Vanlife séduit la classe moyenne suisse – rts.ch

Vanlife séduit la classe moyenne suisse – rts.ch
Vanlife séduit la classe moyenne suisse – rts.ch

Depuis le Covid, le nombre de camionnettes a explosé sur les routes suisses, avec des enjeux commerciaux pour les vendeurs et les communes. L’esprit vanlife séduit de plus en plus les classes moyennes, qui disposent de plusieurs solutions pour en bénéficier, sans forcément payer seule la totalité de la facture.

Comme chaque week-end, Nicole, Yannick et leur fille de trois ans se préparent pour un voyage en van. Le couple n’a pas hésité à débourser 62’000 francs pour acheter un véhicule assez grand pour toute la famille. Mais cette mise de départ importante est ensuite compensée par des frais de déplacement assez modestes : 50 francs par jour pour trois, nourriture et essence comprises.

« On prend l’autoroute, on sort au hasard et on va se reposer, dormir ici et là. On ne sait pas où on ira juste après. C’est extraordinaire», s’enthousiasme Nicole mardi dans l’émission Basik.

On prend l’autoroute, on sort au hasard et on va dormir ici et là, sans savoir où on ira ensuite. C’est extraordinaire

Nicole, maman qui part tous les week-ends en van

>> Regardez aussi le sujet A Bon Entendeur sur les consignes pour des vacances en van réussies :

Vanlife : les consignes pour des vacances réussies / La parole aux sages / 32 min. / 7 juin 2022

Une vraie entreprise

Aujourd’hui, la vanlife, cet idéal de voyage spontané au plus près de la nature, n’est plus réservée à quelques esprits aventuriers. Elle séduit de nombreux travailleurs des classes moyennes et elle est aussi devenue un véritable business.

Bantam, numéro un des véhicules de loisirs en Suisse, vend chaque année plusieurs centaines de fourgons. Depuis le Covid, ses ventes ont bondi de 20 %.

Nous vous proposons tout le confort d’un camping-car au format van.

Dan Wankmüller, directeur général de Bantam

Le modèle le plus populaire coûte 63’000 francs. Pour ce prix, il est équipé d’un lit double, d’une salle de bain avec douche et WC, d’un coin cuisine avec plaques à gaz et réfrigérateur et même d’un petit salon pour quatre personnes.

« On sent que les gens recherchent encore une certaine indépendance, une liberté, une soif d’aventure, mais ils ne veulent plus tirer un trait sur le confort comme à l’époque. Nous avons donc tout le confort d’un camping-car, mais au format van », explique Dan Wankmüller, directeur général de Bantam.

Louer plutôt qu’acheter ou être copropriétaire

Pour pouvoir s’offrir le van de leurs rêves, certains le proposent à la location pendant les périodes où ils ne l’utilisent pas eux-mêmes. D’autres tentent l’expérience de la copropriété. C’est la formule originale imaginée par Van-it-up, une petite société de location de van.

Selon sa fondatrice Pauline Musy, la copropriété a tout pour séduire. « Les prix des véhicules neufs sont extrêmement élevés, sans compter l’entretien. Alors on s’est dit qu’il pourrait être intéressant de partager les coûts. Ce sont des méthodes qui existent déjà avec des appartements ou des chalets de vacances, alors pourquoi pas avec des vans ?

L’avantage de voyager en van, c’est de pouvoir s’arrêter où l’on veut, rester aussi longtemps que l’on veut et partir vers de nouvelles aventures. [Unsplash – Tobias Tullius]

Problèmes pour les municipalités

À partir de 2020, le Covid et ses restrictions sanitaires ont entraîné une augmentation spectaculaire du tourisme en van. Cette arrivée massive de visiteurs d’un type particulier a posé des problèmes aux communes censées les accueillir. « On a vu du camping sauvage, du stationnement dans certaines zones interdites, des conflits d’usage avec les populations locales et parfois même des vidanges illégales », explique Cédric Paillard, directeur de Vallée de Joux Tourisme. Dans de nombreuses communes suisses, des panneaux d’interdiction sont apparus un peu partout.

Le Parc Naturel Régional du Jura Vaudois, qui regroupe les trois communes de la Vallée de Joux, a tenté une autre approche. En 2022, elle a lancé un étude sur le caravaning. L’objectif : mieux canaliser le phénomène, en privilégiant la collaboration avec les propriétaires de vans.

La Vallée de Joux c’est aussi investi dans les infrastructures. Il a permis de créer 150 places de stationnement supplémentaires à faible coût. Pour huit francs par adulte, taxe de séjour comprise, vous pourrez passer la nuit dans des paysages de carte postale comme la forêt du Risoud ou les bords du lac de Joux. Il existe également un point de vidange, disponible gratuitement toute l’année, qui vous permet d’évacuer vos eaux usées dans le respect de l’environnement.

« Ce ne sont pas les huit francs collectés par nuit qui permettront aux communes de couvrir tous ces frais », explique Cédric Paillard. “Mais il finance quand même une partie des investissements.”

Bénéfices économiques

Et puis les amateurs de vanlife dépensent aussi en touristes. « Cela reste relativement modeste par rapport aux personnes qui séjourneraient dans un hôtel ou un appartement de vacances. Mais ce sont encore des gens qui vont le matin à la piscine ou à la boulangerie pour acheter leurs croissants. Cela génère donc encore un petit revenu économique pour la région», indique encore Cédric Paillard.

Preuve que la vanlife peut être un mode de vacances gagnant-gagnant, pour ceux qui l’accueillent comme pour ceux qui le pratiquent. A condition que chacun fasse sa part.

>> Pour aller plus loin, lisez également : Les chiffres du boom du camping-car en Suisse sont impressionnants

Alain Orange/juma

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV La classe préparatoire Arcades s’expose à l’espace Icare
NEXT L’exposition lumineuse de Lucie Bazzo – .