux. Oui, nous nous occupons de l’enfant au quotidien, nous l’intégrons dans notre famille, mais en même temps nous n’avons pas d’attributs parentaux, dans le sens où nous nous occupons de lui, mais ne pouvons prendre aucune décision. Pour vous faire couper les cheveux, vous devez avoir l’autorisation de votre parent biologique.

 
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