A 17 ans, ils rénovent un meuble du XVIIe siècle, portrait de deux apprentis ébénistes en Dordogne

A 17 ans, ils rénovent un meuble du XVIIe siècle, portrait de deux apprentis ébénistes en Dordogne
A 17 ans, ils rénovent un meuble du XVIIe siècle, portrait de deux apprentis ébénistes en Dordogne

Rénover six meubles du château de Bourdeilles : le défi a été relevé par des apprentis ébénistes du lycée Porte d’Aquitaine à Thiviers. Après cinq mois de travail, les onze lycéens ont présenté le résultat de leurs efforts ce lundi 13 mai devant les élus du département. La mission des jeunes était de rafraîchir ces coffres et armoires d’époque tout en veillant à ce que leur authenticité soit préservée.

À 17 ans, Gaëtan et Timothée reçoivent entre les mains un prie-Dieu du XVIIe siècle. Face au résultat, le binôme se souvient de ces longues heures de travail. « Quand on voit d’où on a commencé et le résultat, on peut être fier ! Si le métier d’ébéniste représente une large palette de métiers, celui des restaurateurs de patrimoine reste une niche. En Dordogne, le lycée de la Porte d’Aquitaine est le seul lycée professionnel qualifié dans ce domaine.

“C’est très difficile de se faire une place dans ce domaine”

C’est très difficile de se faire une place dans ce domaine. soutient Patrick Noble, le formateur qui a supervisé leur travail. « Il faut s’intéresser à l’histoire du meuble ou s’intéresser à l’histoire de l’art, à l’histoire de France ! Avant de se lancer dans le secteur professionnel, Gaëtan n’avait pas vraiment le profil d’un étudiant « académique ». » J’avais souvent la tête dans la lune, mais avec des résultats moyens car je ne m’impliquais pas vraiment.”, confie le garçon aux boucles. Mais le savoir-faire d’ébéniste était pour lui un moyen de développer le goût des choses concrètes.

Idem pour Timothée, jusqu’à cette rencontre lors de son stage de 3ème année. « J’ai découvert Patrick Gallo, tourneur sur bois qui m’a transmis ma passion pour le bois. Et là, je suis rentré à la maison et j’ai dit à mes parents que je voulais travailler dans ce métier-là. Même si ses parents ont exprimé des doutes, le grand gaillard ne s’est pas laissé décourager. « Je leur ai expliqué qu’il y a une pénurie d’ébénistes, qu’on peut très bien gagner sa vie si on y arrive. »

Les photos prises par les deux adolescents dans leur atelier du lycée avant la rénovation du prie-Dieu. © Radio-France
Timothé Deleplancque

Leur professeur Patrick Noble le confirme. « C’est un métier qui peut bien gagner, à partir du moment où on sait travailler. C’est-à-dire à partir du moment où vous êtes capable d’apporter des solutions techniques aux clients tout en restant dans les règles de l’art. C’est très reconnu et c’est très recherché. Comprendre la structure du bois, les techniques de fabrication d’antan, insiste le formateur, “c’est une base fondamentale” de rénover ce meuble comme il se doit.

le prie-Dieu avant la rénovation en janvier et le prie-Dieu après, une fois ramené au Château de Bourdeilles. © Radio-France
Salomé Pineda

A quatre mains sur le prie-Dieu, l’enjeu était de se mettre d’accord pour les deux adolescents. “Oui, il y en a un qui a dit, c’est original, l’autre qui a dit non, c’est rejeté après», sourient les garçons. Si Gaëtan, amoureux des rocailles du temps de Louis la conception de meubles sur mesure. « Des meubles avec mon nom dessus, le rêve ! » Autant d’ambitions possibles, une fois qu’ils ont obtenu leur diplôme d’artisanat.

 
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