un enseignant du « 9-3 » en grève renouvelable pour 77 jours

un enseignant du « 9-3 » en grève renouvelable pour 77 jours
un enseignant du « 9-3 » en grève renouvelable pour 77 jours

Rêve ou espoir ? Julien Reynier hésite un peu. UN « une grande mobilisation nationale pour défendre l’enseignement public, à l’instar de celle à laquelle ont réussi les partisans de l’école privée en 1984 », il en rêve. Et il l’espère, pourquoi pas, à partir du 25 mai, jour où presque tous les syndicats d’enseignants, avec la FCPE et les organisations de lycées, appellent à une journée nationale d’action. « contre le choc des savoirs » Et “pour l’école publique”.

En attendant, ce professeur d’histoire-géographie au collège Travail-Langevin de Bagnolet entend mettre « L’éducation à l’arrêt » en Seine-Saint-Denis, ce mardi 14 mai, à l’appel de l’intersyndicale locale.

Malgré les difficultés, il reste passionné par son métier

Pour cette nouvelle étape de la grève reconductible à laquelle il participe depuis la première journée, le 26 février, il attend une forte mobilisation à Bagnolet. Dans son collège, le mouvement part de loin : sans infirmière depuis deux ans – donc sans les contrôles sanitaires qui sont pourtant obligatoires à l’entrée en 6e.e – et un an sans assistant social, dans un établissement REP (réseau d’éducation prioritaire) qui compte 50 % d’élèves boursiers, la colère était à son paroxysme dès la rentrée de septembre.

Après deux jours de blocage de l’école par les parents, les rencontres avec l’inspection académique se sont révélées infructueuses : « Ils nous ont dit qu’ils ne trouvaient personne, que les gens ne voulaient pas travailler. Dans notre pays, le poste d’infirmière est à cheval entre le collège et huit écoles : c’est intenable et on s’étonne que personne n’en veuille ! »

A cela il faut ajouter « un bâtiment littéralement pourri » que Julien décrit, photos à l’appui : « Nous avons des seaux dans le hall les jours de pluie, des salles de classe en sous-sol condamnées car inondées, une ventilation en panne qui laisse proliférer des champignons jusque sur nos feutres. »

Pas si rare dans le département. Malgré tout, ce jeune enseignant – à 35 ans, il exerce depuis cinq ans – exprime sa passion pour son métier et la relation. ” extraordinaire “ avec ses élèves : « A chaque fois, c’est une rencontre et un défi de trouver un langage commun avec ces jeunes qui ont peu de soutien car leurs familles n’ont pas les codes scolaires. »

Il retrouve un point commun avec son ancien métier : après avoir étudié à Sciences-Po à Grenoble, Julien a d’abord travaillé dans l’économie sociale et solidaire, au sein de l’Atelier paysan, une coopérative de construction de matériels et matériels agricoles. Le but : « Partager le savoir et le diffuser, construire une sorte de Wikipédia du savoir paysan, pour résister à la marchandisation. » Partager, transmettre, pour avancer vers l’autonomie et permettre l’émancipation : les mêmes principes qui le guident dans son travail de professeur même dans la lutte en cours.

« Un appel syndical ne suffit pas, il faut aller voir le peuple »

Julien Reynier souligne ainsi le travail de l’intersyndicale de l’éducation du 93, qui s’est constituée à l’automne sur des bases innovantes, en distribuant des questionnaires en vue d’élaborer le plan d’urgence dont l’application fait l’objet du mouvement actuel. « 50 % des établissements ont répondu aux questionnairesdit le professeur,Les syndicats ont fait un travail énorme pour les décortiquer et les traduire en chiffres.», ce qui conduit aux revendications actuelles : pas plus de 20 étudiants par classe, 5 200 postes d’enseignants, 175 CPE, 128 infirmiers et médecins… pour un coût de 528 millions d’euros. Donc, « On ne peut plus nous dire qu’on ne sait pas chiffrer nos demandes ».

Julien n’est cependant pas syndiqué. Mais ayant remarqué « la charge mentale du combat, le besoin d’anticiper, de penser long terme, de communiquer » aussi (avec le site educationbagnoletenlutte.org), il a décidé de franchir le pas. Sans abandonner son esprit critique, notamment à l’égard des syndicats nationaux qui, selon lui, “Je n’ai pas pris conscience de ce qui se passe en Seine-Saint-Denis”et notamment des méthodes de lutte innovantes : la grève renouvelable qui permet de tenir dans la durée tout en créant “points forts”l’usage des réseaux sociaux, les manifestations du samedi “pour permettre aux familles de s’impliquer”, etc.

Action collective « crée la confiance pour combattre l’expérience de l’échec »il philosophe. « Il ne suffit pas d’avoir un appel syndical, un tract, il faut aller voir les gens, parler »poursuit-il, en s’adressant aux politiques : « Où est la gauche ? Pourquoi ne sommes-nous pas au centre des débats, alors que l’école est le cœur de la société ? » Et, au final, dans quel syndicat ira-t-il ? Mystère. Mais sans aucun doute, ce sera celui qui saura écouter ses idées et sa – déjà – belle expérience.

Avant de partir, une dernière chose…

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