Vincent Lindon appelle les hommes à s’impliquer dans le mouvement MeToo au cinéma

Vincent Lindon appelle les hommes à s’impliquer dans le mouvement MeToo au cinéma
Vincent Lindon appelle les hommes à s’impliquer dans le mouvement MeToo au cinéma

La « route » est encore « longue », mais « nous pouvons aller beaucoup plus loin ». L’acteur Vincent Lindon a répété lundi que “les hommes (doivent) accompagner les femmes” dans le mouvement #MeToo au cinéma, tout en appelant à plus de “calme” et de “nuance” face aux rumeurs, à 24 heures de l’ouverture du Festival de Cannes.

« Je pense qu’aujourd’hui, les hommes doivent soutenir les femmes. Ils (ne peuvent pas) être les seuls dépositaires de ce fléau » des violences sexistes et sexuelles, a déclaré l’acteur, invité de France Inter. “Ils doivent les soutenir pour qu’ils construisent leur souveraineté (…) en parfaite égalité.” Avant d’insister : « Il faut que les hommes viennent. (…) C’est un long chemin mais nous devons aider”, a-t-il plaidé, estimant que “nous pouvons aller beaucoup, beaucoup plus loin”.

Mais pour cela, nous avons besoin d’une « feuille de route », a demandé l’acteur de 54 ans. « Vous devez me guider. Je suis la personne la mieux placée pour aider, mais aidez-moi à aider », a-t-il appelé.

Alors que l’industrie du cinéma est secouée depuis plusieurs mois par une nouvelle vague MeToo, à la suite des accusations de violences sexuelles et physiques de l’actrice Judith Godrèche contre les réalisateurs Benoît Jacquot et Jacques Doillon, Vincent Lindon a estimé que « le statut d’artiste ne doit pas être un totem d’immunité ». « Nous ne sommes pas au-dessus des lois. (…) Les gens célèbres, les gens célèbres, ont les mêmes lois que tout le monde”, a-t-il insisté.

Celui qui joue dans “Le deuxième acte” du réalisateur Quentin Dupieux, en ouverture du Festival mardi, a également déploré qu’on ne parle plus “assez de l’égalité salariale entre les hommes et les femmes”, un sujet “très important”. (e) » à ses yeux, mais qui selon lui est relégué « au 2ème ou au 3ème plan ».

“C’est une horrible rumeur”

L’acteur a cependant demandé que, “dans ce combat” pour l’égalité, “un peu de recul, de nuance et de calme s’installe pour pouvoir avancer”, alors que des rumeurs d’accusations liées à #MeToo circulent depuis des semaines, à l’approche de l’ouverture de la 77e édition du Festival de Cannes. « C’est une horrible rumeur. Aujourd’hui, une rumeur est tout simplement une présomption de culpabilité », a-t-il déclaré.

« À un moment donné, même les femmes se sentiront opprimées par une telle désorientation que tout cela les discréditera, ainsi que nous-mêmes. C’est terrible», a-t-il argumenté. « Aucune révolution, aucun grand changement sur Terre ne se fait dans l’enthousiasme, (avec) les leviers tournés à fond dans une direction. »

L’acteur s’était déjà exprimé sur le sujet dans les colonnes de Ouest-France fin février, appelant les hommes à “s’inviter résolument dans la lutte” et l’Etat, à commencer par la police et la justice, à “prendre la mesure de ce drame sociétal ». “Je serai toujours du côté des victimes”, a-t-il également assuré.

Fin avril, plusieurs personnalités masculines du monde du cinéma, dont les acteurs Swann Arlaud, Reda Kateb et Éric Métayer mais aussi les réalisateurs Jacques Audiard et Cyril Dion, ont également apporté leur soutien au mouvement MeToo dans une tribune du magazine Elle. Le texte, signé au total par 100 hommes, appelait à dénoncer les « abus » contre les femmes, « destructeurs pour les victimes », et à rejeter les discours de « masculinité hégémonique ».

Une initiative saluée par Judith Godrèche, ainsi que plusieurs autres comédiennes. “Ça fait du bien, enfin, enfin !” », a réagi Juliette Binoche sur France Inter, très émue. « Ce n’est pas possible que ce soient uniquement les femmes qui parlent, cela (la violence) doit être reconnu. Si ce n’est pas reconnu, cela n’existe pas », a-t-elle déclaré, estimant que le soutien des hommes « est une nécessité, sinon il n’y a pas de changement ».

Mi-mars, l’actrice Alexandra Lamy a également interpellé ses collègues masculins du secteur, leur demandant « où sont les hommes ? » dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Toujours sur France Inter, elle a estimé que “les hommes n’ont pas de représentation publique masculine qui parle pour eux” sur ces questions, alors que “c’est une violence contre laquelle nous devons tous nous rassembler, et que nous combattons, et que nous dénonçons”.

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Une campagne de financement participatif pour préserver les vergers de Haute-Loire
NEXT Les employés municipaux en grève à Tulle