Les traumatismes causés par les navires et les engins de pêche pourraient avoir des séquelles à long terme sur les rorquals

Les traumatismes causés par les navires et les engins de pêche pourraient avoir des séquelles à long terme sur les rorquals
Les traumatismes causés par les navires et les engins de pêche pourraient avoir des séquelles à long terme sur les rorquals

Ce contenu est produit par l’Université Laval.

Les baleines ayant subi un traumatisme physique résultant d’une collision avec un navire ou d’un enchevêtrement dans des engins de pêche auraient par la suite plus de difficulté à maintenir une bonne condition physique générale. C’est ce que suggère une étude présentée dans le cadre du congrès de l’Acfas par Anik Boileau, doctorante dans l’équipe du professeur Jamie Ahloy-Dallaire, au Département des sciences animales de l’Université Laval.

L’étudiant-chercheur, qui est également directeur du Centre d’éducation et de recherche de Sept-Îles (CERSI), arrive à cette conclusion après avoir étudié le lien entre la présence de lésions cutanées et la condition physique générale de 50 rorquals communs. et 50 baleines à bosse du golfe du Saint-Laurent. Ses travaux s’appuient sur l’analyse de 6 400 photographies de ces baleines prises entre 2016 et 2020.

« Grâce à ces photos, nous avons pu déterminer la présence et l’importance de quatre types de lésions cutanées sur chacune de ces baleines », explique le doctorant. Premièrement, les lésions associées à des maladies d’origine virale, bactériologique ou fongique. Ensuite, des lésions causées par des parasites, comme les lamproies et les requins féroces, ou par des épibiontes, des organismes comme les diatomées ou les balanes qui utilisent les baleines comme substrat. Enfin, les lésions résultant de blessures causées par les activités humaines ou par d’autres espèces animales.

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Les cicatrices laissées par les attaques d’orques sont visibles sur le bord de la nageoire caudale de cette baleine à bosse. De plus, les deux extrémités de sa nageoire sont recouvertes de petits crustacés appelés balanes. (Cersi/Fourni par l’Université Laval)

Ces photos ont également servi à mesurer ce qu’Anik Boileau appelle « l’état de la chair » des baleines. « C’est un indicateur de la santé physique générale d’une baleine qui reflète l’état de ses réserves nutritionnelles », explique-t-elle. Chaque baleine a reçu un score pouvant aller de 0, pour les baleines émaciées, à un score de 4, pour les baleines ayant une condition physique optimale.

La doctorante a découvert qu’environ 50 % des baleines de son échantillon portaient des cicatrices attribuables à des collisions avec un navire ou à un enchevêtrement dans des engins de pêche. « Nos analyses ont révélé qu’il existe une forte corrélation entre la présence de ces cicatrices et l’état de la chair des baleines », résume-t-elle. Les baleines qui ont subi des blessures plus importantes sont plus susceptibles d’être émaciées, même une fois que ces blessures sont bien cicatrisées. Il se pourrait que ce traumatisme physique ait provoqué un stress chronique qui empêche les baleines de maintenir une condition physique optimale.

Les lésions cutanées des rorquals sont un des éléments que le doctorant prendra en compte dans l’élaboration d’un indice général de santé et de bien-être de ces cétacés. Cet indice intégrera également la condition corporelle ainsi que des paramètres physiologiques comme la température corporelle à l’évent, mesurée par caméra infrarouge, ainsi que le taux de certaines hormones et la composition du microbiote, mesurés dans les vapeurs de l’haleine produite par les baleines. . A cela s’ajoutera un indicateur comportemental qui prendra en compte les comportements anormaux chez certains individus.

« Pour pouvoir avoir le plus faible impact possible sur ces animaux, il est important de disposer d’indicateurs qui nous permettent d’évaluer correctement leur état de santé et leur bien-être. »

— Anik Boileau

« Les humains se soucient de la santé et du bien-être des animaux domestiques depuis de nombreuses années, mais nous avons également une responsabilité éthique envers les animaux sauvages qui peuvent être affectés par les activités humaines. Pour pouvoir avoir le plus faible impact possible sur ces animaux, il est important de disposer d’indicateurs permettant d’évaluer correctement leur état de santé et leur bien-être. Nous espérons que notre indicateur permettra de le faire chez les baleines du Saint-Laurent », conclut Anik Boileau.

Les autres personnes qui ont collaboré à cette étude sont Jonathan Blais (CERSI), Yves Jean (TELUQ), Marie-Françoise Van Bressem (Cetacean Conservation Medicine Group), Kathleen Hunt (Université George Mason) et Jamie Ahloy-Dallaire, de l’Université Laval.

 
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